Climat: le seuil de +1,5°C risque d’être atteint d’ici 2025, avertit l’ONU


Le lac Suesca en Colombie, qui s'assèche d'année en année depuis 2012, photographié en mars 2021 © AFP/Archives Raul ARBOLEDA

Paris (AFP) – Il y a 40% de probabilités que la température moyenne sur une année dépasse d’ici 2025 le seuil de 1,5 degré au dessus des niveaux pré-industriels, objectif de l’accord de Paris de lutte contre le réchauffement climatique, a averti jeudi l’ONU.

Sous les effets du changement climatique, la dernière décennie a enregistré des températures record: 2020 a ainsi rejoint 2016 sur la plus haute marche des années les plus chaudes jamais enregistrées dans le monde, avec une moyenne de 1,25°C au dessus de la période pré-industrielle.

Or l’accord de Paris, conclu en 2015, fixe pour objectif de « contenir l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, en poursuivant l’action menée pour limiter l’élévation de la température à 1,5°C (ce qui) réduirait sensiblement les risques et les effets des changements climatiques ».

Mais les probabilités que ce dernier seuil soit franchi au moins sur une année calendaire augmentent constamment, selon une étude réalisée par le Meterological Office britannique pour l’Organisation météorologique mondiale (OMM), agence spécialisée de l’ONU, publié jeudi.

« Il est probable à 40% que la température mondiale annuelle moyenne soit temporairement supérieure de 1,5°C aux valeurs préindustrielles pendant au moins l’une des cinq prochaines années, et cette probabilité augmente avec le temps, » souligne l’OMM dans sa présentation du « bulletin sur les prévisions annuelles à décennales du climat à l’échelle mondiale ».

Par ailleurs, « il est probable à 90 % qu’au moins une année entre 2021 et 2025 devienne la plus chaude jamais enregistrée et détrône ainsi 2016 ».

Même si ce dépassement n’était que temporaire, « cette étude montre, avec une grande fiabilité scientifique, que nous nous rapprochons de manière mesurable et inexorable de la limite inférieure de l’accord de Paris », souligne dans cette présentation Petteri Taalas, patron de l’OMM.

Et de mettre en garde sur les conséquences, puisque « l’augmentation des températures se traduit par une fonte accrue des glaces, une élévation du niveau de la mer, une augmentation des vagues de chaleur et d’autres phénomènes météorologiques extrêmes, ainsi que par des répercussions plus importantes sur la sécurité alimentaire, la santé, l’environnement et le développement durable ».

D’autres experts ont souligné qu’un dépassement temporaire des 1,5°C ne signifierait pas nécessairement la fin des objectifs de l’accord de Paris, comme Joeri Rogelj, de l’Imperial College London. « Mais c’est quand même une très mauvaise nouvelle », a-t-il souligné. « Ceci nous dit une nouvelle fois que les actions face au réchauffement climatique sont à ce jour totalement insuffisantes et qu’il faut d’urgence réduire à zéro les émissions (de gaz à effet de serre) pour arrêter le réchauffement ».

© AFP

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3 commentaires

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    • Guy J.J.P. Lafond

    Noté! Merci.
    Autrement et en Amérique du Nord:
    Le Québec (dans un Canada aux deux langues officielles) semble se secouer de plus en plus, lui aussi. Pour preuve, voir l’article suivant situé sur la page web « Ici.radio-canada.ca » et dévoilant des données et statistiques fort instructives.
    Un journaliste rigoureux, Gérald Fillion, rappelle aux amateurs de hockey et de bonne glace en Amérique du Nord que l’Agence internationale de l’énergie a sauté sur la glace, elle aussi, avec l’intention de compter des buts importants très rapidement.
    Figure de style! Vous aurez compris.
    L’article:
    https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1796697/developpement-durable-agence-internationale-energie-transports-gaz-effet-serre

    Et pour gagner ce match contre une crise sévère annoncée, ça prend un effort d’équipe. Cela veut dire qu’on doit utiliser davantage nos vélos dans nos déplacements dans tous les grands centres urbains de la planète. Ceci afin de réduire les émissions de GES et de particules de pollution dans l’atmosphère. Cela veut dire aussi – très important – qu’il faut donner le temps à nos forêts d’absorber le trop plein de CO2 qui crée un effet de serre beaucoup trop prononcé au dessus de nos têtes.
    C’est donc une question de dosage. Et nos amis les arbres insistent: ils veulent que nous fassions comme eux, soit prendre le temps de vivre, soit d’aller moins vite, soit de construire moins de véhicules et d’autoroutes peut-être. Après tout, les arbres ont une belle lenteur à nous partager. Qu’attendons-nous pour prendre exemple sur eux?

    À suivre,

    t: @GuyLafond @FamilleLafond
    À nos vélos, à nos souliers de marche ou bien de course, à nos équipements de plein air! Car le temps file et car les enfants comptent et savent compter.

    • xavier78

    Les accords ne sont pas respectés et en attendant les températures progressent. Les améliorations doivent etre continues et non pas constatés une fois de temps en temps.
    il faut arreter tous ces camions et ces emballages que nous produisons pour nos livraisons de produits acheté sur internet et apprendre à conserver nos produits, nos vetements. Achetez sans cesse favorise la pollution

    • Mona

    Au lieu de « punir » tout le Monde, ce serait déjà Bien d’ encourager vraiment les productions locales qui créent des emplois tout en Respectant notre Belle Planète et d’interdire les gigantesques bateaux de 600m de long qui détruisent la mer, l’air et les Cultures !!

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