Le secteur de la santé responsable de 4,4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre

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Hôpital du Val de Grâce, Paris © Yann Arthus-Bertrand

Les masques et les gants à usage unique sont la face visible de l’empreinte écologique du secteur de la santé. Leur utilisation s’est banalisée avec l’épidémie de coronavirus. Ils sont également des déchets qu’on retrouve malheureusement jetés n’importe comment, donc, au final, dans la nature. Or, bien plus que les déchets, on le sait moins, la santé possède un impact non-négligeable sur l’environnement et le climat. Le secteur de la santé serait responsable de 4,4 % du total des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon une publication récente de The Lancet. Tony Capon, directeur du Monash Sustainable Development Institute et l’un des auteurs de l’article The environmental footprint of health care: a global assessment (l’empreinte environnementale du système de santé : une évaluation mondiale), précise : « les menaces pour l’environnement engendrées par le système de santé se cachent dans l’ensemble de la chaine d’approvisionnement ».

L’impact sur l’environnement du secteur de la santé 

Cette étude publiée en juillet dans la revue médicale The Lancet propose une première évaluation de l’empreinte écologique des systèmes de santé et de soins entre 2000 et 2015. Rien que pour les seuls gaz à effet de serre (GES) en 2015, le secteur de la santé émet au niveau mondial 2,4 gigatonnes de CO2.

Dans les pays de l’OCDE, les dépenses de santé représentent en moyenne 9 % du PIB. Les auteurs notent que l’impact de l’environnement et de la pollution sur la santé sont très documentés, mais que, à l’inverse, on s’attarde moins sur l’impact écologique des soins.

Il ressort de cette étude sur 189 pays que l’impact du secteur de la santé représente généralement entre 1 et 5 % des pollutions étudiés dans la plupart des pays. Les chercheurs se sont concentrés sur les émissions de gaz à effet de serre, les polluants de l’air (les particules fines, le protoxyde d’azote et le soufre), la pollution de l’eau ou encore les rejets d’azote. Le transport des patients, l’alimentation en énergie des battements et la production du matériel médical et produits pharmaceutiques sont à l’origine de ces impacts.

Les scientifiques écrivent que « malgré des progrès substantiels dans l’efficacité énergétique, dans la consommation d’eau, dans le recours aux matériels, dans la réduction des émissions polluantes et les rejets de gaz à effet de serre, tous les impacts environnementaux étudiés du secteur de la santé ont augmenté entre 2000 et 2015. Ainsi, sur cette période, la pollution aux particules fines a augmenté de 9 % et les émissions de gaz à effet de serre de la santé ont augmenté d’un tiers (29 %). Cela s’explique par le doublement des dépenses de santé qui sont passées de 8,5 % du PIB mondial à 10 %. »

Tony Capon de commenter : « l’empreinte écologique de la santé se montre à la fois un problème éthique et concret. Nous savons qu’en 2015, plus de 460 000 personnes sont morts prématurément dans le monde à cause de la pollution toxique issue de la combustion du charbon. Sincèrement, pourquoi un hôpital achète de l’électricité provenant du charbon quand les énergies renouvelables sont désormais disponibles ? » Au niveau mondial, l’OMS estime qu’un décès sur 4 est lié à une cause environnementale.

Tony Capon préconise aux acteurs de la santé de « de surveiller et suivre dans le train leur empreinte écologique dans le temps puisqu’elle se répercute sur le plan sanitaire et engendre des coûts économiques. Ils doivent aussi mettre en place des plans de réduction de leur empreinte notamment en diminuant le volume de déchets du secteur de la santé, ce qui permettra aussi de faire des économies ».

Julien Leprovost

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2 commentaires

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    • Michel CERF

    Je suis bien d’accord mais rien n’est simple et le secteur de la santé est loin d’être le plus polluant , ceci dit on pourrait déjà éviter de gaspiller les médicaments et de décorer la nature par des milliers de masques .

    • Méryl Pinque

    Quoi que fasse l’humanité, elle pollue, massacre et détruit.
    Si nous étions sages, nous arrêterions de nous reproduire.
    Mais si nous étions sages, nous n’en serions pas là non plus…
    Etc.