Macron affiche son « ambition écologique » face à la Convention climat

CCC

Des membres de la Convention citoyenne pour le climat arrivent à l'Elysée le 29 juin 2020 à Paris © AFP Ludovic MARIN

Paris (AFP) – « Le temps est à l’action », a déclaré lundi Emmanuel Macron en endossant quasiment toutes les propositions des 150 membres de la Convention citoyenne pour le climat (CCC) qu’il a reçus à l’Elysée au lendemain de la vague verte aux municipales.

« On doit remettre l’ambition écologique au cœur du modèle productif », a affirmé le chef de l’Etat face à ces 150 Français rassemblés dans le parc verdoyant du palais présidentiel. Mais « je crois à la croissance de notre économie », a-t-il ajouté, en se félicitant que la CCC ne prône pas un modèle de décroissance, comme le font certains écologistes.

Emmanuel Macron s’est engagé à transmettre au gouvernement ou au Parlement, ou encore soumettre à référendum, « la totalité » des 149 propositions de la CCC, « à l’exception de trois d’entre elles ».

Certaines seront décidées dès la fin juillet, d’autres intégrées au plan de relance présenté « à la fin de l’été », mais la plupart feront l’objet d’un « projet de loi spécifique » multi-mesures en septembre, a-t-il précisé.

Avant son discours, Emmanuel Macron avait été appelé par Lambert, l’un des 150, à « être fidèle aux engagements » qu’il avait pris devant la CCC, lancée il y a neuf mois à la suite du « grand débat » et la crise des « gilets jaunes ». « C’est la fin de la saison 1 (de la Convention), la saison 2 commence », a résumé l’un d’eux, Grégoire Fraty, avant la rencontre.

La pression à agir s’est encore accentuée sur l’exécutif avec le choc provoqué par les victoires des écologistes dans plusieurs grandes villes comme Lyon, Bordeaux et Strasbourg dimanche, au second tour des municipales.

S’exprimant devant plusieurs membres du gouvernement, dont le Premier ministre Edouard Philippe, facilement réélu la veille au Havre, Emmanuel Macron n’a cependant fait aucune allusion à cette vague verte qui constitue, selon l’Elysée, un « baromètre de l’état d’esprit des Français ».

Les 110 km/h rejetés

Prudent, il a écarté la proposition la plus commentée et controversée de la Convention: la limitation à 110 km/h, au lieu de 130 km/h actuellement, sur autoroutes.

« La transition écologique ne doit pas se faire au détriment des communes, des régions les plus enclavées », a-t-il plaidé, expliquant aussi vouloir éviter que les travaux des 150 ne « s’abîment dans une polémique ». « J’ai présenté beaucoup de grands plans qui se sont trouvés résumés à une seule mesure ou réduits à une petite phrase », a-t-il lancé avec un grand sourire.

Emmanuel Macron s’est en outre dit « prêt » à soumettre à des référendums dès 2021 certaines propositions, d’une part pour modifier la Constitution afin d’y « introduire les notions de biodiversité, d’environnement, de lutte contre le réchauffement climatique », d’autre part pour des mesures spécifiques.

Un éventuel référendum serait le premier à se tenir en France depuis celui qui avait vu la victoire du « non » sur la Constitution européenne en 2005.

En revanche, le chef de l’Etat n’a pas repris la proposition de la Convention de réécrire le préambule de la Constitution en plaçant l’environnement au-dessus de des autres valeurs fondamentales de la République.

Emmanuel Macron a par ailleurs annoncé que 15 milliards d’euros supplémentaires seraient injectés sur deux ans pour la conversion écologique. Ce fonds sera mis en place dans le plan de relance, attendu à la rentrée, pour « investir dans les transports propres, rénover nos bâtiments » et « inventer les industries de demain ».

Parmi les autres annonces, figurent le principe d’un moratoire sur les nouvelles zones commerciales dans la périphérie des villes pour stopper « la bétonisation ».

Emmanuel Macron a écarté la taxe de 4 % sur les dividendes et a souligné qu’il fallait continuer à « évaluer » l’accord commercial UE-Canada (Ceta), dont les 150 avaient réclamé qu’il ne soit pas ratifié.

