Le documentaire, la Beauce, le glyphosate et moi

La Beauce, grande plaine agricole entre le sud de l’Île de France et la Loire est dominée par l’agriculture intensive et tout ce qui accompagne la monoculture du blé dont les pesticides. Dans ce documentaire de 52 minutes pour Public Sénat, la documentariste Isabelle Vayron conduit une enquête de terrain sur le plus connu d’entre eux : le glyphosate. Elle donne la parole aux agriculteurs qui expliquent leurs difficultés à s’affranchir des pesticides, les contradictions auxquelles ils font face et que la question des intrants repose aussi la question du modèle d’agriculture qui est déterminé tant par l’offre que par la demande et le commerce mondial.

Isabelle Vayron explique la démarche qui l’a conduit à se pencher sur le sujet : « à l’origine de ce film, une amie parisienne m’a expliqué qu’elle ne pouvait plus parler de glyphosate avec les agriculteurs de sa famille, située en Beauce. Ils la prenaient pour une « bobo parisienne » qui forcément n’y comprend rien. Or, je venais de m’installer à 3/4 d’heure de Paris, aux portes de la Beauce. Sur le bitume, je voyais parfois des inscriptions aussi étranges que « Hulot, le glypho c’est écolo ». » Avant de préciser « même si personnellement, je ne veux plus de glyphosate dans nos assiettes, je ne voulais pas faire pas un film à charge contre les agriculteurs. Parce que ce n’est pas en tapant sur les gens qu’on leur donne envie de changer. »

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5 commentaires

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    • Chaumien Maurice

    Les agriculteurs ne sont pas les responsables .ils travaillent et n’ont jamais été rémunérés à leur juste valeur.
    la nature est assez généreuse pour nourrir l’humanité, mais il faut cesser de gaspiller et de vouloir toujours gagner plus

    • michel CERF

    Quand un agriculteur répand ses pesticides , détruit la biodiversité , bouleverse le climat , empoisonne les consommateurs , comment peut -on dire qu’il n’est pas responsable , d’ailleurs la nouvelle génération choisie l’agriculture biologique et obtient de bons résultats , tout le monde a sa part de responsabilité , le consommateur , les industriels , et bien sûr la FNSEA dont la Présidente défend l’agriculture intensive et l’utilisation du glyphosate .

    • Francis

    Michel, fais un stage d’un an dans une ferme, tu pourras parler après. Moi, je vois en cet hiver pluvieux que le problème n’est pas le glyphosate, ce sont la charrue et la herse rotative. Les champs de blé sont glacés comme des miroirs, l’eau de pluie ruisselle. Les rivières sont de couleur terre.

    • Joseph

    Ce documentaire continue malheureusement d’entretenir l’amalgame entre la matière active (le glyphosate) et le désherbant commercial (le plus connu étant le Round up) qui contient cette matière active. Les agriculteurs utilisent un désherbant et non pas uniquement la matière active. Rappelons que dans un bidon de ce type de désherbant, la matière active représente seulement environ 40% du contenu le reste étant des adjuvants, surfactants, etc. Seule la matière active est évaluée par les agences sanitaires d’un point de vue toxicologique. Le désherbant, lui, n’est évalué que pour ses propriétés irritantes etc. Les fabricants de produits phytosanitaires déclarent les adjuvants comme étant inertes ce qui leur permet d’échapper à une évaluation rigoureuse et c’est là la plus grande supercherie car malheureusement pour les agriculteurs les adjuvants sont loin d’être inoffensifs (voir le cas de la tallow amine qui a été retirée).

    Si ce documentaire est remarquable c’est bien sur le travail des agences de communication de l’agrochimie qui après 3 ans de controverses arrivent encore à fabriquer du doute sur la dangerosité de ces produits.

    • Isabelle

    Pour rebondir sur le message de Joseph, le but de ce documentaire n’est pas de parler de la toxicité du glyphosate mais de comprendre pourquoi les agriculteurs sont si réticents à l’arrêter, alors même qu’ils savent que ce pesticide est sur la sellette : arrêter le glyphosate ne résoudra pas tous les problèmes liés à l’agro-chimie mais cela nous force à nous poser toutes les bonnes questions pour que la transition agricole se fasse. Et cette transition nous concerne tous, car nous sommes tous consommateurs de produits agricoles. C’est ça, le véritable sujet de ce film.

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