Lettre ouverte à Emmanuel Macron de L214 et de scientifiques appelant à sortir de l’élevage intensif pour faire face aux pandémies

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Affiche de L214 pour la campagne "On subit les conséquences, mais qui agit sur les causes ? "

L’association L214 et des scientifiques adressent ce vendredi 15 janvier une lettre ouverte au Président de la République Emmanuel Macron pour l’exhorter à agir pour en finir avec l’élevage étant donné le rôle de l’élevage intensif dans les risques d’émergence de nouvelles pandémies.  Retrouvez cette lettre qui marque le début de la campagne contre les pandémies « On subit les conséquences, mais qui agit sur les causes ? ».

Monsieur le Président,

Alors que la France était confinée pour se protéger de l’épidémie de Covid-19, vous vous adressiez aux Françaises et aux Français le 13 avril 2020 en rappelant notre « vulnérabilité » en ces termes : « Sachons, dans ce moment, sortir des sentiers battus, des idéologies, nous réinventer – et moi le premier. Il y a dans cette crise une chance : nous ressouder et prouver notre humanité, bâtir un autre projet dans la concorde. Un projet français, une raison de vivre ensemble profonde. » Un leitmotiv repris par votre mouvement, La République en marche, lors du Campus des territoires l’été dernier.

Votre réponse depuis lors est loin de s’inscrire dans cet état d’esprit. Elle est restée focalisée sur le traitement des conséquences de la crise que nous traversons (approvisionnement en masques, relance économique…) avec une recherche scientifique d’urgence, sans réel soutien à une recherche à même de contribuer aux défis écologiques, climatiques, sanitaires et sociaux. Une politique qui vise à gérer le court terme, illustrée par votre allocution 28 octobre 2020 : « Notre stratégie a été définie dès cet été, c’était de vivre avec le virus. ».

Dans le même temps, la réflexion autour des causes a été écartée. Elle est pourtant essentielle. Les zoonoses sont une des principales sources de maladies émergentes : 75 % des nouveaux agents pathogènes proviennent des animaux ou des produits animaux. Les conditions d’élevage et la déforestation, elle-même fortement liée à la production de viande, en sont aujourd’hui deux causes parfaitement identifiées.

Prévenir une prochaine épidémie implique inévitablement de repenser l’action publique en élaborant un plan de sortie de l’élevage intensif. Une telle initiative viserait à suspendre immédiatement la construction ou l’extension des élevages intensifs et industriels qui confinent les animaux dans des bâtiments fermés, dans des cages, les forçant à vivre dans des conditions de promiscuité extrêmes. Ce plan de sortie de l’élevage intensif impliquerait la réduction de la consommation des produits carnés : le développement d’une végétalisation d’ampleur de l’alimentation en restauration collective publique ou privée à travers l’augmentation progressive de la part de protéines végétales dans les repas est indispensable. Réduire la production amènerait l’autonomie protéique – notamment la fin des importations de soja – que la France ne peut atteindre aujourd’hui au vu du nombre très élevé d’animaux qu’elle élève et abat. Ces demandes sont soutenues par la Convention citoyenne pour le climat.

Ce plan de sortie devra associer l’ensemble des acteurs concernés en veillant notamment à accompagner les personnes qui dépendent de l’élevage intensif vers des productions alternatives, vers une reconversion dans le domaine de leur choix et en redirigeant les aides pour enfin soutenir des systèmes moins intensifs.

Enfin, la réduction du risque de pandémie ne s’arrête pas à nos frontières. La France doit être à la pointe de la défense des animaux et de la protection de l’environnement dans les instances internationales. Vous en avez le pouvoir, et la responsabilité.

Le temps est venu de « bâtir un autre projet dans la concorde », pour les humains et les animaux. N’attendons pas la prochaine crise pour agir !

Premiers signataires : Serge Morand, écologue de la santé au CNRS et au CIRAD ; Gilles Escarguel, Maître de Conférences en paléontologie et macro-écologie à l’Université Claude Bernard Lyon 1 ; Nicolas Treich, économiste ; …
Retrouvez la liste complète des signataires sur agir-sur-les-causes.com.
Lettre ouverte à Emmanuel Macron

 

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4 commentaires

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    • Jean Grossmann

    LA MÉTHODE DE LA LETTRE OUVERTE POUR CE QUI RELÈVE DE NOTRE PANDÉMIE ET LA NÉCESSITÉ D’APAISER LES ESPRITS ME SEMBLE ÊTRE LA BONNE SOLUTION.
    Nous pourrions particulièrement avoir besoin de l’habileté verbale de notre président pour dissiper les soupçons quicommencent à circuler à l’encontre de la Chine de l’avoir fait exprès pour dominer économiquement le monde

    PAR CONTRE CETTE MÉTHODE DE LA LETTRE OUVERTE NE SEMBLE PAS ADAPTÉE À NOS PROBLÈMES CLIMATIQUES

    Pour tenter d’aider Nicolas Hulot au moment où il souhaitait sans y parvenir prendre des actions qui soient à la hauteur du besoin j’ai tenté de l’aider avec cette forme d’action. Voir
    http://www.infoenergie.eu/Lettre-ouverte.htm

    Force est en effet de constater que 3 ans plus tard cette affaire dégénère en conflit juridique : le batiment existant, qui est quantativement parlant encore plus énergivore que la voiture est pratiquement resté en l’état.
    J’ai écrit dans mon livre sur l’énergie que le monde comme le cerveau de l’homme était divisé en deux parties. L’une qui pense savoir et l’autre qui souhaite apprendre. Ceci en estimant que pour réussir notre transition énergétique, il suffisait que ceux qui pensent savoir écoutent ceux qui souhaitent apprendre.
    Ce que nous tentons de faire en quelquesorte avec la Convention Citoyenne pour le Climat.

    j’espère que cela ne va pas froisser certaines personnes mais je pense pour finir que je me suis trompé et que pour résoudre ces problèmes d’énergie, il serait préférable de former l’exécutif plutôt que de faire appel au juridique.

    • Maurice Chaumien

    Le confinement des animaux provoque les mêmes maux que celui des humains! Le manque d’air qui retient les virus . Nous les aérobies le comprendrons-nous un jour?

    • Pejat

    Le problème c’est les agissements de L214. Manger de la viande est culturel, en manger moins est sain. Éviter l’élevage concentrationnaire c’est bîen mais’ nourrir les hommes meme pauvre c’est mieux.

    • Aurelie donval

    Total soutien à l214.
    Stop à l’exploitation animale

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

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