L’éolien face à un festival de démagogie


La centrale éolienne d'Avignonet Lauragais, Haute-Garonne © Yann Arthus-Bertrand

L’éolien face à un festival de démagogie
par Clément Jeanneau du blog Nourritures terrestres

Depuis quelques semaines souffle en France un vent anti-éolien, à un point qui me semble préoccupant. Le problème n’est pas que l’éolien fasse l’objet de critiques, mais que ces dernières tendent, trop souvent, à la confusion, voire aux contre-vérités et à la malhonnêteté.

Repères : en France, l’éolien représente presque 9% de la consommation électrique et 8% de la production électrique. Pour atteindre le zéro carbone en 2050, la part de l’éolien terrestre devra passer à 17% dans la production électrique (selon un scénario médian). Aujourd’hui, 8000 éoliennes terrestres sont implantées dans le pays, réparties sur 1900 sites. Enfin, concernant l’éolien en mer, il n’y a aujourd’hui aucun parc opérationnel en France, à la différence du Royaume Uni, des Pays Bas, de la Belgique, de l’Allemagne, etc.

Le contexte : une vague d’influence contre les éoliennes, avec son lot de caricatures et démagogie

Le sujet, qui couvait depuis longtemps, a explosé ce mois-ci : en l’espace de deux ou trois semaines, tout un mouvement anti-éolien est parvenu à se positionner sur le devant de la scène publique, avec un impact inédit. Les opposants à l’éolien se sont trouvés de nouveaux alliés : après Alain Finkielkraut et Luc Ferry, c’est au tour de Stéphane Bern de décrire l’éolien comme une « supercherie » et une « négation de l’écologie » dans une tribune dans Le Figaro (semble-t-il soutenue par Brigitte Macron).

Par ailleurs, de façon plus inattendue, un documentaire qui se veut « choc » sur les éoliennes, a été mis en ligne il y a deux semaines sur YouTube afin de « contourner les principes de sélection des chaînes de télévision », selon les mots de son créateur – un réalisateur peu connu (mais dont une recherche montre l’admiration pour un fidèle de Maurras et de l’Action Française) à la tête d’une association au nom douteux (« Documentaire et vérité »).

Très relayé (par bouche à oreille et par des médias comme Le Point et Le Figaro), prétendant révéler « les réalités derrière le rêve » de l’éolien, ce film, totalement à charge, ne donne jamais la parole aux partisans de l’éolien – tout en cherchant à donner l’impression d’un traitement équilibré, puisqu’il interroge notamment l’ex-candidat des Verts à la présidentielle de 1988, Antoine Waechter, un anti-éolien qui semble servir de caution « Verts » alors qu’il s’en est nettement éloigné (au point d’avoir noué un accord avec LR pour les régionales).

[À lire aussi  Éolien en mer: la France doit être plus ambitieuse, prône un rapport du régulateur ]

Ce documentaire, qui est allé jusqu’à commander un sondage à l’Ifop et à se payer une campagne de pub diffusée en ce moment dans le métro, s’inscrit dans une vague d’influence anti-éolien d’ampleur inédite, dans laquelle droite et extrême droite rivalisent de virulence : tandis que Marine Le Pen, qui veut « mener le combat contre les éoliennes », demande un moratoire pour en arrêter la construction, Xavier Bertrand, de son côté, entend directement « mettre un terme à ce scandale national » et propose même de financer des associations anti-éoliennes !

Pourquoi ce numéro

Les éoliennes n’avaient déjà pas bonne presse depuis quelques années mais une nouvelle étape a été franchie, avec une recrudescence d’arguments faux ou malhonnêtes diffusés dans certains grands médias, presse écrite comme télévision (voir cet article de Samuel Gontier qui revient sur un débat sur le sujet tenu sur LCI).

Dans ce contexte, il devient crucial de mettre en avant des analyses plus rigoureuses, dépassionnées, qui évitent le double écueil habituel : d’une part, l’outrance et la caricature dans la critique portée aux éoliennes ; d’autre part, la béatitude face à un système aux limites et revers incontestables.

L’idée ici n’est pas de prendre spécialement la défense des éoliennes, et encore moins d’en faire une « solution » idéale (leur intermittence est une réalité ; elles ne sont pas pilotables ; certains choix de lieux d’implantation sont contestables ; etc.).

