Le gaspillage de la nourriture rapporte trop à l’agro-alimentaire et à la grande distribution

Le 14 avril, le député PS Guillaume Garot a présenté un rapport sur le gaspillage alimentaire en France aux ministres de l’Ecologie et de l’Agricultrice. Dans ce document, il préconise des mesures concrètes pour lutter contre le gaspillage alimentaire. En France, 7 millions de tonnes d’aliments sont gâchées chaque année.

Elles ciblent en particulier la distribution. La première mesure serait d’interdire de jeter les aliments. La seconde serait de rendre obligatoire le don des invendus alimentaires. Le député propose aussi d’interdire aux commerçants de dégrader les aliments destinés à être jeté. Le député suggère aussi de généraliser le doggy bag au restaurant, c’est-à-dire pouvoir emporter les restes de son repas et de clarifier les dates de consommation.

Suite à la parution de ce rapport, nous publions ci-dessous la réaction de la FNE à l’annonce de ces mesures.

Hier, Guillaume Garot présentait son rapport « Lutte contre le gaspillage alimentaire : propositions pour une politique publique » aux ministres de l’Environnement et de l’Agriculture. Réaction de FNE.

On progresse sur le don, pas sur la réduction

Guillaume Garot a annoncé sa mesure phare : obliger les grandes surfaces à ne pas refuser les demandes d’associations d’aide alimentaire en ce qui concerne le don de leurs invendus alimentaires. Si France Nature Environnement estime qu’il est scandaleux de jeter les invendus alimentaires et qu’il est nécessaire de mieux les distribuer, la fédération souhaite également que la politique de lutte contre le gaspillage alimentaire aille au-delà et s’intéresse aux manières de réduire les quantités d’invendus de la fourche à la fourchette c’est-à-dire en traitant les causes du gaspillage et pas uniquement ses effets.Les mesures qu’il faut retenir

Le rapport préconise d’optimiser l’utilisation des dates de péremption, d’organiser des assises territoriales pour décliner la politique nationale au niveau local ou encore de mesurer le gaspillage alimentaire. Il recommande également d’intégrer la lutte contre le gaspillage alimentaire dans le cadre des négociations de la COP 21. Autant de propositions qui, selon FNE, vont dans le bon sens mais ne remettent pas en cause les modèles gaspilleurs.

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Comment réduire de 50% le gaspillage sans état des lieux initial fiable ?

Bien que monsieur Garot estime qu’il est nécessaire de mesurer le gaspillage alimentaire, FNE regrette que le rapport ne précise pas que cette mesure doit s’effectuer par filière et par produit afin de définir un état des lieux ainsi que les actions qui devront être mises en œuvre. Qui gaspille quoi ? Que gaspille-t-on le plus ? Cette mesure ne doit pas uniquement reposer sur les chiffres que les acteurs économiques auront bien voulu communiquer au gouvernement, comme le préconise le rapport. Il faut que ces indicateurs du gaspillage ainsi que ceux permettant de suivre les progrès réalisés soient fixés pour chaque secteur d’activité et de manière collégiale.

Benoit Hartmann, porte-parole : « Dans l’introduction de son rapport, monsieur Garot préconise l’avènement d’une société plus responsable, agissant contre les dérives de la société de surconsommation, produisant et consommant autrement. Mise en avant en introduction de son rapport, cette ligne d’horizon ambitieuse n’a pas été déclinée en proposition. Malheureusement, les principales dispositions ciblent une meilleure gestion du gaspillage et éludent la question de la réduction.»

Consultez notre dossier sur le gaspillage alimentaire

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2 commentaires

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    • c

    Ce serait une très bonne chose que de réduire le gaspillage en donnant aux associations d’aide alimentaire , par contre je suis bénévole d’une de ces associations et je regrette que beaucoup de légumes donnés par les grandes et moyennes surfaces soient données dans un état catastrophique à la limite du pourrissement , il ne faut tout de même pas prendre les gens pour des cochons , que ce soit un peu défraîchi soit , mais pourri ce n’est pas acceptable

  • A qui la cause du gaspillage si ce n’est la monoculture intensive et industrielle, les intermédiaires comme les coopératives d’agriculteurs et les importateurs-exportateurs, les transports et les transformations des aliments, la grande distribution, la PAC, les syndicats agricoles ( sauf la confédération paysanne), le marché et la finance !!!

    Il est temps de prendre nos droits à la terre près de chez nous, pour produire nous même et par des paysans, nos besoins essentiels !!!

Un rapport de l'ONU demande la réaffectation de 470 milliards de dollars de subventions agricoles qui nuisent aux prix des denrées et nous éloignent des objectifs environnementaux et sociaux

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