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L’agriculture, première source de pollution de l’eau potable en France


Rassemblement en soutien au maire de Langouet, poursuivi en justice pour avoir signé un arrêté anti-pesticides sur sa commune, le 14 octobre 2019 à Rennes © AFP/Archives Damien MEYER

Paris (AFP) – Plus d’un million de consommateurs, surtout en zones rurales, boivent une eau polluée essentiellement par des pesticides, dénonce mardi UFC-Que Choisir, qui demande une interdiction de certains des produits soupçonnés d’être perturbateurs endocriniens.

L’association de consommateurs a mis à jour son étude nationale sur la qualité de l’eau potable et une carte interactive accessible au grand public (www.quechoisir.org/carte-interactive-qualite-eau-n21241/), basées sur les résultats d’analyses réalisés pour le compte des Agences régionales de santé (ARS). Elle ont été réalisées en lien avec l’ONG Générations futures.

La qualité de l’eau progresse: « 98% des consommateurs ont accès à une eau conforme à la totalité des critères sanitaires, soit une progression de plus de deux points par rapport à la précédente étude de 2017 », selon un communiqué de presse.

Cette amélioration s’explique par trois facteurs: « dans des grandes villes, des réseaux contaminés sont été fermés, la loi NOTRe a incité à des groupements de compétences au niveau des intercommunalités dans l’objectif de mettre des moyens financiers au pot commun et il y a eu des améliorations techniques », a expliqué à l’AFP Olivier Andrault d’UFC-Que Choisir, qui a piloté l’étude.

Des problèmes subsistent toutefois, en particulier dans des zones rurales et de montagne. Selon UFC-Que Choisir, « les pollutions agricoles constituent toujours les premières causes de contaminations: 450.000 consommateurs boivent ainsi une eau dépassant les normes maximales en pesticides et 148.000 une eau contaminée par les nitrates ».

UFC-Que Choisir cite notamment les villes de Château-Gontier (Mayenne), Langres (Haute-Marne) pour les pesticides et Berck (Pas-de-Calais), Chinon (Indre-et-Loire) pour les nitrates. « La pollution des eaux, des nappes phréatiques et des rivières n’a pas baissé », souligne Olivier Andrault.

« Ce paradoxe de la bonne qualité de l’eau potable s’explique par la mise en place de coûteux traitements de dépollution », selon l’étude. « Le coût de la dépollution des pollutions agricoles représente entre 750 millions et 1,3 milliard d’euros par an, intégralement financé par les consommateurs via leurs factures d’eau », indique-t-elle.

Effet cocktail

Les deux associations de défense des consommateurs et de l’environnement s’inquiètent de la disparité, selon les départements, des pesticides recherchés dans l’eau potable.

« 750 molécules de pesticides ou de dérivés peuvent être rencontrées dans la nature, en moyenne on n’en recherche en France que 206 », explique Olivier Andrault.

« Dans certains territoires comme l’Aisne, qui est pourtant un département agricole avec des grandes cultures intensives très utilisatrices de pesticides, on peut descendre à douze », poursuit-il.

Les associations s’inquiètent aussi de la présence de pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens, qui « peuvent agir à des doses beaucoup plus faibles et avec un effet cocktail », souligne Olivier Andrault.

« Si on s’en tient aux normes actuelles, certes très basses au niveau de l’eau, et si on n’applique pas le principe de précaution au niveau des pesticides suspectés d’être des perturbateurs endocriniens, on soumet la population à un risque », juge-t-il.

L' »étude révèle ainsi la présence de pesticides soupçonnés d’être des perturbateurs endocriniens dans 28% en moyenne des analyses considérées comme conformes à la réglementation », selon le communiqué.

Par conséquent, UFC-Que Choisir et Générations futures demandent que la commercialisation de ces pesticides soit interdite au nom du principe de précaution. Les associations demandent également « d’intensifier les recherches de pesticides en lien avec les niveaux de risques et les types de cultures environnantes ».

« Les gouvernements français ne veulent pas contraindre les agriculteurs à respecter la réglementation environnementale. Nous en payons les conséquences et le coût au niveau de la facture d’eau », dénonce Olivier Andrault.

Les contaminations bactériennes concernent elles 80.000 personnes « essentiellement en zones de montagne et en zones rurales de l’Est », ce qui s’explique souvent par le manque de moyens de petites communes ou des réseaux vétustes.

© AFP

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5 commentaires

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    • michel CERF

    L’ agriculture chimique pollue nos rivières , nos lacs , l’air , le sol , détruit la biodiversité et nuit à notre santé , est-ce si compliqué à comprendre …

    • Jean Grossmann

    En payant le prix fort pour dépolluer l’eau contaminée l’homme arrive tout de même à préserver sa santé.

    Pour ce qui concerne les saumons c’est une autre histoire ,,, voir

    http://www.rivieres.info/patri/pesticides.htm

    • MAURICE CHAUMIEN

    L’agriculture prétend nous nourrir ou nous tuer?

    • Francis

    Olivier Andrault ment. Ce n’est pas, cela n’a jamais été un problème de respect de réglementation environnementale. C’est la science agronomique qui est globalement en cause depuis le début.
    L’acte de piraterie de la part des douanes dont fut victime le promoteur du purin d’ortie il y a plus de 10 ans prouve que la réglementation sert autant à défendre des intérêts économiques que la santé publique. Nous voyons la même chose actuellement avec la répression des médecins qui veulent soigner les malades du covid avec des « vieux » médicaments qui ne rapportent rien à l’industrie pharmaceutique.

    • Philippe Cerf

    Nous marchons sur le tête nous prenons le problème à l envers nous préférons dépolluer l eau alors que nous devrions interdire cette  » merde  » . L agriculture intensive est totalement responsable et notre santé en dépend ainsi que la biodiversite mais il semble qu on s en fou royalement nous sommes irresponsables j ai honte pour nous. Pourquoi les hôpitaux de France agrandissent les services d oncologie faites un tour dans ces établissements ! Posons nous les bonnes questions s il vous plaît.