Au Honduras, un projet pour protéger l’ara rouge, l’oiseau national

honduras tara rouge

"Lenca" et "Lempira", deux bébés perroquets Ara macao, dans leur nid, dans le cadre du projet de conservation de l'espèce lancé par l'ONG Pro-Alas et le Macaw Mountain Bird Park, dans le district de Copan Ruinas, le 8 juin 2021 au Honduras © AFP Orlando SIERRA

Copán Ruinas (Honduras) (AFP) – « Lenca » et « Lempira », deux bébés perroquets, battent des ailes, s’entraînant pour leur premier vol. Au Honduras, un projet de conservation d’aras rouges, l’oiseau national du pays, vise à récupérer les animaux issu du commerce illégal pour les réintégrer dans leur habitat naturel.

« Ces jeunes seront libérés le 28 juin », explique Karina Escalante, agronome à l’Institut de conservation des forêts (ICF), à propos des deux oisillons de l’espèce Ara macao, qui sont nés dans le cadre du projet à Gracias, à quelque 180 km au nord-ouest de Tegucigalpa.

« Ils sont bagués, cela nous permet d’identifier dans quel nid ils sont nés, en quelle année, et qui sont leurs parents », et de les différencier des oiseaux nés en liberté, explique la scientifique.

Il y a un siècle, on trouvait de grandes populations de cet oiseau multicolore du Mexique au Costa Rica, mais il ne subsiste plus désormais que dans quelques zones forestières. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), l’Ara macao est une espèce en danger, mais « de préoccupation mineure ».

Le projet de conservation dans l’ouest du Honduras a été lancé par l’ONG Pro-Alas et le Macaw Mountain Bird Park, dans le district de Copan Ruinas. L’objectif à terme est de repeupler l’Amérique centrale avec cet oiseau vénéré par les Mayas.

« Le projet se concentre sur la reproduction en captivité d’individus issus du commerce (illegal d’animaux sauvages), leur réhabilitation, leur reproduction, pour qu’ils redeviennent libres dans leur habitat originel », indique à l’AFP Mauricio Cuevas, le directeur exécutif de Macaw Mountain.

Selon lui, depuis 2011, le projet a permis la reproduction de 98 individus dans le parc, dont 23 relâchés en 2020 et 24 qui le seront au cours de 2021. Plusieurs d’entre eux se sont déjà reproduits dans la nature, sans aide, souligne-t-il.

D’après les responsables du projet, environ 2.000 aras rouges sont en liberté dans la Vallée de Copan, où des programmes de protection vont être également mis en place avec les communautés locales.

Le processus de reproduction en captivité consiste à recueillir les couvées, généralement trois œufs par couple, à les mettre en incubateur pendant 28 jours et, après l’éclosion, accompagner la croissance des oisillons.

À 90 jours, lorsqu’ils ont pris leur envol, ils vont dans une volière où ils interagissent avec des congénères pour apprendre les comportements grégaires et la vocalisation.

C’est à ce moment là qu’ils découvrent aussi les plantes et les fruits dans une transition vers leur relâchage dans les forêts.

L’Ara rouge est un animal grégaire qui se déplace en groupes de 25 individu ou plus. Monogame, il se sépare du reste pour engendrer et se consacrer à ses petits. Les parents s’en occupent ensuite pendant au moins un an, jusqu’à ce qu’ils deviennent indépendants.

L’itinéraire touristique de la « route maya » qui arrive jusqu’au site des ruines de Copan « pourrait devenir la route de l’ara rouge », s’enthousiasme Geert van Vaeck, le directeur de l’ONG Pro-Alas.

Et à terme, l’idée est « d’emmener des aras du Honduras vers d’autres pays » d’Amérique centrale, explique M. Cuevas.

© AFP

Un commentaire

Ecrire un commentaire

    • Solange

    Je me souviens d’en avoir vu 2 à El Salvador (1972) j’ai trouvé ces oiseaux vraiment magnifiques ! Il faut les sauver …….comme tant d’autres !

Le photographe animalier Laurent Baheux : « On n’a même pas besoin de tuer des éléphants pour les voir disparaître, il suffit de prendre leur place. »

Lire l'article