Il a enfin indiqué que de nouvelles conventions citoyennes seraient organisées sur « d’autres sujets » car « tout, dans cette aventure démocratique et humaine, constitue une première mondiale autant par son ambition que par son ampleur ». « Vous avez montré qu’il était possible sur un sujet difficile, inflammable même, de créer du consensus », s’est-il félicité.

« Notre démocratie va mal. Osons aller plus loin pour que chaque Français se sente représenté », a souhaité Lambert, l’un des 150, en faisant allusion à l’abstention record au second tour des municipales.

A l’issue de la rencontre, le jeune homme s’est déclaré « satisfait » car Emmanuel Macron a « globalement respecté son engagement ».

© AFP

6 commentaires

Ecrire un commentaire

    • luc

    Les écolos savent-ils que la France est déjà le pays qui émet le moins de CO2 pour produire 1 millions de $ de PIB mesuré en parité de pouvoir d’achat?

    Comme l’explique le dernier rapport du Commissariat général au développement durable, « les ratios des émissions aux PIB varient fortement entre pays, autour d’une moyenne mondiale de 318 t CO2/million $.

    Des valeurs parmi les plus élevées sont atteintes en Chine (512 t CO2/million $), en Russie (485) ou au Canada (382). À l’inverse, les niveaux y sont bien inférieurs dans l’Union européenne (187) et en particulier en France (134) ».

    Il y a d’autres choses à faire comme aider les pays de l’est à en finir avec le chauffage au charbon mais aussi les aider à trier leurs déchets pour pouvoir utiliser les déchets renouvelables comme les papiers, les cartons, les planches de bois, les déchets agricoles… au lien de les laisser pourrir dans des décharges.

    Il y a 500.000 décharges en Europe

    • Balendard

    Je n’ai pas bien compris pourquoi le terme « remettre » mais la proposition du président Macron de « mettre l’ambition écologique au cœur du modèle productif » est une vision extrêmement forte de ce qu’il faut faire sans attendre. Une vision qui rejoint celle de Nicolas Hulot qui estimait qu’il fallait changer d’échelle.

    Notre président qui a endossé les 150 propositions du CCC sauf deux ou trois a eu raison de déclarer
    « LE TEMPS EST À L’ACTION », 

    À vrai dire nous allons être contraint d’agir étant donné que nos nos réserves en pétrole classique de l’ordre de quelque 2500 milliards de barils selon l’OCDE s’épuisent actuellement au rythme d’une consommation journalière voisine de 100 millions de barils. Il faut se rendre à l’évidence: dans une cinquantaine d’années le citron sera complètement pressé. voir

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/LCU_fichiers/G-prospective.pdf

    Ceci alors que changer d’échelle cela va prendre du temps. Nous allons devoir dans un premier temps prendre conscience qu’il nous va falloir modifier dans un premier temps les chaînes énergétiques qui assurent actuellement le chauffage de l’habitat. Ce poste est en effet particulièrement lourd sur le plan quantitatif.

    Le temps que les choses se mettent en places sur le plan législatif puis pratique une telle évolution pourrait bien prendre 2 générations, voire 3.

    On observe donc que pour satisfaire nos besoins en énergie à l’échelle de la famille (3 générations) il y a urgence

    • Michel CERF

    Les écolos savent que la France est en peloton de tête en ce qui concerne la pollution des sols , des rivières , des mers par un déversement continu de déchets , plastique , pesticides , il suffit d’observer une rivière pour y voir , non pas des poissons mais des frigos , des vélos , des canettes ect. Voilà la réalité . Je me réjouis de voir Emmanuel Macron se mobiliser sur les enjeux écologique de notre époque .

