Pesticides : Pas deux fois la même erreur…

Concernant sa proposition d’interdire plusieurs pesticides mortels pour les abeilles, la Commission européenne a annoncé mardi un nouveau vote des Etats au printemps. FNE espère que les Etats profiteront de ce vote pour faire preuve de courage politique.

Le vendredi 15 mars, les Etats membres de l’Union européenne n’ont pas suivi la proposition de la Commission européenne de suspendre l’utilisation de trois pesticides néonicotinoïdes malgré l’insuffisance flagrante d’évaluation des risques soulignée récemment par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). FNE déplore ce manque de volonté politique face aux effets néfastes des pesticides.

Une absence de décision scandaleuse

Pour Claudine Joly, en charge du dossier des pesticides à FNE : « L’ indécision de certains Etats membres démontre une nouvelle fois la puissance des lobbies et des raisonnements à court terme. Sous le faux prétexte de l’incertitude scientifique, on maintient les autorisations d’insecticides de synthèse reconnus très dangereux pour les abeilles. Dans le même temps, l’homologation du sucre ou d’autres produits naturels n’aboutit pas au prétexte que les risques ne sont pas cernés… »

Il n’y a pas que les abeilles qui souffrent des pesticides !

L’urgence à agir pour limiter l’utilisation systématique des pesticides n’est pas criante seulement pour les abeilles. Ainsi, une étude récente1alerte à propos de l’effet des pesticides sur la mortalité des amphibiens, qui subissent au niveau mondial un déclin rapide.

Le ministre de l’Agriculture soulignait récemment qu’il existe un consensus sur les relations entre l’utilisation de certains pesticides et des problèmes de santé majeurs. La sous-évaluation des risques et de la responsabilité des pesticides dans l’apparition de maladies graves est mise en évidence dans de nombreuses études : rapport de la mission commune d’information du Sénat sur les pesticides, (octobre 2012), études de biosurveillance de l’INVS… Certains pesticides sont également responsables de perturbations endocriniennes, sur lesquelles un groupe de travail national devrait élaborer une stratégie nationale d’ici juin 2013.

La semaine pour les alternatives aux pesticides, qui débute le 20 mars, doit être l’occasion de rappeler à l’opinion publique l’ampleur des risques liés aux pesticides. Jean-Claude Bévillard, vice-président de FNE en charge des questions agricoles : « Nous attendons de la France qu’elle adopte une position forte sur le sujet des pesticides, non seulement pour soutenir la suspension des néonicotinoïdes au niveau européen, mais plus largement pour accélérer significativement la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires. »

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    • Alain SPADA

    PESTICIDES: pas deux fois la même chose
    Pour le sang contaminé, l’amiante, le médiator, et tant d’autres crimes…les politiciens (pires que les politiques) savaient. Pour les pesticides…ils savent et nous nous savons qu’ils sont des assassins en puissance; et pourtant ils le font quand même. Alors méditons et appliquons cette réflexions d’un grand homme de …1965! «On arrête les « gangsters », on tire sur les auteurs des « hold-up », on guillotine les assassins, on fusille les despotes – ou prétendus tels – mais qui mettra en prison les empoisonneurs publics instillant chaque jour les produits que la chimie de synthèse livre à leurs profits et à leurs imprudences?» Roger Heim en 1965. Président de l’Académie Nationale des Sciences

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