Incertitudes sur les prochains grands rendez-vous internationaux de l’environnement à cause du Covid-19

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© Yann Arthus-Bertrand

Le coronavirus entraîne le report voire l’annulation de nombreuses manifestations politiques, économiques, sociales et culturelles. Qu’en est-il des temps forts internationaux de l’écologie en 2020 ? Peu à peu, le monde semble s’arrêter et se confiner afin de se concentrer sur l’urgence sanitaire du Covid-2019. Cette année était pourtant placée sous le signe de la biodiversité et du climat, avec de grandes attentes dans ces deux domaines.

La COP26 sur le climat maintenue, mais…

Étant donné l’évolution rapide de la situation, les événements prévus de longue date peuvent se voir reporter ou annuler. Le quotidien britannique The Guardian évoque, mercredi 18 mars, les appels au maintien de la COP26 sur le climat prévu à Glasgow en novembre 2020. Officiellement et jusqu’à présent, selon un porte-parole du gouvernement britannique : « nous continuons de travailler sur l’accueil de l’événement à Glasgow en novembre. C’est dans 8 mois et nous prêtons une grande attention à l’évolution de la situation ». La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), organisme de tutelle des négociations est sur la même ligne.

Toutefois, selon le journal, son report serait envisagé en privé par le gouvernent de Boris Johnson.  Ce qui a conduit certaines personnalités, dont l’économiste Nicolas Stern, auteur d’un rapport sur l’évaluation économique du coût du réchauffement climatique, à appeler à éviter de parler de report ou d’annulation afin de ne pas saborder les espoirs d’avancer dans les négociations préalables. Surtout que ceux-ci dépendent en partie du résultat de l’élection présidentielle aux États-Unis. Les défenseurs du climat craignent d’encore perdre du temps dans l’obtention d’un accord face à l’urgence climatique. Yvo de Boer, ancien directeur de la CNUCC estime donc que « si l’annulation est décidée, elle devra l’être le plus tard possible, en octobre donc ». D’autres pensent qu’un report de la COP26 pourrait donner un peu plus de temps à la diplomatie pour trouver un compromis sur l’application de l’Accord de Paris sur le climat. Ce dernier a pour ambition de limiter le réchauffement du climat à 2 degrés Celsius bien qu’actuellement les engagements des pays soient loin du compte pour atteindre cet objectif.

Un risque pour la qualité des négociations climatiques

Une COP réunit entre 20 000 et 30 000 personnes du monde entier. Un ancien membre de délégations présent lors des précédentes négociations sur le climat joint par GoodPlanet Mag explique que rien n’est encore décidé sur la session de Bonn qui doit accueillir 2000 à 4000 personnes au mois de juin. Cette session doit préparer la COP26 de Glasgow notamment sur la manière de comptabiliser les engagements des pays. Il craint que sans celle-ci, « il ne soit pas possible de préparer la COP26 qui a deux dimensions : une technique et une politique. » En effet, « le sort de Glasgow dépendra de la situation sanitaire pour sa tenue ou non et du contexte politique pour ses résultats ». Il pense que « l’attention politique peut se porter ailleurs avec le coronavirus. Il y a un risque que les gouvernements allègent la pression sur les énergies fossiles dans leurs plans de relance. » Or, selon lui, pour répondre aux défis de l’urgence clmatique « il faut mettre le paquet sur la nature, les énergies renouvelables et la biodiversité dans les plans de relance à venir ».

Le précédent de la COP25 de 2019

En 2019, la COP25 avait été jugée très décevante par les observateurs avec peu de progrès dans les négociations sur le climat. Elle avait aussi dû, à la dernière minute, être délocalisée en raison de la crise sociale au Chili. La COP25 s’était finalement tenue en Espagne. Paradoxalement, même si elle risque de retarder la prise d’engagement des États à réduire leurs rejets de gaz à effet de serre, l’épidémie de Covid-19 va entraîner une réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La mise en pause de l’économie, des transports et du tourisme s’avère mondiale.

Des incertitudes aussi sur les grands rendez-vous de la biodiversité

Deux événements majeurs au sujet de la biodiversité sont au programme de 2020 avec le Congrès mondiale de l’Union Internationale pour la Conversation de la Nature (UICN, connue notamment pour sa liste rouge des espèces menacées d’extinction) en France et la COP15 de la Convention sur la Diversité Biologique (CBD) qui doit fixer un agenda pour préserver la biodiversité au niveau mondial d’ici 2050.

Contacté par GoodPlanet Mag, le comité français de l’UICN précise que les dates initiales du Congrès mondial prévu à Marseille, du 11 au 19 juin 2020 sont pour le moment maintenues mais peuvent être soumises à modifications qui seront annoncées ultérieurement.

Quant au sommet de la CBD, il devait initialement avoir lieu en octobre en Chine. Au mois de février durant le pic chinois de l’épidémie de coronavirus, une rencontre préparatoire prévue en Chine a été organisée au siège de la FAO à Rome en Italie… Suite à l’épidémie en Chine, David Ainsworth chargé de relations presse de la CBD précise que : « pour la COP15, nous discutons avec le gouvernement chinois pour trouver de nouvelles dates pour le sommet. L’intention aujourd’hui est de le maintenir en Chine ». Pour le moment, les sessions préparatoires se poursuivent en s’adaptant avec les visioconférences. « D’une certaine manière, ces événements nous donnent une opportunité de réfléchir aux moyens de limiter l’impact environnemental des voyages. En recourant à la virtualisation, nous commençants à travailler de manière plus durable », explique David Ainsworth. Avant de conclure : « la pandémie renforce le besoin de solidarité et met en lumière l’importance du multilatéralisme et du respect pour toutes les personnes. Nous devons veiller à ce que les approches multilatérales parviennent à résoudre les grands problèmes que sont les inégalités, le changement climatique et l’érosion de la biodiversité ».