L’objectif est de donner la parole à des observateurs et spécialistes qui contribuent à ce que le débat public sur l’éolien, et plus globalement l’énergie et donc sur la transition écologique, soit de meilleure qualité. Nous en avons collectivement bien besoin.

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J’ai sélectionné les contenus récents qui me semblent les plus intéressants sur le sujet. Comme vous le verrez, les avis exprimés se recoupent en large partie.

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1/ Pour aller à l’essentiel : ce cri du cœur, qui remet l’église au centre du village

« La voix de la raison », « totalement en phase », etc. : ce rapide thread Twitter, simple mais précieux dans la cacophonie actuelle, a été salué. En résumé : son auteure, bien que favorable au nucléaire, n’en critique pas moins les oppositions manichéennes vis-à-vis de l’éolien.

 

(Rappel : EnR = énergies renouvelables)

Ci-dessous, la suite de son propos :

« Bien sûr qu’au-delà de la technologie il faut intégrer les impacts sur le paysage et sur la biodiversité. Bien sûr qu’il ne faut pas faire de l’éolien juste pour en faire. Mais c’est le même constat quelle que doit la technologie.

Pour rappel l’objectif est de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La prise de décision sur le nucléaire n’aurait pas dû être décalée à 2022. Ce n’est pas cohérent avec l’urgence actuelle. On doit donc continuer à expliquer que le nucléaire est une technologie essentielle. Mais cela ne signifie pas l’opposer à d’autres technologies bas carbone. C’est contre-productif et c’est ne pas prendre en compte d’autres aspects associés au développement d’un mix énergétique faiblement carboné : économiques, acceptabilité, indépendance, entre autres.

Il n’y a AUCUNE technologie parfaite. Chacune a ses avantages et contraintes. On les développe en fonction de ces différents aspects qui ne sont pas que techniques (et heureusement).

Et cela n’empêche pas de questionner sur la pertinence de certains choix de la stratégie énergétique du pays. De là à dire que l’éolien ne sert à rien… ce n’est ni vrai ni constructif. »

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Dans le même sens, un autre intervenant régulier sur les questions énergétiques, lui aussi favorable au nucléaire, écrit : « on a 2 jambes bas carbone [nucléaire et renouvelables] et on doit courir le long d’un chemin de crête étroit pendant plusieurs décennies. Certains voudraient faire ce marathon avec une jambe en moins. Assurément une très bonne idée pour perdre la course ».

De même, comme l’écrit l’analyste Rodolphe Meyer (qui n’est pas non plus anti-nucléaire), « le documentaire [anti-éolien] rate tout le sujet en faisant comme si le caractère bas carbone de l’électricité française était un acquis et comme si nos centrales étaient éternelles… ».

Enfin, et pour être plus précis, le spécialiste Cédric Philibert écrit, dans un bon texte intitulé « Anti-éolien : gare au retour de flammes » :

« RTE, le réseau électrique français, vient de publier une première esquisse de ses scénarios aux horizons 2050-2060, avec 0% à 50% de nucléaire dans la production d’électricité. Le scénario à 50% serait extrêmement ambitieux pour l’industrie nucléaire. [Mais même] ce scénario nécessite, pour garantir la sécurité électrique du pays, de multiplier la capacité des éoliennes par 2,5 en France, celle du solaire par 7. »

Comme il l’explique ensuite, refuser le déploiement de l’éolien, c’est se condamner à rester dépendant des énergies fossiles (en effet, même si on décidait de mettre en chantier de nouvelles centrales nucléaires, “il faudrait attendre 15 ans pour que ces centrales produisent leurs premiers kWh” ; or “entretemps, la consommation d’électricité aura augmenté, du fait de l’électrification qui décarbone bâtiments, industries et transports”).

