Nouveaux virus : une nouvelle étude pointe la responsabilité humaine

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Une décharge à ordures près d'une plantation abandonnée de palmiers à huile, près de Kuala Lumpur (Malaisie), le 8 mars 2019 © AFP/Archives Mohd RASFAN

Paris (AFP) – Une nouvelle étude pointe mercredi la responsabilité de l’activité humaine et de la destruction de la biodiversité dans l’apparition de nouveaux virus venus du monde animal, tel le coronavirus à l’origine de l’épidémie de Covid-19.

Les chercheurs de l’école vétérinaire de l’Université de Californie ont étudié 142 cas de « zoonoses » virales (maladies transmises de l’animal à l’humain) répertoriées dans des études depuis 2013, qu’ils ont ensuite croisés avec les listes de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui classe notamment les espèces en danger.

Les rongeurs, primates et chauve-souris ont été identifiés comme hôtes de la majorité des virus transmis à l’Homme (75,8%) et les animaux domestiques comme porteurs de 50% des zoonoses identifiées.

Parmi les espèces sauvages menacées, « celles dont les populations sont en baisse en raison de l’exploitation et de la perte d’habitat partagent plus de virus avec les humains », notent les chercheurs dans le magazine Proceedings of the Royal society (sciences biologiques).

« Nos données illustrent la manière dont l’exploitation de la faune sauvage et la destruction de l’habitat naturel sous-tendent les transferts de maladies, nous confrontant au risque de maladies infectieuses émergentes », a déclaré à l’AFP Christine Johnson, qui a dirigé l’étude, réalisée avant l’apparition de l’épidémie actuelle, qui pourrait selon certains scientifiques venir d’une espèce de chauve-souris.

« Nous modifions les territoires par la déforestation, la conversion de terres pour l’agriculture, l’élevage ou la construction. Ceci augmente la fréquence et l’intensité des contacts entre l’humain et la faune sauvage, créant les conditions idéales pour des transferts viraux », a-t-elle souligné.

Selon les experts biodiversité de l’ONU (IPBES), un million d’espèces animales et végétales sont en danger de disparition en raison de l’activité humaine.

En 2016, l’agence des Nations Unies pour l’environnement avait souligné que quelque 60% des maladies infectieuses chez l’Homme étaient d’origine animale, et 75% des maladies émergentes. Elle avait estimé que ces dernières avaient eu un coût direct sur les deux dernières décennies de 100 milliards de dollars, qui pourrait être démultiplié si elles passaient au stade de pandémie humaine, comme l’a fait le nouveau coronavirus.

© AFP

3 commentaires

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    • JAEANNETTE ATALLAH

    Nous sommes qu’un chaînon et nous perturbons dangereusement toute la maille de la vie, tout simplement le résultat est là, c’est l’abcès que la nature nous envoi en mode agir, faire autrement

    • Michel CERF

    Pas besoin d’une étude scientifique pour comprendre que les activités humaines sont à l’origine des épidémies pour les raisons indiquées , sans oublier la surpopulation humaine , les moyens de transport et l’ élevage intensif .

    • Méryl Pinque

    Il manque une fois de plus la conclusion logique de ce juste réquisitoire : l’urgence et la nécessité d’adopter une alimentation végétale.

Brigitte Gothière, directrice de L214, explique pourquoi recourir à un Référendum d’Initiative Partagée pour défendre les animaux et interdire les élevages intensifs en France en 2040

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