Climat: Nicolas Hulot appelle à en « en finir avec les beaux discours »

Nicolas Hulot
Nicolas Hulot le 6 octobre 2015 à Paris
© AFP KENZO TRIBOUILLARD

Paris (AFP) – Nicolas Hulot a appelé mercredi les chefs d’Etats à en finir « avec les beaux discours » sur le climat et les citoyens à se mobiliser à l’approche de la conférence mondiale de Paris pour laquelle « rien n’est joué ».

L’envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète veut reprendre la parole « en tant que citoyen », explique-t-il a l’AFP lors d’un entretien à bord d’une péniche amarrée sur la Seine à Paris.

Il publie « Osons, plaidoyer d’un homme libre » (Les liens qui libèrent), au ton très anti-libéral, et lance une pétition (« Chefs d’Etat, osez! ») pour pousser les leaders politiques à être « à la hauteur de leur responsabilité historique ».

« Osez reconnaître que la lutte pour le climat conditionne l’avenir de notre monde » et « osez admettre que les engagements actuels ne sont pas suffisants pour limiter le réchauffement à 2°C », écrit le président de la Fondation Hulot dans cette pétition.

Près de 150 des 195 pays membres de la Convention climat de l’Onu ont annoncé leurs objectifs pour lutter contre le dérèglement climatique. Théoriquement, la somme de ces engagements permettrait de ralentir la trajectoire sur laquelle la planète se trouve mais pas de contenir le réchauffement en deçà de 2°C, comme le préconisent les scientifiques.

© AFP
Nicolas Hulot (2ème G) au milieu de responsables politiques lors d’une réunion préparatoire à la COP21 le 10 septembre 2015 à l’Elysée à Paris
© POOL/AFP/Archives CHARLES PLATIAU

Il ne faut donc pas en rester là pour que la COP de Paris (30 novembre-11 décembre) soit une réussite, plaide Nicolas Hulot.

Le candidat malheureux à la primaire écologiste en 2012, qui vient de sillonner la planète pendant trois ans pour rencontrer et convaincre chefs d’Etats, acteurs économiques et leaders religieux, se dit à la fois « soucieux » et « plein d’espoir ».

« J’ai fait des dizaines de voyages, rencontré des milliers de personnes, et « sur la base de cette expérience, je pense que rien n’est joué », confie-t-il. « Nous sommes à un point de bascule, qui peut aussi pencher vers une forme de résignation, d’ambition a minima », estime l’ex-présentateur vedette d’Ushuaïa.

« Attention aux seuls engagements à long terme qui peuvent être sincères mais qui échoueront si on ne se dote pas des outils nécessaires pour rendre une économie bas carbone rentable et honorer nos promesses aux pays du Sud », prévient Nicolas Hulot. Concrètement: supprimer les subventions aux énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) et instaurer progressivement une taxe carbone dans le monde entier.

Il espère aussi que la taxe sur les transactions financières qu’il a âprement défendue auprès de Françoise Hollande verra enfin le jour et permettra de financer une partie de l’aide promise aux pays en voie de développement.

Nicolas Hulot estime « avoir joué un rôle dans les mobilisations des différentes confessions » religieuses, qui s’expriment désormais au plus haut niveau sur les liens entre enjeux climatiques, pauvreté et justice sociale.

Avec la pétition et son nouveau livre, Nicolas Hulot (60 ans), veut tendre la main aux citoyens. Dans ses écrits, il attaque de front « la violence capitaliste », « la finance qui ignore l’intérêt général » et « les abus des multinationales ».

Après avoir cité Nelson Mandela, un Indien Kogi d’Amazonie ou le dalaï-lama, il affirme que « nos crises n’en sont qu’une: une crise de l’excès », à laquelle il faut opposer « humilité et modération ».

Il enjoint les jeunes à « se méfier du consumérisme » et à se montrer solidaires.

A tous, l’écologiste donne rendez-vous le 29 novembre dans les rues de Paris pour manifester avec la société civile à la veille de la COP. Il y viendra « en famille ».

« Je sais que les gens ont des préoccupations plus concrètes mais les conditions d’existence de leurs enfants se jouent maintenant, leur présence est importante », plaide-t-il.

« Nous avons pu être à juste titre des millions dans la rue en début d’année lors des évènements tragiques de Charlie Hebdo, soyons aussi nombreux pour éviter les tragédies du 21e siècle ».