2/ Pour continuer en ce sens : l’interview claire et cash du président de la Commission de régulation de l’énergie (Les Echos

Jean-François Carenco est à la tête du régulateur de l’énergie. Extraits de son interview parue jeudi dans Les Echos :

Pourquoi il faut arrêter d’opposer nucléaire et renouvelables :

“Un moratoire national [sur la construction d’éoliennes] n’aurait aucun sens. Aujourd’hui, la France dispose d’un mix électrique qui fonctionne avec 67 % d’énergie nucléaire et il n’est pas sérieux de penser qu’on pourra rester à ce niveau-là dans les décennies à venir. (…) Penser qu’on peut miser à 100 %, ou presque, sur le nucléaire n’est pas sérieux. A l’horizon 2050, tous nos réacteurs se seront arrêtés et nous ne sommes pas en capacité de construire 62 gigawatts [la puissance du parc français] de nucléaire. (…) Il nous faut développer des énergies renouvelables, le plus rapidement et le plus massivement possible. Il nous faut du nucléaire et des énergies renouvelables. Opposer les deux est soit un mensonge, soit de la bêtise, soit de la malveillance”.

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Pourquoi nous avons besoin d’éolien (terrestre) spécifiquement :

-“Toutes les énergies renouvelables ne se valent pas. L’hydrolien est aujourd’hui hors de prix et on ne disposera pas assez de gaz vert pour décarboner le gaz et produire de l’électricité. Il nous faut donc faire du solaire et de l’éolien. Le solaire est bon marché mais prend beaucoup de place : pour construire l’équivalent d’un réacteur nucléaire EPR, il faudrait disposer des panneaux photovoltaïques sur l’équivalent de 7 500 terrains de football ! Nous allons continuer à chercher de l’espace et poursuivre la recherche pour augmenter la productivité mais le solaire ne suffira pas seul. Il nous faut donc absolument développer l’éolien. La France a cinq fois mois d’éoliennes au kilomètre carré que l’Allemagne et 3,3 fois moins que le Danemark. Il y a encore de la place. Il faut que chacun fasse un effort”.

-“En mer, les éoliennes peuvent monter plus haut et produire davantage d’électricité, plus régulièrement, mais on ne pourra pas faire autant que les Britanniques dans ce domaine. Nos fonds marins sont plus profonds et l’éolien flottant doit encore se développer. C’est pourquoi construire des éoliennes à terre est indispensable”.

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Quelle stratégie pour l’éolien terrestre :

“Il faut fixer des règles claires : plutôt que de préempter des zones ouvertes à l’éolien, il faudrait définir les zones où on n’en mettra pas et massivement « repowerer » les parcs existants. C’est-à-dire augmenter leur puissance en remplaçant des machines anciennes. Dans certains cas, cela permet de doubler la puissance installée sans augmenter la surface au sol”.

3/ Debunkage des principales idées reçues anti-éoliennes

Plusieurs observateurs ont proposé des debunkages [déconstructions] d’arguments anti-éolien entendus couramment. C’est notamment le cas de :

  • L’ingénieur Maxence Cordiez, spécialiste des questions énergétiques (et favorable au nucléaire par ailleurs), pour qui la « tribune anti-éolienne de Stéphane Bern contient de lourdes inexactitudes » ;
  • Célia Gautier, responsable climat-énergie à la Fondation Nicolas Hulot (et critique du nucléaire), dans ce thread ;
  • Nicolas Goldberg, consultant spécialisé en énergies (réputé pour ses positions équilibrées sur le nucléaire et les renouvelables), dans un article pour FranceTVInfo.

J’ai précisé ici leurs positions sur le nucléaire car je trouve important de montrer que l’on peut défendre ou critiquer le nucléaire tout en dénonçant de la même façon les contre-vérités sur l’éolien.

De même, France Culture a interrogé Philippe Collet, journaliste à Actu-environnement, pour déconstruire là aussi les idées reçues sur l’éolien.

Plutôt que copier-coller ici leurs différents contre-arguments, je vous invite à cliquer sur les 4 liens ci-dessus. Pêle-mêle, il y est indiqué, notamment, que :

