Des marqueurs clés du changement climatique ont battu de nouveaux records en 2021, selon l’ONU

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Des terres agricoles totalement desséchées dans le village de Jaliha, dans le centre de l'Irak le 26 avril 2022 © AFP/Archives Haidar INDHAR

Genève (AFP) – Quatre marqueurs clés du changement climatique ont battu de nouveaux records en 2021, a indiqué mercredi l’ONU, prévenant que le système énergétique mondial conduisait l’humanité à la catastrophe.

Les concentrations de gaz à effet de serre, l’élévation du niveau de la mer, la température et l’acidification des océans ont tous établi de nouveaux records l’année dernière, a déclaré l’Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son « Etat du climat mondial en 2021 ».

Ce rapport est « une litanie lamentable de l’échec de l’humanité à lutter contre le dérèglement climatique », a dénoncé le chef de l’ONU, Antonio Guterres.

« Le système énergétique mondial est brisé et nous rapproche de plus en plus de la catastrophe climatique », a mis en garde M. Guterres, exhortant à « mettre fin à la pollution par les combustibles fossiles et accélérer la transition vers les énergies renouvelables avant d’incinérer notre seule maison. »

L’OMM a déclaré que l’activité humaine provoquait des changements à l’échelle planétaire: sur terre, dans l’océan et dans l’atmosphère, avec des ramifications néfastes et durables pour les écosystèmes.

En conférence de presse, le chef de l’OMM, Petteri Taalas, a souligné que la guerre en Ukraine avait éclipsé le changement climatique, qui « reste le plus grand défi de l’humanité ».

Record de chaleur

Le rapport a confirmé que les sept dernières années étaient les sept années les plus chaudes jamais enregistrées.

Les phénomènes météorologiques liés à La Nina au début et à la fin de 2021 ont eu un effet refroidissant sur les températures mondiales l’année dernière.

Mais malgré cela, 2021 reste l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, avec une température mondiale moyenne d’environ 1,11 degrés Celsius au-dessus du niveau préindustriel.

L’Accord de Paris de 2015 sur le climat vise à limiter le réchauffement de la planète à +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle.

« Nous nous dirigeons maintenant vers un réchauffement de 2,5 à 3 degrés au lieu de 1,5 », a assuré M. Taalas.

« Notre climat change sous nos yeux », a-t-il relevé. « La chaleur piégée par les gaz à effet de serre d’origine humaine réchauffera la planète pendant de nombreuses générations à venir. L’élévation du niveau de la mer, la chaleur et l’acidification des océans se poursuivront pendant des centaines d’années à moins que des moyens d’éliminer le carbone de l’atmosphère ne soient inventés. »

Réchauffement

Les concentrations de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau sommet mondial en 2020, lorsque la concentration de dioxyde de carbone (CO2) a atteint 413,2 parties par million dans le monde, soit 149% du niveau préindustriel.

Ils ont continué d’augmenter en 2021 et au début de 2022. Et les confinements liés à la pandémie de Covid-19 n’ont eu aucun impact sur les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, selon M. Taalas.

Le niveau moyen mondial de la mer a atteint un nouveau record en 2021, après avoir augmenté en moyenne de 4,5 millimètres par an de 2013 à 2021.

Il avait affiché une hausse moyenne de 2,1 mm par an entre 1993 et 2002, l’augmentation entre les deux périodes étant « principalement due à la perte accélérée de masse de glace des calottes glaciaires », souligne le rapport.

La température de l’océan a aussi atteint un niveau record l’année dernière, dépassant la valeur de 2020.

On s’attend à ce que les 2.000 premiers mètres de profondeur de l’océan continuent de se réchauffer à l’avenir – « un changement irréversible sur des échelles de temps centenaires à millénaires », a déclaré l’OMM.

L’océan absorbe environ 23% des émissions annuelles de CO2 d’origine humaine dans l’atmosphère.

Bien que cela ralentisse l’augmentation des concentrations atmosphériques de CO2, ce dernier réagit avec l’eau de mer et conduit à l’acidification des océans.

Pendant ce temps, le rapport indique que le trou dans la couche d’ozone de l’Antarctique est « exceptionnellement profond et étendu » de 24,8 millions de kilomètres carrés en 2021, entraîné par un vortex polaire fort et stable.

António Guterres a proposé cinq actions pour relancer la transition vers les énergies renouvelables « avant qu’il ne soit trop tard »: mettre fin aux subventions aux combustibles fossiles, tripler les investissements dans les énergies renouvelables, supprimer les formalités administratives, sécuriser l’approvisionnement en matières premières pour les technologies d’énergies renouvelables et faire de ces technologies – telles que le stockage sur batterie – des biens publics mondiaux librement disponibles.