 

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5 commentaires

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    • Oskar Lafontaine

    Pour faire court, Nicolas Hulot, « ambassadeur climat », nous explique, après tous ses voyages à la rencontre des dirigeants du monde, que sur le point qui lui tient à coeur, celui du climat et donc de l’actuel dérèglement climatique, dont les actions humaines portent la lourde responsabilité, « le monde serait mal gouverné ».
    Grande découverte ! Ou si vous préférez, « rien de nouveau sous le soleil ».
    Rappelons lui que les romains de l’Antiquité avaient déjà coutume de dire : « Parvus sapienta regitur mundus ». En français : « C’est une petite sagesse qui dirige le monde », et enfin, traduit en langage « café du commerce »:  » On est gouvernés par des c.. »
    Ainsi que j’ai déjà été amené à l’écrire ici, ce ne sont pas, par des décisions politiques, même, sinon surtout, prises à l’occasion de « conférences internationales » ou encore en comités beaucoup plus restreints et opaques, que les choses évoluent en pratique, mais bien toujours par les réalités économiques, et les décisions individuelles qui en découlent, prises par une multitude d’acteurs économiques à la base.
    Quand la voiture électrique sur accumulateurs sera disponible pour moins cher que celle à pétrole, alors monsieur Tout le Monde, l’adoptera et moins de CO² sera rejeté, surtout si, ce qui est très probable, elle est rechargée au solaire.
    Et la constatation vaut dans tous les domaines. Si Uber offre un service de transport moins cher que le traditionnel taxi, c’est Uber qui triomphera. Les « low cost » du transport aérien s’emparent du marché au détriment des compagnies traditionnelles qui ne peuvent plus que péricliter.
    Un équilibre, qui tient lieu de solution, finit toujours par s’établir sur quelque problème que ce soit, et la formule du « petit père Combes » le résumait ainsi : « Il n’est pas de problème, qu’une absence de solution ne finisse par régler ».

    • Paul Sven

    Si Nicolas Hulot n’a à proposer que des manifestations dans les rues de Paris, c’est mal parti !
    Ce n’est pas dans les rues que le citoyen doit manifester, mais avec son portefeuille.
    Acheter en toute conscience des conséquences de chaque transaction, voilà ce qui peut changer les choses — et tordre le bras à la « Finance » et aux « multinationales » (toujours empêtré dans un vocabulaire soixante-huitard un peu suranné, le Nicolas)
    C’est l’éducation qui est à faire (quand bien même Nicolas Hulot trouvera plus « romantique » de jouer les gavroches climatiques avant de retrouver la béatitude de Saint-Lunaire).
    Et puis il fait long feu son refrain sur les deux ou trois degrés de plus à la fin du siècle ; le drame en marche, c’est le ph des océans. C’est cela qui ravagera le monde bien avant le « réchauffement » ; à croire que tous les guignols se donnent tous le mot pour dissimuler les véritables enjeux et laisser le champ libre à l’ignorance (véritable cause des maux actuels).

    • Jib

    Laurent, arrêtez votre « hoax » à 2 balles. Il date et fut déjà démonté à maintes reprises.
    Je sais que pour les 5% de sceptiques (à tout), il faut bien se raccrocher à quelque chose, mais en l’occurrence ce n’est ni le bon site, ni le bon exemple.

    • Pierre RENAULT

    Bonjour,

    Pour la taxe sur les transactions financières, ceux qui en décident sont aussi ceux qui en profitent. Il y a pléthore d’exemple dans ce sens. Peut-être faut-il s’attaquer en premier lieu à ces mécanismes.

    Le plus affligeant c’est surtout qu’aucun responsable politique ne parle de surpopulation planétaire. Seules la chine et l’inde ont avancé dans ce sens. Monsieur Hulot, nos espoir reposent sur vous. Pourquoi n’en parlez vous pas ?
    Pourquoi ne proposez vous pas de solutions, pas même des mesures dans ce sens.
    Est-ce si impopulaire de dire la vérité sur la prolifération humaine ?
    Depuis 70 ans des mesures populistes incite à la procréation, itou pour les paroisses qui ont besoin de paroissiens, pour les états qui ont besoin de chair à cannon et de contribuables.
    Le profit et la cupidité administre notre monde, monsieur Hulot
    Ne pourrait-on pas commencer par revoir le système électoral et remettre les religions à leurs place ?
    Je vous serais reconnaissant de me répondre.
    Pierre

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