    • Balendard

    Merci pour votre comrnentaire

    Vous avez raison, vu les services que peuvent nous rendre les rivières et leur nappe libre sur le plan thermique pour assurer le chauffage de l’habitat et leur beauté naturelle lorsqu’elles sont à l’état sauvage, propres et claires, nous sommes des ingrats et nous nous dirigeons petit à petit vers notre perte. voir

    http://www.rivieres.info/patri/a-diffuser-encore-et-encore.mp4

    Reste à espérer, grâce au mouvement lancé par le CCC et à mon étude sur la Solar Water Economy que le Parisien va prendre conscience qu’en associant son fleuve au dogger il dispose d’un potentiel thermique suffisant pour assurer ses besoins thermiques en ce qui concerne l’habitat. Et ceci sans qu’il soit nécessaire de faire appel à la combustion et à l’énergie nucléaire

    Je destine le texte ci-dessous à Michel en espérant que notre président est un intellectuel et qu’il aura l’occasion de le lire

    J’ai écris, dans mon livre sur l’énergie au sujet de l’intellectuel qu’il était celui qui traque, démystifie, révèle les raisons cachées des choses et qui est décidé à le dire, quoi qu’il lui en coûte, pour influer sur les destinées du monde. Celui à qui il arrive parfois de démontrer que les plus petites  » raisons  » ont parfois de grands  » effets « . Celui qui, refusant les doctrines peu établies, les idées préconçues, les étiquettes, n’admet rien sans avoir été convaincu au préalable par sa propre raison. Il est celui qui doit dire la vérité quoi qu’il lui en coûte et qui ne respecte rien hormis la vérité de la pensée. Il est celui qui est prêt à mourir plutôt qu’à mentir, qui est prêt à s’opposer aux règles établies s’il les juge irrecevables et qui n’hésite pas à affronter le pouvoir en place, s’il est confié à des gens qui selon lui ne le méritent pas. IL SAIT QUE FACE A LA VERITE LA VIOLENCE NE PEUT RIEN. Il sait reconnaître ses propres erreurs et admet que l’on puisse ne pas être de son avis et que tout point de vue mérite considération. Prudent, il admet qu’il n’y a pas de vérité absolue et que l’on peut sortir d’une erreur pour tomber dans une autre.

    Pour moi être leader c’est montrer aux autres pays l’exemple de ce qu’il faut faire sans se tromper. C’est aussi prendre conscience il va falloir éviter à tout prix de nucléariser militairement notre planète. Ce serait vu les 300 nations qui la compose la transformer en une poudrière basée sur la méfiance.

    Dans les Propos de O. L. Barenton confiseur  » des éditions du Tambourinaire, Barenton confiseur a selon le lutin thermique que je suis eu raison d’écrire « Que la confiance s’étiole la crise couve ; qu’elle grandisse, l’argent circule, l’industrie s’anime, le rendement de l’ouvrier s’accroît, les relations commerciales deviennent faciles et rapides, on gagne du temps et la collectivité s’enrichit.

    Le problème pourrait être que le cerveau de l’homme étant divisé en deux parties, l’une qui pense savoir et l’autre qui souhaite apprendre, il faudrait pour réussir notre transition énergétique que ceux qui pensent savoir écoutent ceux qui souhaitent apprendre.

    Lorsque personne ne souhaite apprendre le
    Lutin thermique que je suis craint que le
    chef ne devienne celui qui a toujours raison, même lorsqu’il a tort.

    *******

    • Méryl Pinque

    « Gouverner, c’est prévoir », dit l’adage.
    Or l’histoire montre que c’est tout l’inverse qui se produit : loin d’être des visionnaires, les politiques sont des gens bornés, à la traîne de la société qui avance plus vite qu’eux.
    Ils n’épousent une idée que lorsque la voix populaire se fait si forte qu’ils ne peuvent plus prétexter ne pas l’entendre. Ils ne le font pas parce qu’ils ont été convaincus du bien-fondé de l’idée en question, mais parce qu’ils savent que, désormais, ils pourront se faire élire grâce à elle.
    Et même alors, ils n’épousent l’idée qu’à moitié, et même au millième : Macron et l’écologie, ça fera toujours deux – sinon mille.

    • Balendard

    Terrible jugement

Climat : Greta Thunberg appelle Macron et l'UE à faire "autant que possible"

Lire l'article