Une nouvelle base de données pour mieux conserver le cheval de Przewalski

protection cheval de przewalski

Des chevaux de Przewalski dans le parc national de Khomyn Tal, dans l'ouest de la Mongolie, le 20 juin 2018 © AFP/Archives Jan FLEMR

Marseille (AFP) – Suivre des chevaux de Przewalski sur plusieurs années, leurs interactions avec d’autres animaux, leurs pâturages préférés : une nouvelle plateforme scientifique, Shamane, rassemble et analyse des données sur cette espèce menacée originaire de Mongolie pour mieux la protéger.

Présentée au congrès mondial de l’Union pour la conservation de la nature (UICN), qui se tient à Marseille, la première version de Shamane rassemble des observations faites par les scientifiques sur le terrain, mais aussi des données satellites, et les présente de manière interactive sur un site (https://shamane.takh.org).

« L’idée avec ces données collectées en France et en Mongolie est de mieux comprendre le comportement des chevaux pour mieux orienter les actions de protection », a expliqué à l’AFP Laurent Tatin, responsable scientifique de l’association Takh qui mène depuis 30 ans un projet de conservation du mythique cheval en Lozère, zone montagneuse du sud de la France comptant des points communs avec les steppes mongoles.

Découverts par l’explorateur russe Nicolaï Przewalski au XIXe siècle dans le désert de Gobi, où les éleveurs mongols les connaissaient depuis des siècles, ces chevaux considérés comme indomptables sont sur la liste rouge de l’UICN des espèces menacées.

Disparus à l’état sauvage à la fin des années 1960, seuls une quinzaine d’individus survivent alors dans des zoos européens avant de faire l’objet de programmes comme celui de Takh en Lozère.

L’association travaille avec une ONG mongole qui suit la population des chevaux de Przewalski réintroduits il y a une quinzaine d’années dans le parc national de Khomyn Tal, dans l’ouest de la Mongolie. Aujourd’hui, 120 individus vivent dans ce parc et 33 toujours en Lozère. La population totale de chevaux de Przewalski en Mongolie s’élève à 800.

« Là-bas, le parc national de Khomyn Tal fait la surface du département français des Alpes-Maritimes, donc on ne peut pas employer suffisamment d’observateurs humains pour collecter les informations sur les déplacements des groupes, etc. L’idée est donc d’associer des outils modernes, dont des images satellites », poursuit M. Tatin.

Date de naissance, sexe, ADN collecté à partir de crottin pour établir les filiations, utilisation de l’habitat en fonction de la météo, du type d’herbe et de sa quantité, relations avec les chevaux domestiques ou éleveurs de la zone: toutes ces données seront analysées grâce à une technologie développée par la société Geomatys, qui a travaillé entre autres avec les agences spatiales japonaise et française.

Une partie sera accessible au grand public, une autre réservée aux scientifiques.

« Comme nous avons 30 ans de données sur le cheval de Przewalski en France et 15 ans en Mongolie, nous aimerions les partager avec ceux qui travaillent aussi sur ce cheval en Hongrie, Russie, République tchèque et ailleurs en Mongolie », explique M. Tatin.

©AFP

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