Les ravages des néonicotinoïdes sur la vie aquatique

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Une étude scientifique japonaise met en cause les néonicotinoïdes dans la disparition de la vie aquatique d’un lac.
Photo : Le lac Kawaguchiko près du Mont Fuji au Japon. © FRANCK FIFE / AFP

Au Japon, l’usage des néonicotinoïdes dans des champs proches d’un lac a eu pour conséquence l’effondrement de la biodiversité aquatique et de deux pêcheries locales d’éperlans. En effet, selon une étude scientifique publiée dans la revue Science début novembre 2019, en 1993, soit une année après les premiers épandages de pesticides néonicotinoïdes dans les cultures autour du lac Shinji dans la préfecture de Shimane, 83 % du zooplancton du lac avait disparu. Cette diminution du zooplancton s’est ensuite répercutée sur la chaine alimentaire. Ainsi, cette même année, les prises d’éperlans ont été divisées par 10. Elles ont été de 22 tonnes tandis qu’auparavant elles atteignaient en moyenne 240 tonnes dans le lac Shinji.

Des néonicotinoïdes vraisemblablement à l’origine d’un « printemps silencieux » pour la vie aquatique

Les pesticides néonicotinoïdes agissent sur le système nerveux des insectes et sont directement mis en cause dans la disparition des pollinisateurs, dont les abeilles et de certains vertébrés. L’étude, dont Le tire de se révèle très parlant  Neonicotinoids disrupt aquatic food webs and decrease fishery yields (les néonicotinoïdes  perturbent la chaine alimentaire quantique et diminuent les rendements des pêcheries), au Japon met en lumière leur rôle dans l’effondrement d’un écosystème d’eau douce. Les auteurs de l’étude sentiment « des dynamiques similaires peuvent être largement répandues » provoquant un l’effondrement d’un milieu aquatique par l’action indirecte des pesticides. Les chercheurs ont pu utiliser 20 années de données sur la qualité des eaux. Ils ont écarté d’autres facteurs éventuels de perturbation de l’écosystème comme des variations dans les taux d’oxygène ou les concentrations de sel dans l’eau du lac Shinji, écrit le site Phys.org. « Les scientifiques rapportent qu’ils n’ont pas été en mesure de trouver des preuves montrant que quelque chose d’autre que les pesticides ait tué la nourriture des poissons. Ce qui a entrainé leur mort par famine. Ils en concluent donc que l’introduction des pesticides néonicotinoïdes dans le lac a conduit à leur mort ».

POUR ALLER PLUS LOIN
Lire notre entretien avec Jean-Marc Bonmatin, chargé de recherche au CNRS d’Orléans, qui travaille sur l’action des neurotoxiques chez les abeilles : « l’immense majorité des pesticides ne servent pas à grand-chose »

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