© AFP

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3 commentaires

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    • Guy J.J.P. Lafond

    La société civile mondiale devrait faire davantage confiance au secrétaire général de l’ONU, Monsieur António Guterres, car des chefs d’États très puissants économiquement déçoivent énormément. On ne peut plus rien attendre d’eux. Le Canada fait partie du lot des États voyous.
    Les cinq actions que propose M. Guterres peuvent faire une très grande différence pour sécuriser un développement durable et pour réparer des pots cassés.
    Ici au Canada, j’ai proposé un plan qui ne nécessite pas des sacrifices énormes de la part des consommateurs. Ce plan qui propose trois zones économiques autonomes pourrait révolutionner la manière dont nous prenons notre place sur Terre. En effet, nous ne pouvons plus nous comporter comme si nous avions quatre planètes à notre disposition et dans le but d’assurer une croissance à l’infini, une idée saugrenue de bien des économistes, hélas. Nous pouvons revenir sur Terre en prenant pour acquis que nous avons bel et bien une seule et fragile planète bleue. J’aimerais avoir une réaction européenne sur ce plan proposée ici:
    Tableau 1 (micro-économie):
    Dans tous les pays, voter sans plus tarder des lois urbaines pour éliminer les embouteillages monstres et donner la priorité aux véhicules qui déplacent en quantités importantes des vivres, des marchandises essentielles, des produits finis et des matériaux. Tout citadin devrait utiliser davantage le transport en commun, le vélo, l’auto-partage, et ses espadrilles de marche. Tout cela est bon pour la santé et diminue par conséquent les visites chez le médecin. Les villes doivent se développer aussi en donnant un nouvel élan aux espaces verts et aux jardins vivriers.
    Tableau 2 (macro-économie):
    Afin de mieux protéger la biodiversité sur Terre et la vie dans les océans, créer sans plus tarder trois zones de commerce international indépendantes:
    1. Les Amériques ; 2: L’Europe et l’Afrique ; 3: L’Eurasie-Moyen-Orient et l’Océanie.
    Le commerce dans ces trois zone se ferait essentiellement dans un axe Nord-Sud-Sud-Nord. Objectif: trouver, pour chacune d’entre elles, un nouveau modèle économique qui soit plus respectueux de la biodiversité, du Climat et des rythmes de renouvellement de nos ressources.
    Tableau 3 (immigration, démographie et agriculture):
    Les gens pourront continuer d’immigrer entre les trois zones mais devront bien respecter les lois du nouveau pays d’adoption et surtout les lois servant à assurer une vie paisible et prospère pour tous. Et pour freiner l’augmentation rapide de la population terrestre, qui se fait au détriment des autres espèces vivantes, ces nouvelles zones économiques s’entendraient pour adopter des lois plus contraignantes qui favorisent un meilleur contrôle de l’étendue spatiale de leurs populations. Rappelons qu’un étalement urbain excessif gruge sur les forêts et sur les terres agricoles.
    Tableau 4 (écologie et biodiversité versus ressources naturelles et énergétiques):
    Chaque zone devraient exploiter les ressources naturelles et énergétiques se trouvant uniquement sur son territoire et avec plus de retenue afin de mieux protéger la biodiversité et les milieux naturels. L’Arctique et l’Antarctique ne pourraient pas être exploités à des fins commerciales. Ces territoires situés aux pôles nord et sud devraient donc être protégées sévèrement et servir uniquement à l’usage de recherches scientifiques pour la protection de la vie sur Terre.
    Action!
    @GuyLafond
    Un bon papa qu’on a mis en prison au Canada
    P.S.:
    À tous les membres de la Société civile et civilisée vivant dans les grandes centres urbains de la Terre, nous pouvons faire une différence. Svp, à nos vélos et à nos espadrilles de marche! Car le temps file et car les enfants comptent.
    https://mobile.twitter.com/UNBiodiversity/status/1395129126814691329

    • Balendard

    Comme le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le lutin thermique que je suis s’inquiète de constater que l’humanité est incapable de lutter contre le dérèglement climatique. Pour tenter de passer le cap des trois ou quatre générations à venir, période qui pourrait bien être nécessaires pour mettre au point la fusion nucléaire, la vision qu’il a des actions à prendre pour solutionner ce problème est pour l’essentiel la même que celle de négaWatt et de celui
    qui a eu le courage d’aborder ces sujets trop souvent ignorés par les politiques: Yannick Jadot. Voir
    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/essentiel.pdf

    • Balendard

    Afin de limiter de faciliter le transport maritime par porte-conteneur je vous rejoins monsieur Lafond pour votre visio’n du découpage en trois zones mondiales. Ceci plutôt que le canal de Suez et ce qui se prépare au pôle Nord. Voir à ce sujet la page 35 de

    http://www.infoenergie.eu/riv+ener/6cartographie.pdf

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