Et si la réduction de l’usage de pesticides passait par un système d’assurance verte?

viticulture pesticide
Plants de vignes
©Bertrand Nicolas -INRAE

Une nouvelle forme d’assurance, appelée « assurance verte », a permis à plusieurs viticulteurs de Nouvelle-Aquitaine de réduire leur utilisation de pesticides de 30 à 50 % en 4 ans. Cette « assurance verte » se base sur les prévisions des Outils d’Aide à la Décision Agricole (OAD) et un système d’indemnisation en cas de pertes provoquées par les ravageurs et maladies.

Les OAD combinent différentes données des cultures pour aider les agriculteurs à prévoir les effets de nouvelles stratégies de production – par exemple la réduction de l’utilisation de produits phytosanitaires. Si les prévisions des OAD sont incorrectes, l’agriculteur a droit à une indemnisation. Comme l’écrit l’INRAE (Institut National de Recherche pour l’Agriculture, l’Alimentation et l’Environnement), à la tête du projet, « [en France] les pertes liées aux maladies ou ravageurs ne sont pas assurées. Alors que la réduction de l’usage des pesticides est un enjeu majeur en agriculture et une attente forte de la société, l’expérimentation de nouvelles pratiques ou de nouveaux outils innovants par les agriculteurs les expose à un risque important de perte de production et de perte économique. »

[À lire aussi : Interview avec l’économiste Régis Marodon : « l’économie offre des clés de lecture pour optimiser le système sans détruire la nature » ]

La stratégie a été mise au point par l’Université de Bordeaux et INRAE en collaboration avec des coopératives de viticulteurs et la compagnie d’assurance Groupama, et financée par la région Nouvelle-Aquitaine.

L’INRAE affirme que les pertes de parcelles pour maladies ont été modiques, et surtout l’OAD a pu affiner ses prévisions. Une enquête menée sur le territoire français a montré qu’entre 48 et 60 % des agriculteurs questionnés se disent prêts à souscrire à cette forme d’assurance. Selon l’INRAE, l’assurance verte pourrait être un « un facilitateur important » pour une transition vers une agriculture avec moins de pesticides : « Ces résultats démontrent que ce type d’assurance serait un levier majeur pour inciter les agriculteurs à expérimenter de nouvelles innovations et pratiques pour réduire l’usage des pesticides. »

Sofia Dal Bianco

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Pour aller plus loin :

Une assurance verte pour aider les agriculteurs à réduire l’usage des pesticides | INRAE

L’étude des chercheurs de l’INRAE  (Aubert C., Raineau Y. et Raynal M. (2025) (Learning about best management practices: Theory and experimentation under the umbrella of crop insurance Purchased European Review of Agricultural Economics, jbaf065.)

 

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