Julien Leprovost

5 commentaires

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    • Dubois

    Si vous avez besoin d’aide pour corriger les fautes d’orthographe avant de poster des articles en ligne, n’hésitez pas 😉

    • jean Grossmann

    Le poids important n’est pas les fôtes d’orthographe monsieur Dubois

    il y a COP et COP et pour ce qui concerne l’essentiel à savoir notre devenir énergétique toutes ces COP annuelles qui se suivent indéfiniment ne me paraîssent pas être essentielles pour le devenir énergétique d’Homo sapiens.

    Particulièrement celle que souhaite maintenir à Glasgow en novembre un pays comme l’Angleterre qui a rompu ses amarres avec l’Europe et et que nous pourrions laisser partir à la dérive.

    Ce pays qui a fait le choix de l’énergie nucléaire s’est trompé.

    Il s’est trompé vu que pour l’essentiel le nucléaire passe comme chacun d’entre nous le sait maintenant par la pire des cases en ce qui concerne le réchauffement climatique: celle de la case thermique des hautes températures
    nécessaire aux performances du moteur thermique et situé en tête d’une chaîne énergétique trop longue nécessitant une métallurgie coûteuse et complexe.

    Il s’est d’autant plus trompé qu’il a choisit facteur aggravant le nucléaire haute pression orientée quoi qu’on en dise vers le militaire et les risques d’explosion .

    mais laissons de côté ce sévère réquisitoire et examinons ce que pourrait être le seul mérite du coronavirus et ce repli sur soi-même à domicile qui nous laisse le temps de réfléchir à notre devenir.

    La phrase de Jean-Paul Sartre
    « Dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut mais on est responsable de ce que l’on est » doit être raccourcie et du genre  » Dans la vie on est responsable de ce que l’on fait »

    Nous devons prendre conscience que sommes maintenant à un tournant et comprendre que pour assurer notre confort thermique il suffit d’utiliser la thermodynamique pour faire du chaud quand il fait froid et du froid quand il fait chaud.
    une chaîne énergétique assurément plus courte que la précédente.

    Notre problème est de ne pas avoir compris suffisamment tôt qu’il fallait le faire avec l’eau et non et non avec l’air.

    Si dieu ne me compte pas au nombre des victimes du coronavirus je vais expliquer comment cela est possible grâce à la Solar Water Economy à des élèves de 3ème d’une quinzaine d’années en région parisienne
    notre pays la France serait ainsi le deuxième pays après l’Italie à enseigner le réchauffement climatique. Je crois même pouvoir dire sans crainte de me tromper en le minimisant

    • Michel CERF

    Mr . Dubois doit sans doute s’ennuyer …

    • Michel CERF

    On a du écrire en même temps Mr. Grossmann ! vous avez entièrement raison , dans la vie il faut distinguer l’essentiel de l’accessoire , dans cette période compliquée prenez soin de vous comme vous savez le faire pour la planète .

    • Balendard

    Je corrige tout de même les fôtes d’orthographe pour tenir compte de la remarque de monsieur Dubois

    il y a COP et COP et pour ce qui concerne l’essentiel à savoir notre devenir énergétique toutes ces COP annuelles qui se suivent indéfiniment ne me paraîssent pas être essentielles pour le devenir énergétique d’Homo sapiens.

    Particulièrement celle que souhaite maintenir à Glasgow en novembre un pays comme l’Angleterre qui a rompu ses amarres avec l’Europe et que nous pourrions laisser partir à la dérive.

    Ce pays qui a fait le choix de l’énergie nucléaire s’est trompé.

    Il s’est trompé vu que pour l’essentiel le nucléaire passe comme chacun d’entre nous le sait maintenant par la pire des cases en ce qui concerne le réchauffement climatique: celle de la case thermique des hautes températures nécessaire aux performances du moteur thermique et située en tête d’une chaîne énergétique trop longue nécessitant une métallurgie coûteuse et complexe.

    Il s’est d’autant plus trompé qu’il a choisit facteur aggravant le nucléaire haute pression orienté quoi qu’on en dise vers le militaire et les risques d’explosion .

    Mais laissons de côté ce sévère réquisitoire et examinons ce que pourrait être le seul mérite du coronavirus et ce repli sur soi-même à domicile qui nous laisse le temps de réfléchir à notre devenir.

    La phrase de Jean-Paul Sartre
    « Dans la vie on ne fait pas ce que l’on veut mais on est responsable de ce que l’on est » doit être raccourcie et du genre » Dans la vie on est responsable de ce que l’on fait »

    Nous devons prendre conscience que sommes maintenant à un tournant et comprendre que pour assurer notre confort thermique il suffit d’utiliser la thermodynamique pour faire du chaud quand il fait froid et du froid quand il fait chaud. Une chaîne énergétique assurément plus courte que la précédente.

    Notre problème est de ne pas avoir compris suffisamment tôt qu’il fallait le faire avec l’eau et non et non avec l’air.

    Si dieu ne me compte pas au nombre des victimes du coronavirus je vais expliquer comment cela est possible grâce à la Solar Water Economy à des élèves de 3ème d’une quinzaine d’années en région parisienne.

    Notre pays la France serait ainsi le deuxième pays après l’Italie à enseigner le réchauffement climatique. Je crois même pouvoir dire sans crainte de me tromper en le minimisant

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