Indonésie : des milliers d’habitants évacués après des inondations imputées à la déforestation

Une famille qui patauge à la sortie d'une zone résidentielle au nord d'Aceh en Indonésie, le 4 janvier 2022. © AFP AZWAR IPANK

Lhok Sukon (Indonésie) (AFP) – De fortes inondations sur l’île de Sumatra ont provoqué l’évacuation de quelque 24.000 Indonésiens et la mort de deux enfants, ont indiqué les autorités mardi, alors que les défenseurs de l’environnement pointent du doigt l’effet de la déforestation.

Des pluies torrentielles se sont déversées sur le nord de l’île indonésienne depuis le 31 décembre faisant déborder des cours d’eaux et portant le niveau de l’eau jusqu’à trois mètres dans des zones résidentielles, selon l’agence locale de gestion des catastrophes.

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« Nous subissons des inondations au moins 5 à 8 fois par an à Pirak Timur », indique Muzakkir, un habitant de 33 ans de cette localité de la province d’Aceh qui comme de nombreux Indonésiens ne porte qu’un nom. « Mais les inondations d’aujourd’hui sont parmi les pires », explique-t-il, interrogé par l’AFP.

« L’eau continue à monter dans ma maison, cela arrive jusqu’à la poitrine » et « la plupart des maisons dans la région sont inondées », indique Syarifuddin, un résident de Lhok Sukon dans la même province.

Les autorités de la province du Nord d’Aceh ont déclaré l’état d’urgence après cette catastrophe qui a détruit des bâtiments publics, des infrastructures et des zones agricoles.

Dans la province agricole de Jambi, au centre de Sumatra, 24.000 personnes ont été aussi affectées par des inondations qui n’ont pas fait de victime.

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Pour l’organisation environnementale Walhi, ces inondations sont étroitement liées à la déforestation de zones en amont pour des plantations d’huile de palme.

« Si on détruit l’environnement en amont mais que les autorités ne s’occupent que de l’aval, cela ne résout pas le problème » et les inondations continueront à se produire chaque année, note le directeur exécutif de Walhi à Aceh, Ahmad Shalihin.

Zulkifli, chef du village de Meunasah Jok au Nord d’Aceh renchérit.

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« Comme les forêts sont parties en haut, les zones plus basses subissent un impact plus important » en cas d’inondations, dit le responsable qui accuse aussi les coupes de bois illégales.

La Malaisie voisine peine aussi à se relever d’inondations exceptionnelles qui ont frappé le pays le mois dernier causant une cinquantaine de morts.

Quelque 13.000 personnes restent hébergées dans des refuges après des évacuations massives de quelque 70.000 personnes à la fin 2021 dans plusieurs États du pays d’Asie du Sud-Est, dont celui de Selangor qui entoure la capitale malaisienne Kuala Lumpur.

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Les glissements de terrains et les inondations sont fréquents en Indonésie comme en Malaisie pendant la saison des pluies.

Ces catastrophes sont souvent favorisées par la déforestation et le manque de prévention des risques, selon les défenseurs de l’environnement.

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En avril 2021, plus de 200 personnes ont trouvé la mort dans des groupes d’îles de l’est de l’archipel indonésien et au Timor oriental, qui ont été dévastés par le cyclone Seroja.

© AFP

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