Le glaciologue Claude Lorius, pionnier de la climatologie, est mort mardi à l’âge de 91 ans

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Le glaciologue français Claude Lorius, le 23 mai 2015 à Cannes © AFP/Archives BERTRAND LANGLOIS

Paris (AFP) – Le glaciologue français Claude Lorius, l’un des premiers à avoir établi le rôle du dioxyde de carbone (CO2) dans le réchauffement climatique, est mort mardi à l’âge de 91 ans, a appris l’AFP jeudi auprès de son éditeur et d’un chercheur du CNRS de son entourage.

Ce pionnier des expéditions polaires, qui aura vécu six années en cumulé dans l’Antarctique depuis sa première mission en 1957, a contribué à fonder la climatologie, reconstituant le climat du passé grâce à l’étude des bulles d’air piégées dans les carottes de glace sur des millénaires.

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« Les éditions Arthaud, ont le regret d’annoncer le décès de leur auteur Claude Lorius », qui avait raconté sa vie de glaciologue dans ses « Mémoires sauvées des glaces ».

« Claude Lorius est mort mardi matin » en Bourgogne, a confirmé à l’AFP le paléoclimatologue du CNRS Jérôme Chappellaz, chercheur et ancien collaborateur de Claude Lorius, qui est proche de la famille.

« Claude était aussi de la trempe des aventuriers de l’exploration polaire », a salué l’explorateur Jean-Louis Etienne, dans une vidéo publiée sur Twitter.

Né à Besançon le 27 février 1932, Claude Lorius, à peine diplômé, était tombé sur une annonce: « Recherche étudiants pour participer à l’Année géophysique internationale », en Antarctique. Il restera un an, en 1957, dans des conditions extrêmes, à la base Charcot, sur ce continent blanc où il n’aura de cesse de vouloir revenir.

Devenu chercheur au CNRS en 1961, il est de retour en Terre Adélie en 1965. Là, il décide de s’intéresser aux bulles d’air de la glace, autant d’échantillons d’atmosphère pouvant renseigner sur les interactions avec le climat.

Dès les années 70, il commence à soupçonner le rôle des activités humaines dans le réchauffement planétaire.

En 1977-1978, après trois ans de repérage et dix de préparation, lui et son équipe entament un forage profond du Dôme C (sud-est de l’Antarctique). Ils creusent jusqu’à 900 m, prouesse permettant de retracer 40.000 ans d’histoire climatique.

En 1984 une mission sur la base russe de Vostok (1.500 km à l’intérieur de l’Antarctique) lui permet de remonter des glaces de 150.000 ans.

Pouvant ainsi reconstituer un cycle climatique complet, il constate que les courbes de températures suivent des rythmes réguliers, avant de s’emballer en même temps que celles du CO2 depuis le milieu du 19e siècle et la Révolution industrielle. Ces résultats seront publiés en 1987 dans la revue Nature.

Le chercheur, membre de l’Académie des sciences, s’emploiera ensuite à mobiliser pour la lutte contre le réchauffement mondial.

En 2002, il reçoit la médaille d’or du CNRS avec son confrère et ami Jean Jouzel.

Le réalisateur oscarisé Luc Jacquet lui a consacré un film, « La Glace et le ciel ».

© AFP

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