  • En moyenne, 1 éolienne = 0,3 à 18 oiseaux morts par an, alors qu’un chat errant = 60 oiseaux morts par an.
  • 93 % du poids d’une éolienne terrestre est totalement recyclable (acier, béton, cuivre et aluminium). Le béton ne restera pas dans les sols. Pour les pales, en matériaux composites, le marché devrait émerger dans les cinq ans et devenir vraiment mature d’ici 10 ans.
  • Le développement de projets éoliens est très encadré (Code de l’Environnement, droit de l’urbanisme, avis des architectes de France si proximité de monuments historiques…). Il n’est pas possible de construire une éolienne à moins de 500m d’une habitation .
  • L’argument du coût jugé excessif est « fallacieux » pour Nicolas Goldberg : quel que soit le type d’énergie, la France « va avoir besoin d’investir dans le parc et les réseaux », qui vieillissent tous les deux. Et les prix de l’éolien ont sérieusement baissé.
  • L’éolien fonctionne entre 75 et 95% du temps (et non 25% comme il est parfois dit). 25% est la capacité de production maximale d’une éolienne (par rapport à l’énergie qu’elle pourrait produire si elle était à plein régime en permanence).
  • Etc.

***

Attention : ces arguments n’empêchent pas que les éoliennes peuvent bel et bien poser problème dans certains cas. Il existe bien, par exemple, des cas de déploiement de parcs éoliens contestables sur le plan environnemental, dans le Blayais en Gironde, au large d’Oléron, ou encore à Dunkerque. De même, il est clair que la répartition des éoliennes en France est pour l’heure très, pour ne pas dire trop, déséquilibrée (la moitié se situe sur deux régions, les Hauts-de-France et le Grand Est).

—> On peut être favorable à l’éolien tout en étant critique sur certaines façons de le développer, et tout en comprenant les critiques et la colère d’opposants à certains projets.

« Notre positionnement, c’est oui à l’éolien, mais pas n’importe où et pas n’importe comment, notamment pas dans les zones Natura 2000 », explique ainsi la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). Le président de l’association disait notamment en janvier, à propos d’un projet de grand parc éolien au large d’Oléron : « Je suis effondré car c’est une fois de plus, une agression à l’égard de la biodiversité. Là on est au coeur d’une zone particulièrement sensible. Pas question de faire de l’éolien en zone Natura 2000. »


4/ L’éclairage de C dans l’air du vendredi 18/06 :

Enfin, pour compléter les analyses de ci-dessus, j’ai retranscrit certains propos des intervenants de l’émission de « C dans l’air » de vendredi, consacrée à l’éolien.

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Célia Quilleret, journaliste spécialiste en environnement et énergies : « Les éoliennes ne sont pas bien réparties. La majorité des éoliennes sont dans les Hauts de France et la région Grand Est. Ca cristallise des tensions. Même les ONG favorables aux éoliennes disent : « nous n’en demandions pas autant dans ces régions-là » ».

Elle explique que seul 20% du territoire français peut accueillir des éoliennes, « en raison des critères de patrimoine (on ne les met pas à côté d’une église, d’un château…), de nature (zones à protéger), etc. »

« L’enjeu est donc de trouver les places qui restent sur le territoire, alors que les objectifs impliquent de doubler la capacité ». Pour pimenter encore le défi, « la ministre des Armées vient de demander à la ministre de l’Ecologie de ne pas implanter d’éoliennes dans un rayon de 70 km autour d’un radar militaire, alors qu’on pouvait jusqu’ici en construire au-delà de 30 km. C’est un revers pour les éoliennes. »

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Jean Viard, sociologue, appelle à regarder cas par cas : dans certains endroits, « il y a des éoliennes dans des coins où il n’y a pas un habitant. Derrière Colombey les Deux Eglises, par exemple : il n’y a personne à côté. Ensuite, il y a des gens qui trouvent qu’on les a mis trop près. Pourrait-on avoir un discours plus objectif sur la localisation ? Certaines ont peut-être été mises au mauvais endroit. (…) Si le problème de bruit est avéré, c’est scandaleux : aucun habitant n’a signé pour ça ».

Célia Quilleret partage cet avis : « certaines éoliennes ont été mal placées et il faut en tirer les leçons ».

Mais, pour Jean Viard, « le sujet de fond n’est pas là ». Il dénonce une « vision passéiste du territoire ». « On a accepté de construire 63 000 ronds-points ; contre ça, il n’y a pas de mouvement. Contre les éoliennes, il y a du mouvement ; je le trouve franchement conservateur, comme si le paysage ne pouvait pas changer. La France écologique ne ressemblera pas à la France de la révolution industrielle. Il faut une France écologique, et oui ça va transformer ». « Ne condamnons pas les éoliennes pour quelques erreurs de localisation ».

