Satay végétarien: un laboratoire expérimente des plats asiatiques sans viande


Préparation de nourriture végétarienne lors du lancement d'un laboratoire spécialisé par le groupe américain ADM à Singapour, le 21 avril 2021 © AFP Roslan RAHMAN

Singapour (AFP) – Brochettes de poulet satay ou boeuf rendang en version végétarienne: un nouveau laboratoire high-tech à Singapour recrée sans viande des classiques de la cuisine asiatique pour assouvir l’appétit grandissant de la région pour l’alimentation durable.

Des scientifiques et des professionnels de l’alimentation en blouse blanche testent différents extraits végétaux pour concocter ces mets d’Asie en imitant au plus près les saveurs traditionnelles.

Ce laboratoire a été créé par le géant américain de la transformation et du négoce de matières premières agricoles, Archer Daniels Midland (ADM).

La demande pour l’alimentation durable en Asie est encore émergente mais elle progresse, surtout dans les pays les plus développés comme Singapour, à mesure que les consommateurs cherchent une alimentation plus équilibrée et un impact moindre sur l’environnement.

Des burgers ou nuggets végétaux sont déjà vendus dans la région, mais la société américaine cherche à séduire les palais des clients asiatiques avec des plats locaux.

« Nous travaillons avec des cuisiniers et des clients locaux pour développer et adapter des saveurs qui sont recherchées ici en Asie », explique Dirk Oyen, vice-président et directeur de l’alimentation humaine de la société pour l’Asie du Sud-Est.

« C’est vraiment la clé, de créer une saveur locale ».

Le laboratoire a déjà conçu des versions aux légumes du satay (habituellement des brochettes de viande à la sauce aux cacahouètes) et du rendang (curry de boeuf cuit dans du lait de coco avec des épices).

Inquiétudes pour la planète

Mais son objectif est d’inventer des mélanges protéinés, à base de soja et de pois, avec une texture et une saveur similaires à la viande.

Ces produits imitent le boeuf, le porc ou le poulet et peuvent être utilisés pour cuisiner des plats locaux traditionnellement à base de viande.

Les consommateurs asiatiques sont déjà habitués au tofu et tempé (spécialité indonésienne à base de soja fermenté) mais ADM espère élargir encore l’offre.

Il veut notamment proposer une solution à ceux qui aiment le goût de la viande mais s’inquiètent de l’impact de l’élevage intensif sur la planète.

L’élevage intensif pour la consommation de viande est une source de méthane, gaz qui favorise l’effet de serre. Dans certains pays comme le Brésil, ce secteur contribue à la destruction des forêts, barrières naturelles au réchauffement climatique.

Les fabricants de nouvelles protéines à base de plantes font cependant face à de nombreux défis, comme ceux de persuader les consommateurs de changer leurs habitudes ou d’affronter une concurrence qui s’intensifie.

Singapour abrite déjà plusieurs start-up d’alimentation durable, comme Karana qui fabrique des raviolis à base de fruits au lieu de porc, ou Sophie’s BioNutrients qui expérimente les micro-algues en guise de substituts aux fruits de mer et à la viande.

© AFP

5 commentaires

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    • Méryl Pinque

    Excellente initiative.
    Pas d’alimentation éthique ni durable sans véganisme.

    • Matthias Heilweck

    Au risque de contredire une acceptabilité superficielle dominante, je pense que cette technique est environnementalement bien emballée, mais que le diable se cache malheureusement dans les détails.
    Utiliser des végétaux et surtout leurs extraits transformés pour obtenir un aliment d’une texture et saveur similaires à celles de la viande revient à fabriquer un aliment ultra-transformé à l’aide d’adjuvants et autres exhausteurs de goût. C’est la technique de la mal-bouffe, qui fait les choux gras de l’industrie agroalimentaire et qui est pourtant déjà bien connue pour favoriser le diabète, les troubles cardiovasculaires et les dysfonctionnement hormonaux associés à des maladies chroniques.
    L’élevage pour la consommation de viande a bon dos. Il n’y a pas que l’élevage intensif. Une bonne viande provient d’un élevage bio et les végétaux bruts se suffisent à eux-mêmes pour concocter des plats succulents et sains.
    Je préfère garder les pieds sur terre et les mains dedans et trouve inutile, malsain et dangereux de poursuivre ce type de chimères (la viande de laboratoire en est une autre).

    • Frédéric Pulcini

    je suis pour à 100%, j’attends que ces plats arrivent en France

    • michel CERF

    L’important est de se nourrir le plus naturellement possible avec des produits bio non transformés en laboratoire .

    • xavier78

    manger végétal c’est l’avenir pour arrêter diminuer l’élevage mais il ne faut pas déforester a tout va pour faire pousser du soja gros consommateur d’eau également

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