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Meuse: mise en service samedi de la deuxième plus grande centrale photovoltaïque de France


Vue aérienne de la centrale photovoltaïque de Marville, dans la Meuse, installée sur une ancienne base aérienne de l'Otan, le 20 avril 2021 © AFP JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN

Marville (France) (AFP) – La deuxième plus grande centrale photovoltaïque de France, installée dans la Meuse sur une ancienne base aérienne de l’Otan, va commencer à fournir de l’électricité au réseau samedi: elle va produire à terme de quoi subvenir aux besoins de 23.000 habitants.

En bordure des pistes qui accueillaient jadis les avions de chasse, sur cette ancienne base utilisée par les forces armées canadiennes, les panneaux solaires s’étendent à présent à perte de vue: environ 364.000 modules solaires sont installés sur une surface de 155 hectares.

Deux sociétés se partagent les lieux, TSE et Enerparc. La première va « commencer à intégrer progressivement de l’énergie dans le réseau à partir de samedi, et fonctionnera dans son intégralité à partir du 1er juin », a expliqué une porte-parole.

L’autre moitié de la centrale, gérée par Enerparc, a pris un peu de retard et entrera en service à son tour vraisemblablement en septembre.

« Avec une puissance installée de 152 MWc (Mégawatt-crête), la centrale dégagera une production totale d’environ 156 Gigawattheures par an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 23.000 habitants », précise TSE dans un communiqué.

Les deux entreprises ont investi au total 80 millions d’euros dans ce projet, à parts égales.

Particularité de l’installation, « TSE a délégué la gestion des espaces enherbés à un jeune éleveur ovin local en agriculture biologique qui a pu s’installer grâce à ce projet », indique encore l’entreprise.

Concrètement, ce sont donc ses moutons qui désherberont les pelouses au pied des panneaux solaires.

« Plusieurs éléments font qu’on ne peut que se ravir de ce projet », souligne Eric Dumont, président de la communauté de communes du Pays de Montmédy, propriétaire du terrain.

« Au niveau transition énergétique c’est une excellente contribution: la deuxième centrale photovoltaïque de France, ce n’est pas rien. Et cela nous permet de maîtriser une friche militaire, ce qui n’est pas simple à gérer », ajoute l’élu qui chapeaute 25 communes pour un bassin de population de 7.300 habitants.

M. Dumont insiste en outre sur « le double aspect écologique », avec l’installation du jeune berger, et une partie de l’ancienne base également convertie en petite réserve ornithologique pour la protection du passereau.

Eric Dumont évoque également « l’attractivité que ça peut amener sur le territoire » et explique que ses habitants sont favorables au projet: « Les installations n’ont pas d’impact visuel, ce n’est pas comme des éoliennes, c’est discret ».

La communauté de communes touchera 375.000 euros de loyer annuel pour la mise à disposition du terrain.

Par ailleurs, comme les panneaux solaires sont installés sur les abords, la piste et les taxiways de l’ancienne base vont rester opérationnelles. La piste « est longue de plus de 3 kilomètres, elle pourrait accueillir des appareils gros porteurs, même si ce n’est plus sa vocation », note M. Dumont.

Ce seront donc les petits avions de l’aéroclub local, et des ULM qui en profiteront.

La plus grande centrale solaire photovoltaïque de France reste à ce jour celle de Cestas, en Gironde, gérée par la société Neoen, avec une puissance installée de 300 MWc.

© AFP

5 commentaires

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    • Grossmann

    Alors que l’Allemagne vient de se rendre compte qu’elle en faisait un peu trop avec l’éolien, cela fait plaisir de voir que la France est en train de se rendre compte qu’elle n’en fait pas assez avec le voltaïque.
    Voir

    http://infoenergie.eu/riv+ener/energie-sans-riviere/volta%C3%AFques.htm

    • Francis

    Il ne reste plus qu’ à construire à coté l’usine d’électrolyse d’eau pour produire de l’hydrogène, ce qui aurait l’avantage de consommer le courant continu sortant des panneaux avant qu’il ne soit transformé en courant alternatif, donc d’améliorer le rendement énergétique de la centrale. Sinon, cette réalisation ne se révèlera que de l’ imposture habituelle: il faut une centrale thermique à gaz ou charbon pour subvenir aux besoins de courant la nuit en hiver.

    • Méryl Pinque

    Dieu merci, cette centrale-ci au moins n’a pas été construite sur une forêt préalablement rasée…
    Ce n’est hélas pas le cas de toutes.

    • Jean Grossmann

    OUi Mr Francis

    je me demande pourquoi Monsieur Jancovici Président de « Shift Project » conscient qu’il va devenir particulièrement urgent en ce qui concerne l’énergie d’agir pour évoluer vers l’atténuation climatique et non vers son aggravation n’évoque pas cette possibilité en ce qui concerne nos chaînes énergétiques .et ceci en développant de nouvelles technologies. P

    Nous allons pourtant devoir remettre en cause les chaînes énergétiques d’un autre âge que nous utilisons actuellement. Et ceci non seulement pour motoriser nos voitures comme nous commençons d’ailleurs à le faire mais aussi pour chauffer notre habitat. Pour cette dernière fonction, la plus lourde quantitativement, il ne restera plus qu’à construire à coté des centrales hydrauliques de pompage associées à la « Solar Water Economy » de l’enthalpie et comme vous le faites justement remarquer, l’usine d’électrolyse de l’eau pour produire l’hydrogène. Ceci pour assurer notre besoin chauffage en hiver grâce à la « Solar Water Economy » de l’hydrogène lorsque le soleil fait défaut Cette solution présentant l’avantage de consommer le courant continu sortant des panneaux voltaïques avant qu’il ne soit transformé en courant alternatif en améliorant les performances.

    Cette chaîne énergétique parfaitement envisageable nous permettrait de subvenir à nos besoins en courant électrique la nuit et surtout l’hiver lorsque le soleil fait défaut. Ceci en sortant de la spirale infernale associée aux centrales thermiques ainsi qu’au coût élevé et à la lenteur de mise en œuvre du nucléaire.

    • michel CERF

    Je partage vos 4 commentaires , que vos conseils soit suivis !