A noter que ce point de vue fait écho à celui du chercheur Pierre Charbonnier, qui, répondant à un propos anti-éolien d’Eric Zemmour, écrit : « Cela fait un moment que je le dis : l’incapacité à changer de modèle énergétique est un incubateur à conservatisme ». Pour les « garants de la sauvegarde de la nation mythique, l’écologiste est implicitement présenté comme une menace extérieure », estime-t-il.

***

-Arnaud Gossement, avocat en droit de l’environnement : « aujourd’hui il y a un festival de démagogie sur l’éolien » et des « idées reçues ». Par exemple, « aujourd’hui aucune étude ne montre que les infrasons donneraient des cancers ». De même, « il faut en moyenne entre 7 et 10 ans depuis la conception d’un dossier jusqu’à la mise en service d’un projet d’éolien » : aucune éolienne n’est donc placée du jour au lendemain, comme certains semblent le dire.

Concernant la préoccupation esthétique, forcément subjective, il pointe une hypocrisie : « pendant des années, on ne s’est pas posé la question de l’esthétique du paysage. Regardez ces entrées de ville, défigurées par des grands panneaux publicitaires, des zones d’activité, des entrepôts logistiques…Les lignes électriques, aussi. Il y a une focalisation aujourd’hui sur l’éolien qui serait la véritable plaie pour nos paysages. D’abord un paysage, ça change. Surtout, le gros avantage de l’éolien de mon point de vue, c’est que ce n’est pas définitif. Si nos enfants n’en veulent pas, ils les retireront ».

Par ailleurs, sur la question de l’emploi, il est affirmatif : « les personnes qui vont concevoir, construire, démanteler et recycler ces parcs – il y a une obligation de recyclage ferme depuis janvier 2020 – ce sont des Français. Cela va donc bien créer des emplois en France. Dans certains cas il peut y avoir un savoir-faire étranger, mais si en permanence on est contre l’éolien en France, ce n’est pas comme cela qu’on encouragera la recherche, l’industrie et la création de davantage d’emplois ».

***

Enfin, concernant le point sensible des concertations :

– Jean Viard : « D’abord, pour l’éolien en mer, il faut écouter les pêcheurs. Ils sont inquiets. Ensuite il y a un travail de concertation à mener. Il faut aussi emmener les pêcheurs voir les champs d’éoliens en mer dans d’autres pays, et qu’ils discutent avec les pêcheurs concernés là-bas. Par ailleurs, il faut assurer leurs risques, c’est la moindre des choses. »

-Célia Quilleret : « Beaucoup de concertations ont été menées jusqu’ici. A Saint Brieuc le parc éolien qui est en train de construit a été élaboré en concertation avec les pêcheurs, au point qu’ils pourront pêcher au milieu des 60 éoliennes : il y a suffisamment de distance entre chaque éolienne pour qu’ils puissent passer avec leurs bateaux. De même, les 90 km de câbles vont être enterrés sous les fonds marins pour que les chalutiers ne touchent pas les câbles. Tout a été conçu pour permettre la pêche. »

-Arnaud Gossement : « Quand on dit « il n’y a pas de concertations », c’est faux : il y a eu des débats publics organisés par la Commission nationale de débats publics depuis 2011. Il y a eu des débats avec toutes les collectivités : communes, départements, régions. Il y a eu plusieurs lois au Parlement. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de démocratie et de débat. Ne disons pas qu’on n’a rien fait ». Par ailleurs « une partie des taxes vont être perçues directement par les comités locaux des pêcheurs ». Enfin, « il y a eu un nombre incalculable de recours, soumis aux juges ; et effectivement ces recours ont tous été rejetés. A un moment donné, que peut-on faire de plus ? ».

D’autres point de vue, plus critiques, pourraient certainement être apportés à ces avis (plusieurs opposants à des projets éoliens pointent par exemple un manque d’écoute et de prise en compte de leurs arguments). Le sujet est complexe et ce numéro ne prétend pas le couvrir en entier. Le mot de la fin sera donc celui-ci :

La remarque vaut pour les défenseurs acharnés du nucléaire comme des renouvelables.

