« Assez de bla bla »: les jeunes dans les rues de Glasgow pour le climat

cop26 blabla jeunes greve climat

Des militants écologistes d'Ocean Rebellion, dégisés en "Oil heads", manifestent devant la raffinerie de Grangemouth, en Ecosse, en pleine COP26, le 2 novembre 2021 © AFP Ben STANSALL

Glasgow (AFP) – Accusant les grands de ce monde de lancer des promesses creuses, les jeunes descendent dans la rue vendredi à Glasgow pour pousser les gouvernements à agir, à la fin de la première semaine de la conférence climat COP26.

« Jusqu’ici, nous avons entendu beaucoup de paroles de la part des dirigeants du monde (…) Des manifestations comme celle-là mettent la pression sur les gens au pouvoir, et nous savons que ce mouvement doit grossir pour obtenir les changements dont nous avons besoin pour assurer la sécurité des générations présentes et futures », a commenté la militante ougandaise Vanessa Nakate.

Inspirés par la jeune Suédoise Greta Thunberg, des millions de jeunes sont descendus dans la rue à travers le monde en 2019 pour réclamer à leur dirigeants d’agir plus vite et plus fort contre le réchauffement de la planète.

Interrompues par la pandémie de Covid-19, ces manifestations hebdomadaires du vendredi reprennent depuis quelques semaines, avec toujours à leur tête leur égérie Greta Thunberg dont les formules choc se retrouvent sur les banderoles.

Comme les « bla bla » qui rythment ses accusations depuis quelques mois.

« Ce n’est plus une conférence climat. C’est un festival de greenwashing des pays riches. Une célébration de deux semaines du business as usual et du bla bla », a-t-elle encoré dénoncé jeudi sur Twitter, à la veille de la manifestation.

« Le monde nous entendra »

Lundi, lors du sommet qui a ouvert cette COP considérée comme cruciale pour l’avenir de l’humanité, la jeune Kenyanne Elizabeth Wathuti demandait aux dirigeants d' »ouvrir leurs coeurs pour les peuples en première ligne de la crise climatique » et de prendre leurs « responsabilités ».

« Jusqu’ici ils ne l’ont pas fait, mais les milliers de voix dans les rues ce week-end feront en sorte qu’ils écoutent », a-t-elle ajouté dans un communiqué.

A l’intérieur du centre de conférence, vendredi sera aussi la journée de la jeunesse.

En octobre, le ministre de l’Environnement italien Roberto Cingolani et le président de la COP26 Alok Sharma avaient promis de transmettre à Glasgow le manifeste adopté par 400 jeunes du monde entier réunis à Milan sous l’égide de l’ONU: une cinquantaine de pages de propositions en matière de transition énergétique, de financements ou de participation citoyenne.

Après les jeunes vendredi, une coalition plus large d’organisations appelle à manifester samedi lors d’événements simultanés partout dans le monde.

« Depuis dix ans, les tempêtes dans le Pacifique sont plus violentes, les sécheresses sont plus longues et les inondations plus fortes. Les pêcheurs ne peuvent plus nourrir leur famille. C’est pour ça que je marche », a souligné dans un communiqué Brianna Fruean, venue des Samoa avec les Pacific Climate Warriors. « Nous refusons d’être seulement des victimes de cette crise. Nous ne nous noyons pas, nous nous battons, et samedi, le monde nous entendra ».

L’accord de Paris de 2015 vise à limiter le réchauffement de la planète bien en deça de +2°C, si possible +1,5°C, pour éviter les pires impacts du dérèglement climatique, qui provoquent déjà des ravages à travers la planète. Chaque dixième de degré supplémentaire entraîne son lot de conséquences.

Mais, selon les dernières estimations de l’ONU, le monde se dirige vers un réchauffement « catastrophique » de +2,7°C.

Ces derniers jours, de nouveaux engagements renforcés ont été annoncés par l’Inde, le Brésil ou encore l’Argentine, ce qui pourrait faire évoluer ces prévisions, mais les analyses ne sont pas encore disponibles.

© AFP

À lire aussi sur GoodPlanet Mag’ pour mieux comprendre la COP26

Quels enjeux pour la COP26 de Glasgow ?

Quels enseignements tirer de la crise du coronavirus pour le changement climatique, entretien avec le climatologue Jean Jouzel

Une taxe internationale progressive sur le carbone permettrait de réduire de 12 % les émissions mondiales de gaz à effet de serre

François Gemenne : « il y a beaucoup d’espoir et les planètes semblent alignées pour cette COP, mais rien ne garantit son succès »

Emmanuel Cappellin, réalisateur du documentaire Une fois que tu sais : « comment limiter collectivement ce qu’on ne sait plus s’interdire soi-même ? »

David Sepkoski : « l’anthropocène nous permet de transformer une histoire humaine, basée sur le capitalisme et l’impérialisme, en récit moralisateur sur les erreurs humaines »

L’humanité à l’aube de retombées climatiques cataclysmiques, selon le prochain rapport du GIEC

Sandrine Mathy, économiste de l’environnement au CNRS : « le problème est peut-être que les COP sont des négociations économiques qui ne disent pas leur nom »

Mathieu Merino : « Si l’Afrique se met à vraiment polluer, on sera victimes aussi de leurs émissions de gaz à effet de serre »

Qu’attend l’Afrique de la COP26 ?

Nicholas Stern : « il faut cesser d’avoir une vision parcellaire et étriquée de l’économie qui ignore les dégâts que nous causons »

On ne pourra pas achever la transition écologique sans réguler la mondialisation

À moins d’un mois de la COP26 à Glasgow, que retenir du sommet des jeunes pour le climat qui a eu lieu à Milan fin septembre ?

La charge de la dette externe, une entrave à l’action climatique des pays les plus pauvres

Ecrire un commentaire

22,5 degrés en décembre : nouvelle chaleur record dans l'Ouest canadien

Lire l'article