La baisse des coûts des énergies renouvelables offre l’opportunité de stimuler l’action en faveur du climat dans les plans de relance économique post-COVID-19

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Centrale solaire NOOR III, technologie thermo-solaire, près de Ouarzazate, Province de Ouarzazate, Région du Drâa-Tafilalet, Maroc (31° 3'33.40" N - 6°52'14.84" O) © Yann Arthus-Bertrand

Alors que le COVID-19 frappe l’industrie des combustibles fossiles, un nouveau rapport montre que les énergies renouvelables sont plus rentables que jamais – offrant une opportunité de prioriser l’énergie propre dans les plans de relance économique et de se rapprocher des objectifs de l’Accord de Paris.

Le rapport « sur la situation mondiale des énergies renouvelables 2020 » – publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le Centre de collaboration Frankfurt School-UNEP et BloombergNEF (BNEF) – analyse les tendances d’investissement de 2019 et les engagements en matière d’énergie propre pris par les pays et les entreprises pour la prochaine décennie.

  • La capacité installée en énergies renouvelables a augmenté de 184 gigawatts (GW) en 2019, un bond de 20 GW par rapport aux 164 GW ajoutés en 2018 (1 GW est équivalent à la puissance générée par 110 million de diodes électroluminescentes).
  • Cette nouvelle capacité a été installée avec un niveau investissement à 282,2 milliards USD presque équivalent à celui de 2018 – ce qui illustre la baisse des coûts
  • 826 GW de nouvelles énergies renouvelables non hydroélectriques annoncés d’ici 2030, pour un coût d’environ 1 milliard de US dollars. C’est moins que les 1 200 GW ajoutés au cours de la dernière décennie et loin de ce qui est nécessaire pour mettre en œuvre l’Accord de Paris

Le rapport évalue à 826 GW les engagements pris en matière de nouvelles capacités d’énergie renouvelable non hydroélectrique, pour un coût avoisinant les 1 000 milliard de US dollars, d’ici 2030 (1 GW est équivalent à la puissance électrique moyenne d’un réacteur d’une centrale nucléaire moderne). Pour limiter le réchauffement climatique planétaire à moins de 2 degrés Celsius – l’objectif principal de l’Accord de Paris – il faudrait ajouter environ 3 000 GW d’ici 2030, le montant exact est fonction du mix technologique choisi. Les prévisions sont bien en deçà des 2 700 milliards de US dollars investis dans les énergies renouvelables au cours de la dernière décennie.

Le rapport cependant montre que le coût d’installation des énergies renouvelables a atteint de nouveaux plus bas, ce qui signifie que les futurs investissements à montant égal financeront beaucoup plus de capacité. La capacité installée en énergies renouvelables, si on exclut les grands barrages hydroélectriques de plus de 50 MW, a augmenté de 184 GW en 2019. Ce record en matière d’ajout annuel de capacité a été supérieur de 20 GW à celui de 2018, soit 12%, de plus. L’investissement en dollars réalisé en 2019 (à 282,2 milliards de US dollars) n’était lui que de 1% supérieur à celui de l’année précédente.

Le coût de l’électricité continue de baisser pour l’éolien et le solaire, grâce aux améliorations technologiques, aux économies d’échelle et à une concurrence féroce lors des mises aux enchères. Les coûts de l’électricité issue des nouvelles fermes solaires photovoltaïques au deuxième semestre 2019 étaient inférieurs de 83% à ceux dix ans auparavant.

« De plus en plus de voix s’élèvent pour appeler les gouvernements à utiliser leurs plans de relance COVID-19 pour créer des économies durables », a déclaré Inger Andersen, Directrice Exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement. « Ce rapport démontre que les énergies renouvelables sont l’un des investissements les plus intelligents et les plus rentables que les états peuvent faire dans le cadre de ces plans. »

« Si les gouvernements profitent de la baisse continue des prix des énergies renouvelables pour placer l’énergie propre au cœur de la relance économique post-COVID-19, ils peuvent faire un grand pas vers un monde naturel en bonne santé, qui est notre meilleure assurance contre les pandémies mondiales, » a ajouté Inger Andersen.

Les énergies renouvelables ont attaqué l’hégémonie des combustibles fossiles dans la production d’électricité au cours de la dernière décennie. Près de 78 pour cent de la capacité de production ajoutée en GW dans le monde en 2019 l’ont été dans l’éolien, le solaire, la biomasse et les déchets, la géothermie et l’hydraulique. L’investissement dans les énergies renouvelables, à l’exclusion des grandes centrales hydroélectriques, a été trois fois supérieur à celui réalisé pour de nouvelles centrales à combustibles fossiles.