De là l’importance de débattre et d’agir sur nos choix de consommation d’énergie (comment tendre vers plus de sobriété), et pas seulement sur nos choix de production…

L’éolien face à un festival de démagogie
par Clément Jeanneau du blog Nourritures terrestres
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14 commentaires

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    • François Diebolt

    L’ennui dans cette polémique, c’est que la quasi-totalité des intervenants n’ont pas une vision globale du problème de l’énergie, ce qui fausse les débats, comme le montre Jean-Marc Jancovici dans cette présentation :
    https://jancovici.com/transition-energetique/renouvelables/100-renouvelable-pour-pas-plus-cher-fastoche/

    • Serge Rochain

    @Diebolt
    A commencer par Jancovici qui n’a que la vision que l’on pouvait en avoir il y a 15 ans. Mais du côté des renouvelables il s’est passer beaucoup de choses. Mais Jancovici très engagé, refuse d’admettre qu’il s’est trompé faut d’avoir su prédire l’avenir, ce que personne ne lui reprocherait. Il a préféré s’enferrer dans ce qui n’est devenu qu’une croyance du passé, et il en est réduit aujourd’hui à faire des numéros de music hall pour séduire son public.

    • michel CERF

    Si l’éolien est une solution parmi d’autres cet article est une vague d’influence POUR les éoliennes dont les nuisances sont incontestables sur terre ou en mer , je suppose que Clément ne réside pas à proximité de ces monstres de béton …

    • michel CERF

    Savez vous pourquoi Clément Jeanneau combat les écologistes et tous les amoureux de la nature , vous trouverez la réponse sur son blog !…

    • Jean

    Tellement d’erreurs, de poncifs, d’arguments fallacieux dans cet article…. On se demande où est le dogmatisme effectivement…
    Comme vous le dites, il est tzmps de remettre l’église au centre du village. Toute cette agitation autour des éoliennes devraient encourager les pseudo ecolo à se renseigner et utiliser leur cerveau pour une fois….
    En attendant, le GIEC viens d’annoncer que le futur deviens de plus en plus sombre pour la survie de l’humanité. Tant de temps perdu à faire semblant de se préoccuper du climat en installant ces ventilateurs géants, ça me déprime.

    • Ricour

    Personne n’évoque l’évasion fiscale liée à l’énergie éolienne et la main mise des allemands, danois et chinois sur cette industrie, ceux ci mettant à mal notre souveraineté e’ergetique aux mains des étrangers pendant que les allemands continuent à faire fonctionner leurs centrales charbon importént du gaz russe et ont mis en place un moratoire sur l’eolien

    • longatte

    bonjour,
    mélanger la production de Co2 d’énergie primaire en parlant de production d’énergie électrique est au mieux une erreur, mais je pense plutôt à de la manipulation.
    Expliquer qu’il faut électrifier nos usages avec de l’énergie bas carbone est le seul discours à tenir.
    Expliquer que comme l’éolien est prioritaire devant toutes les autres énergies on arrête l’hydraulique et le nucléaire pour les laisser passer! En gros les autres énergies font des pertes: voilà aussi pourquoi les prix augmentent : les autres énergies fonctionnent moins longtemps avec des charges identiques….., donc coûtent plus cher…..
    Merci aussi de comparer le mix allemand (modèle européen) avec le mix français!

    Merci aussi d’expliquer que seules des machines tournantes de plusieurs tonnes pilotables (non soumises à des conditions extérieures) peuvent tenir la fréquence d’un réseau de la taille du réseau Français: même si en R&D on teste des modèles on ne sait toujours pas faire sans.

