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France : Greenpeace fait son mea culpa sur l’élevage bovin, mais dénonce l’élevage industriel breton

élevage bovins

Greenpeace fait son mea culpa et admet que les fermes de 1.000 vaches ne sont "pas représentatives" de l'élevage bovin en France © AFP/Archives JEFF PACHOUD

Paris (AFP) – Greenpeace fait son mea culpa et admet que les fermes de 1.000 vaches ne sont « pas représentatives » de l’élevage bovin en France, tout en dénonçant le rôle des pouvoirs publics dans l’industrialisation de l’élevage de volailles et de porcs, surtout en Bretagne et dans les Pays de la Loire, selon un rapport publié mercredi.

Un premier rapport choc mais inexact, en 2018, avait obligé l’ONG à présenter des excuses aux agriculteurs et agricultrices ayant fait l’objet d’une délation nominative. L’ONG avait aussi dû retirer une carte interactive de « fermes-usines ». Greenpeace pointe désormais le rôle de l’État dans une « industrialisation encouragée et non contrôlée » de l’élevage.

D’abord, le constat : « la tendance à l’industrialisation s’accentue », surtout dans les filières volaille et porcine. Cela concerne surtout le grand ouest, en Bretagne et dans les Pays de la Loire, a indiqué à l’AFP Suzanne Dalle, chargée de campagne agriculture chez Greenpeace.

Selon l’ONG, 1% des exploitations françaises produisent les deux tiers des porcs, poulets et œufs produits en France. « La filière des poules pondeuses est en tête du classement en matière d’industrialisation », note le rapport.

La Bretagne à elle seule regroupe près de la moitié des installations soumises à autorisation au nom de la protection de l’environnement. Les Pays de la Loire en présentent environ 20%.

Les installations classées pour la protection de l’environnement (IPCE) sont celles qui ont plus de 750 emplacements pour les truies, plus de 2.000 pour les porcs de plus de 30 kg, plus de 40.000 pour les volailles, plus de 400 pour les vaches laitières ou plus de 800 pour les élevages de veaux de boucherie ou bovins à l’engraissement.

L’ONG environnementale demande un moratoire sur l’installation et l’extension des élevages de volailles et de porcs. Mais, surtout, elle appelle à un meilleur contrôle de ceux qui existent.

Elle s’inquiète du « détricotage » de la réglementation ICPE via des régimes d’autorisation moins contraignants et un affaiblissement de la participation/consultation du public, ainsi qu’un « renoncement » de l’État en matière de contrôles environnementaux sur place.

En matière bovine, l’ONG reconnait que le modèle des fermes de 1.000 vaches n’est « pas du tout » représentatif de « l’état de l’élevage bovin en France », même s’il pourrait devenir « une forme de norme » ailleurs en Europe, en particulier « aux Pays-Bas ».

Greenpeace s’inquiète aussi d’un projet de construction d’une usine « de plus de 23.000 vaches laitières » en Espagne. Cela en ferait une des plus grandes d’Europe et du monde.

© AFP

Un commentaire

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    • Méryl Pinque

    Greenpeace ferait mieux de faire son mea culpa devant les personnes nonhumaines qu’elle n’a jamais défendues en tant que telles, alors que la justice environnementale ne peut faire l’économie de la justice pour les animaux.

    Greenpeace, parce qu’elle est une puissante organisation connue internationalement, se doit d’être cohérente avec les valeurs qu’elle défend. Or l’écologie, par définition, ne saurait faire l’impasse sur la nécessité éthique et environnementale du véganisme.

    Greenpeace s’honorerait donc à défendre enfin les droits fondamentaux inaliénables des personnes nonhumaines ainsi que son corrélat logique, une alimentation exclusivement végétale.

    Nous sommes malheureusement loin du compte.