Face à l’arrivée des nouveaux smartphones 5G, le défi de l’obsolescence et du recyclage

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Opérateurs et entreprises spécialisées accélèrent dans le recyclage et le reconditionnement pour allonger la durée de vie des mobiles. © AFP NICOLAS TUCAT

Paris (AFP) – Comment limiter l’empreinte environnementale des smartphones alors que des centaines de millions d’appareils 5G s’apprêtent à inonder le marché ? Dans le sillage du gouvernement français, opérateurs et entreprises spécialisées accélèrent dans le recyclage et le reconditionnement pour allonger la durée de vie des mobiles.

Les analystes sont unanimes : le nouvel iPhone, présenté mardi par Apple, est le « catalyseur » qui manquait pour lancer le boom des smartphones 5G. Pile au moment où la nouvelle génération de téléphonie mobile commence à prendre forme avec des premières offres commerciales effectives d’ici la fin de l’année.

De quoi accélérer le phénomène de renouvellement des terminaux, qui représentent déjà 80 % de l’empreinte environnementale du numérique, selon un rapport du Sénat, et une hausse mécanique de la consommation des ressources naturelles, craignent plusieurs ONG et associations de défense de l’environnement.

Or déjà 100 millions de smartphones d’anciennes générations « dorment dans les tiroirs des Français », a rappelé jeudi dernier Cédric O, le secrétaire d’État chargé du numérique, à l’occasion d’un colloque sur le sujet.

Car comme l’a déploré fin septembre son président Sébastien Soriano, l’autorité de régulation des télécoms (Arcep) est « démunie » pour encadrer la manière dont « on pousse » les clients à renouveler leurs smartphones « que ce soit par des pratiques commerciales qui donnent des rabais ou que ce soit par obsolescence logicielle ».

« Trou béant dans la raquette »

« Aujourd’hui, le trou béant dans la raquette, c’est la question des terminaux. C’est l’urgence absolue », a-t-il répété mardi.

Pour tenter d’endiguer le phénomène, le gouvernement vient d’annoncer plusieurs mesures pour prolonger leur durée de vie, en favorisant par exemple la réparabilité et l’attractivité des appareils reconditionnés, avec le soutien des opérateurs.

Orange et SFR ont déjà lancé un programme ambitieux en la matière. Le premier opérateur français s’est même engagé début octobre à faire passer de 2% à 10% la part des téléphones d’occasion remis à neuf vendus en boutique, où il y aura désormais un espace dédié.

« Le lancement de la 5G est un levier fondamental » pour y arriver, estime Fabienne Dulac, présidente d’Orange France.

« Si nous lançons ce programme maintenant, c’est parce que nous voulions avoir le temps de faire la pédagogie du marché et du consommateur avant l’arrivée de la 5G. On sait que cela prend un peu de temps », ajoute-telle.

De quoi créer des opportunités économiques pour des acteurs spécialisés dans ce marché estimé à 500 millions d’euros comme Back Market, Smaaart ou Recommerce, sans parler des multiples « créations d’emplois » à la clé.

« On s’adresse des personnes qui n’ont pas les moyens d’acheter du neuf, qui ne cherchent pas à allier (téléphone) et nouvelle technologie ou qui n’ont pas besoin de la 5G » explique à l’AFP Benoît Varin, cofondateur de Recommerce.

Métaux rares recyclés « à 100% »

Fondée en 2009, la start-up a réalisé 75 millions de chiffre d’affaire l’an dernier, en hausse de 25% sur un an, alors que plus de 2,2 millions de smartphones reconditionnés ont été vendus en France en 2019, selon GfK. Loin des déboires du concurrent Remade, qui a dû procéder à plus de 200 licenciements au début de l’année…

Autre activité « éco-responsable » à fort potentiel : le recyclage des « terres rares », métaux indispensables à la fabrication des écrans et autres composants qui composent les smartphones, dont l’extraction est très polluante.

Apple, qui entend réduire à « zéro » son impact sur le climat d’ici 2030, a annoncé mardi que les nouveaux iPhone « utiliseront pour la première fois des terres rares recyclées à 100% dans tous les aimants », notamment ceux du nouvel appareil photo.

« Greenwashing » ou signe d’une nouvelle ère? « Il n’y a plus aucun verrou technologique à pouvoir réintégrer les métaux qui sont issus de vieux téléphones dans la fabrication de nouveaux types d’appareils. Un téléphone 5G peut être tout a fait composé de métaux recyclés à 100% », assure à l’AFP Serge Kimbel, fondateur de l’entreprise spécialisée Morphosis, qui souhaite inciter les fabricants à fonctionner en « boucle fermée ».

Si les smartphones représentent « moins de 1% » des déchets électroniques traités par cette société française, cette activité a été multipliée « par 10 en cinq ans » pour un chiffre d’affaire autour du million d’euros.

©AFP

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2 commentaires

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    • Rozé

    Certes, il serait bon que les smartphones actuels durent le plus longtemps possible sur la 2,3 ou 4G et avec des OS non propriétaires tels que Linux et ses différentes offres sailfish, pureos, postmarketos, pinephone par exemple.
    Mieux encore, je propose de boycotter la 5G et de ne pas s’équiper en smartphone 5G afin de bien montrer à la classe dominante et aux ténors du numérique, que les vrais décideurs ce sont les citoyens que nous sommes, citoyens qui refusons en majorité la 5G !
    Il serait bon de rappeler aux fournisseurs d’accès GSM que la priorité est d’équiper au moins en 3G les campagnes et montagnes afin qu’il y ait réelle équité d’accès au numérique pour TOUS les territoires !

    • Michel CERF

    D’accord , mais une fois la 5G installée je ne pense pas qu’une majorité de citoyens la refusera , hélas .

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