Une pétition pour retirer le renard de la liste des nuisibles

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Un renard dans la Vallée de la Millière © Anis Leone & Vallée de la Millière

Depuis novembre 2025, un collectif d’associations pour la protection des animaux propose une pétition sur le site de l’Assemblée Nationale afin de demander que les renards ne soient plus classés comme « espèce nuisible ». L’initiative, qui au moment de l’écriture de ces lignes a déjà réaccueillis plus de 26 500 signatures, relance le débat sur la chasse aux renards roux. L’espèce est inscrite sur la liste, des « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD). Cette nouvelle appellation correspond à ce qui s’appelait auparavant les « espèces nuisibles ». Cette catégorie réglementaire regroupe les animaux qui peuvent causer des dégâts aux cultures et aux petits élevages. Les départements peuvent décider, pour la plupart de ces espèces, d’ouvrir la chasse tout au long de l’année.

La liste, actualisée la dernière fois en 2023 par le ministère de la transition écologique, doit être renouvelée à l’été 2026. Les 7 associations signataires de la pétition Déclassons la cruauté – Stoppons le massacre injustifié des renards ont donc relancé les appels à signer leur pétition pour réclamer la fin de « l’abattage massif » des renards. Chaque année, en France, la chasse tue plus de 500 000 renards.

Le renard, un nuisible vraiment ?

« Le renard est victime d’une persécution sans relâche en France, par la chasse à tir, le déterrage [pratique qui consiste à forcer le renard en dehors de son terrier,], le piégeage, les battues administratives… », explique Richard Holding, porte-parole de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). Le représentant de l’association, dont le logo représente un renard, poursuit : « sur une très grosse majorité du territoire [88 départements], on peut légalement le tuer 12 mois sur 12. »

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En plus du renard roux, le registre comprend la fouine, la belette et la marte des pins, ainsi que de nombreux oiseaux comme la corneille noire, le corbeau freux et la pie bavarde. La liste est très critiquée par de nombreuses associations de défense de la faune sauvage, qui rappellent l’importance du maintien de la biodiversité.

Les associations signataires signalent dans la pétition que le renard, se nourrissant de petits rongeurs, protège les cultures et régule leur population. Le renard prévient aussi la propagation de maladies en nettoyant les carcasses qu’il rencontre. De plus, le renard contribue à la biodiversité végétale en dispersant les graines des fruits et des baies qu’il avale.

Questionner la pertinence de la chasse

Et alors, pourquoi chasser le renard ? Richard Holding précise que : « en fait, ce sont surtout les chasseurs qui maintiennent la pression sur l’Etat pour obtenir le classement ESOD du renard, car ils l’accusent de voler leur petit gibier : lapins, perdrix, faisans… Or, non seulement, ce « gibier » est souvent issu d’élevages, pour le loisir de la chasse, mais il n’existe souvent pas de preuves sérieuses permettant de confirmer leurs allégations. Par ailleurs, est-il moralement acceptable de tuer des animaux, juste parce qu’ils nous empêchent de pratiquer notre loisir, c’est à dire tuer des animaux ? »

L’association espère voir le renard retiré de la liste ESOD. Mais Richard Holding explique que si la pétition était adoptée, le renard resterait chassable pendant les périodes de chasse. Enfin, il ajoute que « à l’ASPAS, nous sommes contre toute chasse des renards, mais nous savons que c’est utopique d’obtenir sa protection du jour au lendemain. On commence donc par demander son retrait des [espèces] ESOD. »

Sofia Dal Bianco

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