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De nouveaux objectifs mondiaux ambitieux pour préserver la biodiversité

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Flamants roses au Kenya © Yann Arthus-Bertrand

La Convention pour la Diversité Biologique (CBD) de l’ONU vient de rendre publique une première version de ses objectifs pour 2030. Cette Convention internationale à laquelle 196 pays participent vise à protéger et préserver la biodiversité au niveau mondial. Parmi les ambitions affichées, accorder le statut d’aires protégées à 30 % de la surface du globe, éliminer les décharges de déchets plastiques ou encore réduire de deux tiers l’utilisation des pesticides.

21 nouveaux objectifs pour la CBD

Ce sont en tout 21 objectifs qui se trouveront au centre des négociations lors la prochaine COP de la CBD du 11 au 24 octobre 2021 à Kunming en Chine. Ce sommet international doit déterminer les priorités dans la préservation de la biodiversité pour la décennie à venir. Il intervient alors que les travaux de l’IPBES soulignent l’urgence de l’action en faveur du vivant et que de nombreux experts s’inquiètent du fait que la prépondérance de la question climatique tend à éclipser la préservation de la biodiversité et de la vie sauvage.

[À lire aussi Biodiversité : l’état des lieux planétaire de l’IPBES pour un besoin urgent d’agir]

La première ébauche des objectifs pour 2030 a été dévoilée le 12 juillet. La secrétaire générale de la CBD Elizabeth Maruma Mrema déclare que : « une action politique urgente au niveau mondial, régional et national est requise pour stabiliser d’ici 2030 les tendances qui ont exacerbé la perte de la biodiversité. Il faut transformer les modèles économiques, sociaux et financiers pour permettre la restauration des écosystèmes naturelles dans les 2 décennies suivantes avec comme horizon une nette amélioration en 2050. »

Réduire les menaces sur le vivant

La CBD propose ainsi de restaurer 20 % des écosystèmes aquatiques terrestres ou marins dégradés, de limiter l’introduction des espèces invasives, de faire en sorte que l’exploitation et le commerce des espèces sauvages animales ou végétales soit mieux encadré afin d’en garantir la légalité, la durabilité et l’innocuité pour l’espèce humaine. Elle insiste sur la nécessité de réduire toutes les formes de pollution qui perturbent la biodiversité, y compris celles liées aux produits phytosanitaires utilisées dans l’agriculture comme les pesticides dont l’usage devrait être réduit de deux-tiers ou les intrants dont la pollution dans l’environnement doit être diminuée de moitié. La CBD demande également à ce que quasiment le tiers du globe soit sous un statut de protection (ce qui est le cas d’environ 15 % de la surface actuellement). Elle souhaiterait aussi que toutes les structures privées comme publiques fassent un rapport afin de prendre conscience de leur dépendance au vivant et ensuite mettent en place des mesures afin de limiter au maximum les répercussions de leurs activités. Il reste encore à voir comment les négociations internationales aboutiront sur ces sujets à l’automne en Chine.

[À lire aussi Le piège de la focalisation sur le (seul) climat]

Alors que l’objectif des négociations climatiques se résume souvent à réduire les émissions de gaz à effet de serre afin d’éviter que le réchauffement climatique n’excède les 2 degrés Celsius, celles sur la biodiversité se basent sur une série d’objectifs à atteindre dans la décennie. Les précédentes cibles dans le domaine n’ont pas été atteintes puisque les 20 objectifs d’Aichi décidés en 2010 n’ont pas été atteints en 2020. D’ailleurs, les membres de la CBD rappellent le lien fort entre la nature et le climat en écrivant que « la nature contribue à atténuer le réchauffement climatique à hauteur d’au moins 10 gigatonnes de CO2 par an et tous les efforts d’atténuation et d’adaptation en faveur du climat évitent des impacts négatifs sur la biodiversité. » 

[À lire aussi Pierre Cannet du WWF France : « le climat constitue la menace de trop pour la biodiversité »]

Julien Leprovost

Le site de la Convention pour la Diversité Biologique

Les aires protégées progressent, mais des efforts restent à faire

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6ème extinction de masse

Le point de vue d’un écologue : la poursuite de la croissance économique est incompatible avec la préservation de la biodiversité

Benoît Fontaine “nous sommes dans une crise sans équivalent dans l’histoire de la vie”

ARTICLE MODIFIÉ le 13 juillet 2021 – corrections orthographiques

4 commentaires

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    • Méryl Pinque

    Il n’y a d’ambitieux que la cohérence.
    Défendre la vie sauvage passe par la sanctuarisation systématique de la nature, par le rewilding, par l’interdiction de la chasse, de la pêche et le passage à une agriculture exclusivement bio et végétale.

    • Robin

    Merci pour votre travail , pour la patience français , est il possible qu’une relecture soit faite pour respecter les règles de syntaxe élémentaires telles que l’usage du participe passé et de l’infinitif. C’est important, en particulier pour nos jeunes
    Merci et bravo pour ces informations
    Cordialement
    Jean-Jacques

    • Guy J.J.P. Lafond

    Mise en exergue:
    « La secrétaire générale de la CBD Elizabeth Maruma Mrema déclare que : « une action politique urgente au niveau mondial, régional et national est requise pour stabiliser d’ici 2030 les tendances qui ont exacerbé la perte de la biodiversité. Il faut transformer les modèles économiques, sociaux et financiers pour permettre la restauration des écosystèmes naturelles dans les 2 décennies suivantes avec comme horizon une nette amélioration en 2050. » .  »

    Bravo!
    Nous sommes derrière vous de tout coeur!

    @GuyLafond @FamilleLafond
    À nos vélos car le temps file. Car les enfants comptent et savent de plus en plus compter, n’en déplaise peut-être à des multinationales et à des chefs d’États.
    https://twitter.com/UNBiodiversity/status/1395129126814691329

    • Limousin

    Eh oui ! Beaucoup d’animaux sauvages disparaissent. Sans parler des pesticides qui font disparaître les insectes et les oiseaux, ils sont bien souvent détruits pour faire de la place à la croissance du nombre d’humains.
    Il semble bien nous avons la limite supportable par notre terre de l’espèce humaine.