Amazonie : un peuple indigène porte plainte contre une compagnie pétrolière

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Les membres du peuple indigène Waorani déposent leur plainte contre la compagnie pétrolière chinoise PetroOriental, le 10 décembre 2020 à Francisco de Orellana, en Equateur. © AFP Cristina Vega RHOR

Puerto Francisco de Orellana (Equateur) (AFP) – Des représentants du peuple indigène Waorani, en Amazonie équatorienne, ont déposé plainte contre la compagnie pétrolière chinoise PetroOriental qu’ils accusent de contaminer leurs terres ancestrales en brûlant le gaz naturel issu des puits de pétrole.

Les représentants du village Waorani de Miwaguno se sont rendus au tribunal de Francisco de Orellana, la principale ville de la province d’Orellana, à l’est de Quito, pour se présenter « en tant que victimes ».

« Nous avons vu notre mode de vie modifié à jamais », affirment-ils dans la plainte. « Notre survie même est menacée en raison du changement climatique ».

Ils s’opposent à la pratique du torchage, l’opération consistant à brûler le gaz excédentaire associé au pétrole, et qui se dégage dans l’atmosphère.

« La pluie a un goût de charbon », a déclaré Menare Omene, une femme de 52 ans, représentante de la communauté qui compte environ 150 Waorani.

PetroOriental extrait à Orellana environ 10.000 barils de pétrole par jour.

Le pétrole brut est la principale source de devises de l’Equateur qui produit 469.000 barils par jour, en exporte 76% pour 3,35 milliards de dollars entre janvier et septembre 2020.

« Nous voulons qu’ils éteignent les brûleurs en raison des dégâts environnementaux causés à nos terres. C’est une contamination totale », a déclaré le chef du village, Juan Pablo Enomenga.

Il se plaint de la « forte » chaleur, de l’augmentation des précipitations et d’autres problèmes environnementaux que les Waorani associent aux torchères.

Il estime que depuis 15 ans, la production locale de manioc et de bananes, la base de l’alimentation de sa communauté, a progressivement diminué.

Accion Ecologica a indiqué avoir comptabilisé 447 torchères en activité en Amazonie équatorienne, dont 159 à Orellana.

« Avant il n’y avait pas cette odeur (de pétrole). Avant, la forêt, les arbres, la faune, tout ça avait un arôme riche. Maintenant, avec les compagnie (pétrolières), les brûleurs, c’est différent » avec « tous ces produits chimiques, avec le pétrole », se lamente Menare Omene, qui s’exprime en Wao Terere, sa langue ancestrale.

©AFP

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