Le Giec est-il devenu collapsologue ?


Fonte d'un glacier Arctique Norvège © Yann Arthus-Bertrand

Il fut un temps où « l’Obs » se demandait : « Faut-il croire à la collapsologie ? » La question de l’effondrement de notre civilisation opposait, schématiquement, les plutôt-ou-franchement-optimistes aux plutôt-ou-franchement-pessimistes. Et l’on qualifiait souvent les « collapso » de gens un peu trop alarmistes, voire de paranos, tendance survivaliste. Le dernier rapport du Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (Giec), rendu public mercredi, semble donner un gros coup de vieux à ces discussions.

Car si leur avant-dernière étude (datant de 2014) n’incitait pas à l’euphorie, celle-ci, ne lésinons pas sur les mots, est cataclysmique. « Le pire est à venir », dit le Giec, qui rappelle que quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, l’humanité va subir des changements lourds : pénurie d’eau, faim, catastrophes naturelles plus nombreuses, déplacements massifs des populations…

Les climatologues auraient-ils mué en collapsologues ? Pas à proprement parler, puisqu’ils ne parlent pas d’effondrement de notre civilisation. Mais ce qu’ils dépeignent – y compris si notre climat ne dépasse « que » les 1,5 °C – ressemble tout de même diablement à ce que certains effondristes prédisent de longue date : sécheresses, cyclones, maladies nouvelles, nombre accru de migrants… Notre société résistera-t-elle à ces phénomènes brutaux ? Il ne s’agit plus d’être optimiste ou de pessimiste, mais désormais de se demander comment elle le fera.

Le Giec est-il devenu collapsologue ?
Par Arnaud Gonzague
Billet publié initialement sur le site de l’ObsS’abonner à la newsletter ÉcoloObs de l’Obs – texte courtoise de l’auteur

Bruno Villalba, auteur des Collapsologues et leurs ennemis : « la collapsologie pose des questions intéressantes sur le rapport à la croissance, à l’innovation technique et à l’égalité sociale »

L’humanité à l’aube de retombées climatiques cataclysmiques, selon le prochain rapport du GIEC

5 commentaires

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    • ANNE-MARIE WISNIEWSKI

    Plus l’homme détériore son environnement plus il court à sa perte
    s’il n’a pas encore compris aujourd’hui l’urgence de la situation la planète se passera de lui !

    • Méryl Pinque

    Tout être humain normalement constitué a bien conscience de la tragédie environnementale totale à l’oeuvre. Il n’est point besoin d’être scientifique pour être lucide et convenir que la collapsologie est (hélas) dans le vrai.

    • Guy J.J.P. Lafond

    S’il vous plaît,
    Le mieux est d’éviter le collapsus et de garder notre calme, tous.
    Rappelons que les enfants se sentent en sécurité avec des parents en parfaite maîtrise d’eux-mêmes. Même devant une épreuve qui peut paraître insurmontable..
    Notre ennemi commun à tous, nous l’avons déjà identifié, c’est la bêtise.
    Et pour vaincre la bêtise, nous, bons citoyens, avons d’abord usé de notre intelligence dans le passé. Il en sera encore ainsi aujourd’hui.
    La démocratie doit dorénavant élire des chefs d’État qui sont prêts à changer la manière dont est conciliée l’économie. Et les candidats aux plus hautes fonctions d’un pays devraient au préalable être approuvées par le GIEC et par l’ONU.
    Voilà le début d’un plan commun que personne ne pourra contester.
    Nous devons tous nous regrouper derrière une première action claire qui lancera le début d’un grand projet et qui tracera la ligne entre une imagination biscornue et un esprit lucide et clairvoyant.

    T: @GuyLafond @FamilleLafond
    À nos vélos, à nos espadrilles de course, à nos équipements de plein air! Car le temps file et car les enfants comptent et savent compter de mieux en mieux.
    https://twitter.com/UNBiodiversity/status/1395129126814691329

    • michel CERF

    Le GIEC et l’ONU n’ont pas vocation à gouverner , qu’on le veuille ou non , les catastrophes liées au réchauffement climatique sont sous nos yeux , la biodiversité s’est désintégrée , effectivement notre ennemie c’est la bêtise qui est bien loin d’être vaincue

    • Valerie Issumo

    La technologie pour transformer les déchets biodégradables en bio-électricité, bio-engrais et eau potable existe. Pauvre ou riche, nous générons tous chaque jour ces matières premières pour une sécurité alimentaire, une conservation de la biodiversité et de l’environnement et pour réduire les couts et risques de production. Il ne manque pas de finance …mais de volonté.

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