    • Babache

    Cherchez les arguments de cet articule… Arguments avec source hein? Pas répéter des choses de journalistes psedo experts autoproclamés… On en parle du diagramme que vous montrez ?? Le mix énergétique français à une part bien plus importante de nucléaire que d’énergie fossile de type charbon/gaz/choke. Que nous prouve t’il que les industries du vert vont nous enlever ces immondes dalles de bétons ? Sa vas coûter une fortune, et j’en met ma main à couper qu’il ne le feront pas/peu.
    Parlon argent tiens ! Comparons le prix du Kw/h entre l’éolien et le nucléaire… En sachant que les éoliennes vivent 20 ans en moyenne, et qu’ils perdent en efficacité avec l’âge… Et que les centrales nucléaires sont là pour au minimum 40 ans… Combiens d’éoliennes pour faire la capacité d’une tranche de type N4 ? (1450 Mega Watt/h officiellement, mais sa en produit plus sur Civeaux, car les turbines sont meilleures qu’à l’attendu)
    Autre chose, pourquoi vouloir mettre à égalité l’éolien/solaire et les centrales nucléaire ? Vous donnez le choix entre courrir avec une jambe, ou courrir avec deux jambe; moi je vois une jambe surpuissante, et une jambe de bois actuellement. Je préfère avoir deux jambes surpuissante pour faire la montée, plus de force et sa tiens plus longtemps.
    Dernière chose, on aurait pus renouveler notre parc nucléaire avec tous l’argent GASPILLÉ dans les enr (sauf pour les barrages, qui eux sont efficace)
    Après, vous êtes certaienement payé par les entreprises qui profites de l’argent facile que donne l’état, en bonne vache à lait… Argent pris sur la production d’électricitée nucléaire(projet HERCULE, aa vous parle ?) de par ce simple fait, ces deux énergies ne peuvent pas travailler ensemble.
    Votre malhonnêteté intellectuelle m’écœure, vous nous prenez pour des idiots incapable de réfléchir; sa fait un peu gros là !

    • Balendard

    L’éolien est incontestablement complémentaire du voltaique ce qui permettra de réduire la quantité d’énergie électrique devant être stocké.
    voir pages 172, 175 et 177 de
    http://infoenergie.eu/riv+ener/3production.pdf

    Toutefois si l’on pouvait se passer de l’éolien en mer et se suffire de l’éolien terrestre ce serait une bonne nouvelle compte tenu de la configuration des côtes française avec des profondeurs sous-marines importantes en bordure de nos côtes. Voir le problème qui se pose avec Total en Afrique à ce sujet.

    Quant à l’éolien flottant il ne faut pas perdre de vue la houle et ses inconvénients avec le fait que nous n’avons pas d’expérience en ce qui concerne les atténuateurs de houle.

    il ne faut surtout pas perdre de vue que les batteries, les STEP électrohydrauliques ainsi que l’hydrogène nous permettent de stocker l’électricité. Ceci avec des chaînes énergétiques telles que la combustion des ordures et le voltaïque à forte potentialité mais malheureusement délaissées en France qui permettent de la produire de façon prévisible.

    • Serge Rochain

    Que d’allégations, que d’affirmations ici, contre les éoliennes, et de façons cachées au bénéfice du nucléaire, sans aucune preuve, ni même la moindre présomption de véracité, et le plus souvent fausses, toutes sorties d’une culture forgée par 60 ans de domination sans partage d’un nucléaire qui consomme la terre rare la plus rare de la planète, importée à 100% de l’étranger lointain pour nourrir les 56 réacteurs du pays au nom de son …….. indépendance énergétique.

    • dany

    La population est devenu expert en tout. en covid, en éolien, en nucléaire.
    Quelle chance d’avoir un peuple aussi savant connaissant tout les sujets scientifiques sur les bout des doigts.
    Heureusement aussi que nous avons une administration spécialisée en bureaucratie inutile, ça permet de mieux nous embrouiller et occuper notre temps.

    • Méryl Pinque

    Les nuisances des éoliennes sont réelles.
    Ce ne sont pas les animaux massacrés par les pales qui diront le contraire.

    • Jy2m

    Bien sûr les éoliennes peuvent souvent dénaturer un paysage mais elles sont faciles à démonter (y compris le socle en béton). C’est pourquoi je crois qu’il faut pour l’instant les supporter, en veillant malgré tout à éviter d’en mettre partout, jusqu’à que peut-être « on » trouve un jour un autre moyen de produire de l’électricité d’une manière non polluante et non dangereuse.

    • Forest

    Il est inexact de dire que les implantations d’éoliennes sont rigoureusement choisies . Ni les Architectes des Bâtiments de France , ni les Commissions des sites (CDNPS ) ne peuvent s’opposer à un programme . Le préfet est seul à décider et, il est bien entendu surveillé par le gouvernement . C’est ainsi qu’on voit une machine de 150 m. de haut à 500 m. d’une résidence ou d’un monument historique . En Bavière la distance doit être de 10 fois la hauteur de la machine .