Le coût des pesticides évalué à 2,3 milliards d’euros en Europe


Des travailleurs diffusent des pesticides dans un champ, Jeju-Do, Corée du Sud ©Yann Arthus Bertrand

Le coût pour la société des dépenses de santé et de dépollution liées aux pesticides est évalué à 2,3 milliards d’euros en 2017 pour l’Europe, selon un rapport publié par 3 ONG. Elles affirment que « le secteur des pesticides coûte deux fois plus cher aux citoyens qu’il ne rapporte aux firmes qui les fabriquent et les commercialisent ». Le BASIC (Bureau d’Analyse Sociétale d’Intérêt Collectif), le CCFD-Terre Solidaire (comité catholique contre la faim et pour le développement) et POLLINIS ont rendu public mardi 30 novembre leur rapport « Pesticides, un modèle qui nous est cher » sur les coûts générés par le secteur des pesticides au sein de l’Union Européenne

L’Union européenne dépense 2,3 milliards d’euros pour faire face aux conséquences environnementales et sanitaire de l’utilisation des pesticides en Union Européenne. Les dépenses publiques induites par l’utilisation des pesticides s’élèvent à 1,9 milliard d’euros. Cette somme correspond à la régulation des produits phytosanitaires, à la dépollution de l’eau, aux émissions de gaz à effet de serre et aux coûts des maladies professionnelles causées par les pesticides.

À ces dépenses s’ajoutent les plus de 400 millions d’euros de réduction de TVA, sur l’année 2017. En effet, les dépenses associées à l’usage des pesticides sont assurées par le contribuable européen, au titre des aides pour la transition écologique ou des conséquences sanitaires de l’utilisation de ces produits.

Parallèlement, l’industrie des pesticides, dont le secteur est principalement détenu par quatre multinationales (Bayer, BASF, Corteva et Syngenta-ChemChina) réalise un bénéfice de 900 millions d’euros en 2017. « Ainsi, à l’échelle de la France, les coûts directement attribuables aux pesticides sont près de deux fois plus élevés en France que les bénéfices du secteur. Et dans le cas de l’Union Européenne, ils sont 2,5 fois plus importants », conclut le rapport.

Il y a 3 mois, à l’occasion du Congrès Mondial de la Nature de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) à Marseille, le Président de la République Emmanuel Macron s’est engagé à tenir des « initiatives fortes » pour sortir de la dépendance aux pesticides. La fin des exportations hors Union Européenne des pesticides interdits d’usage en soin sein est par ailleurs l’une des ambitions d’Emmanuel Macron. La France assurera la présidence de l’Union au premier semestre 2022. En effet, l’expansion du secteur des pesticides à l’international pose des problèmes d’inégalités nord-sud et de risques sanitaires. Des pesticides interdits en Europe se retrouvent sur le marché dans les pays en voie de développement et émergents, dont les autorités s’avèrent peu regardantes sur l’utilisation de pesticides toxiques pour l’être humain et la planète.

 

Romane Pijulet

 

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