Les renouvelables ont besoin d' »une parole politique claire », selon la filière

énergies renouvelables vertes propres
Le président de l'Union française des énergies renouvelables, Jean-Louis Ba lors de la troisième Conférence nationale française des énergies marines renouvelables le 30 mai 2016 à Biarritz © AFP/Archives IROZ GAIZKA

Paris (AFP) – Le développement des énergies renouvelables en France a besoin d’« une parole politique claire », a demandé jeudi la filière, alors que le pays est le seul de l’UE à avoir manqué ses récents objectifs de déploiement.

« Ce dont nous avons besoin est l’expression d’une volonté politique claire et sans équivoque » a dit à la presse le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER) Jean-Louis Bal, depuis Belfort où le président Emmanuel Macron doit livrer dans l’après-midi sa vision de l’avenir énergétique du pays.

La France est en retard dans le déploiement des énergies vertes, de l’éolien au solaire en passant par la chaleur renouvelable.

Selon Eurostat, elle est le seul des Vingt-sept à avoir raté son objectif pour 2020, les renouvelables formant 19% de sa consommation d’énergie finale au lieu des 23% prévus.

Or, même si la France commande 14 réacteurs nucléaires EPR – comme le président pourrait le proposer jeudi – les renouvelables devront quand même fournir 64% de l’électricité à horizon 2050, souligne le gestionnaire du réseau électrique RTE.

« Il est urgent d’agir », appelle M. Bal. « 2050 – 10.000 jours – ce n’est pas si loin, avec l’inertie des politiques de développement de l’énergie ».

« On ne va pas dire qu’il n’y a pas de volonté politique, mais elle n’est pas affichée de façon suffisamment volontaire », déplore-t-il. Une parole, et « un vrai dispositif de pilotage » de la transition au sein de l’État, permettraient de clarifier la consigne aux administrations déconcentrées, notamment de raccourcir des délais d’instruction très variables d’une région à l’autre.

Pour accélérer le mouvement, le secteur a présenté jeudi des propositions, dans le contexte de la présidentielle : programme industriel dédié (autour des matériaux critiques, de la relocalisation d’industries, par exemple solaires), programme national d’information « pour stopper les contre-vérités », plus grande visibilité fiscale, planification plus précise pour l’éolien en mer (comme en Belgique ou aux Pays-Bas), soutien à l’hydrolien…

Énergie décarbonée, les renouvelables sont aussi « un élément de compétitivité et de stabilité » des prix pour ses clients industriels en particulier, fait valoir la filière. Elles sont un revenu supplémentaire pour les agriculteurs, un vivier d’emplois (160.000 aujourd’hui, 100.000 de plus d’ici 2028 si la feuille de route de la France est respectée), plaident encore les acteurs du secteur.

© AFP

Également sur GoodPlanet Mag’ :

Centrales solaires flottantes : l’avenir des renouvelables ?

Les défis d’une France 100 % énergies renouvelables

Le secteur des énergies renouvelables atteint une hausse record dans le monde

Ecrire un commentaire

Philippe Bihouix :  « la vraie ville "smart", c’est celle qui repose avant tout sur l’intelligence de ses habitants »

Lire l'article