« Les énergies renouvelables telles que l’énergie éolienne et solaire représentent déjà près de 80% de la nouvelle capacité de production d’électricité », a déclaré Svenja Schulze, ministre allemande de l’Environnement, de la Conservation de la Nature et de la Sécurité nucléaire. « Les investisseurs et les marchés sont convaincus de leur fiabilité et de leur compétitivité. »

« La promotion des énergies renouvelables peut être un puissant moteur pour la reprise de l’économie après la crise du coronavirus, elle peut créer des emplois nouveaux et pérennes », a-t-elle ajouté. « En même temps, les énergies renouvelables améliorent la qualité de l’air, protégeant ainsi la santé publique. En promouvant les énergies renouvelables dans le cadre des plans de relance économique post-Coronavirus, nous avons la possibilité d’investir pour la prospérité future, la santé et la protection du climat. »

2019 a été l’année de nombreux autres records. Le rapport relève :

  • Le plus fort ajout annuel de capacité en énergie solaire à 118 GW.
  • L’investissement annuel le plus élevé dans l’éolien offshore à 29,9 milliards de US dollars, une hausse de 19% sur un an.
  • Le plus gros financement jamais réalisé pour un projet solaire, à 4,3 milliards de US dollars pour le projet Al Maktoum IV aux Emirats Arabes Unis.
  • Le plus grand volume d’accords d’achat d’énergie renouvelable signés par les entreprises dans le monde, avec 19,5 GW.
  • La plus grande capacité attribuée par les gouvernements dans leurs enchères d’énergies renouvelables dans le monde, avec 78,5 GW.
  • L’investissement dans les énergies renouvelables le plus élevé jamais enregistré dans les pays en développement à l’exclusion de la Chine et de l’Inde, à 59,5 milliards de US dollars.
  • Un investissement qui se diffuse, avec un nombre record de 21 pays et territoires investissant dans les énergies renouvelables plus de 2 milliards de US dollars.

Nils Stieglitz, Président de la Frankfurt School of Finance & Management, a déclaré : « Nous voyons que la transition énergétique est en plein essor, avec la plus grande capacité d’en énergies renouvelables jamais financée. En parallèle, le secteur des combustibles fossiles a été durement touché par la crise du COVID-19 – avec une demande d’électricité produite par le charbon et le gaz en baisse dans de nombreux pays et une chute des prix du pétrole.

« La crise climatique et la crise du COVID-19 – en dépit de leurs natures différentes – sont toutes deux des perturbations qui exigent l’attention des décideurs politiques et des entrepreneurs. Toutes deux démontrent la nécessité d’augmenter notre ambition en matière de climat et de déplacer l’offre énergétique mondiale vers les énergies renouvelables. »

L’investissement de 2019 a porté la part des énergies renouvelables, à l’exclusion des grandes centrales hydro électriques, dans la production électrique mondiale à 13,4%, contre 12,4% en 2018 et 5,9% en 2009. En 2019, les énergies renouvelables ont ainsi empêché l’émission d’environ 2,1 gigatonnes de dioxyde de carbone, une économie substantielle compte tenu des émissions mondiales du secteur de l’électricité d’environ 13,5 gigatonnes en 2019.

« L’énergie propre se situe à la croisée des chemins en 2020 », a déclaré Jon Moore, Directeur Général de BloombergNEF. « La dernière décennie a produit d’énormes progrès, mais les engagements officiels pour 2030 sont bien en deçà de ce qui est nécessaire pour lutter contre les changements climatiques. Lorsque la crise actuelle s’atténuera, les gouvernements devront renforcer leurs ambitions non seulement en matière d’énergies renouvelables, mais aussi sur la décarbonisation des transports, des bâtiments et de l’industrie. »

La baisse des coûts des énergies renouvelables offre l’opportunité de stimuler l’action en faveur du climat dans les plans de relance économique post-COVID-19
par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, le Centre de collaboration Frankfurt School-UNEP et BlommbergNEF

3 commentaires

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    • Balendard

    L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde.
    Nelson Mandela

    • Jean-Pierre Bardinet

    J’aimerais que l’on m’explique par quel miracle, malgré cette baisse des coûts, le prix du kWh ne cesse d’augmenter en fonction de développement de l’éolien et du solaire. Les prix du kWh sont les plus élevés d’Europe (30 c€) en Allemagne et au Danemark, pays qui ont le plus développé les EnR intermittentes. Les prix les plus bas du kWh sont ceux du nucléaire amorti, de l’hydroélectricité, et du charbon.
    Les prix les plus élevés sont ceux de l’éolien en mer (près de 200 €/MWh). Et il ne faut pas oublier les coûts annexes pour gérer l’intermittence (smart grid, lignes HT renforcées, centrales thermiques à flamme).

    • Jean-Pierre Bardinet

    J’aimerais que l’on m’explique par quel miracle, malgré cette baisse des coûts, le prix du kWh ne cesse d’augmenter en fonction de développement de l’éolien et du solaire. Les prix du kWh sont les plus élevés d’Europe (30 c€) en Allemagne et au Danemark, pays qui ont le plus développé les EnR intermittentes. Les prix les plus bas du kWh sont ceux du nucléaire amorti, de l’hydroélectricité, et du charbon.
    Les prix les plus élevés sont ceux de l’éolien en mer (près de 200 €/MWh). Et il ne faut pas oublier les coûts annexes pour gérer l’intermittence (smart grid, lignes HT renforcées, centrales thermiques à flamme).
    B) La densité énergétique des EnR est faible, donc les EnR consomment beaucoup d’espace et également énormément de matières premières (cuivre, aluminium, acier, terres rares (néodyme), béton, …). Les terres rares sont produites en Chine, dans d’épouvantables conditions environnementales, ce que les promoteurs rapaces des EnR se gardent bien de révéler. Si l’on veut remplacer les centrales pilotables par des EnR intermittentes et fatales, aux faibles facteurs de charge (14% pour le solaire et 20% pour l’éolien), il faudrait plus de ressources de ce que la Terre peut fournir et les surfaces utilisées réduiraient drastiquement les surfaces des cultures et des forêts. Ces EnR intermittentes n’ont donc rien de renouvelable, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire.

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