Pétrole: l’Opep+ en sommet sur fond de surchauffe du marché

OPEP pétrole

Au siège de l'Opep à Vienne, le 22 septembre 2017 © AFP/Archives JOE KLAMAR

Londres (AFP) – Les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés via l’accord Opep+ se retrouvent jeudi pour fixer leurs quotas de production pour le mois d’août, attendus en légère hausse afin d’éviter une surchauffe des prix.

Ils s’étaient quittés début juin sur une rencontre éclair, sans prendre de décision au-delà du mois de juillet.

Entretemps, les cours ont retrouvé des niveaux inédits depuis octobre 2018, un élément qui semble plaider en faveur d’une augmentation de la production d’or noir.

D’autant que la grogne de pays consommateurs comme l’Inde se fait déjà entendre et que plane le risque d’un étouffement de la reprise naissante, un prix du pétrole élevé alimentant l’inflation.

Vers une modeste hausse?

Jeudi, les treize pays du cartel historique, emmené par l’Arabie saoudite, se réuniront d’abord par visioconférence à 11H00 GMT (13H00 à Paris et à Vienne, siège de l’organisation).

Ils seront ensuite rejoints par leurs dix alliés, conduits par Moscou, le sommet en lui-même étant prévu à 15H00 GMT.

L’alliance met en œuvre depuis 2016 une politique de réduction volontaire de l’offre, fortement amplifiée après l’éclosion de la pandémie pour répondre au trou d’air de la demande.

Depuis avril 2020, elle laisse chaque jour des millions de barils sous terre (5,8 millions en juillet), une stratégie considérée comme prudente qui « a jusqu’à présent fait mouche », salue Stephen Brennock, analyste de PVM, « puisqu’elle a réussi à rétablir l’équilibre pétrolier sans trop tendre le marché ».

Portée par Ryad, cette politique a permis de sortir les cours de l’abîme pour les ramener actuellement aux alentours de 75 dollars pour les deux références de part et d’autre de l’Atlantique, le Brent et le WTI.

Le marché s’attend donc à la poursuite de cette démarche et pronostique une augmentation ténue, de l’ordre de 500.000 barils par jour au cours du mois d’août.

« Il s’agirait d’une solution de compromis acceptable entre les pays du Golfe de l’Opep, qui ont tendance à se montrer plus prudents, et leurs partenaires tels que le Kazakhstan et la Russie, qui ont tendance à préconiser des hausses de production plus importantes », explique Eugen Weinberg, de Commerzbank.

La Russie est en effet attentive à sa part de marché et plaide pour une ouverture plus franche des robinets d’or noir.

Des cours élevés sont certes favorables pour les caisses des membres de l’Opep+ mais ils génèrent aussi davantage de concurrence car ils encouragent d’autres acteurs, non soumis aux quotas, à entrer sur le marché grâce à une production devenue soudainement rentable.

Risque du variant Delta

« Il semble qu’il n’y ait pas d’accord entre les deux principales nations de l’alliance, la Russie et l’Arabie saoudite, sur l’opportunité d’augmenter encore la production en août, et si oui, de combien », avance Eugen Weinberg, de Commerzbank.

Aux arguments moscovites sera opposé le danger de la dernière flambée du très contagieux variant Delta, qui menace le redressement de la demande de brut dans plusieurs régions du monde, Russie en tête.

Le pays a enregistré jeudi un nouveau record de décès quotidiens liés au Covid-19.

L’Opep+ ne saurait mettre de côté les « incertitudes persistantes » qui demeurent sur le marché, a insisté mardi le secrétaire général de l’Opep, Mohammed Barkindo, à l’occasion d’une réunion technique préparatoire au sommet.

Le cartel, qui se retrouve désormais presque tous les mois afin d’ajuster sa politique au cordeau, doit aussi faire en fonction d’un de ses membres, l’Iran.

Actuellement hors jeu du fait de l’embargo qui pèse sur son industrie pétrolière, Téhéran pourrait revenir dans la course à moyen terme si les discussions internationales sur le nucléaire aboutissaient. De quoi rebattre les cartes du fragile équilibre entre l’offre et la demande d’or noir.

©AFP

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