Grève d’éboueurs à Marseille: le conflit dérape vers le terrain judiciaire

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Ordures dans une rue de Marseille le 28 décembre 2020 © AFP NICOLAS TUCAT

Marseille (AFP) – Malgré l’intervention de quelques premiers camions-bennes sous protection policière, les ordures ont continué à s’accumuler mardi dans plusieurs quartiers de Marseille, au 13e jour d’un mouvement de grève d’une partie des éboueurs qui pourrait aussi se jouer sur le terrain judiciaire.

Quelques heures après avoir pris un arrêté de réquisition, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône avait déployé lundi soir plusieurs fourgons de CRS pour sécuriser le site de l’entreprise Polyceo, filiale de Derichebourg chargée de la collecte des poubelles dans les 2e, 15e et 16e arrondissements de la ville.

« Les salariés concernés n’ont pas déféré à la réquisition », a confirmé mardi à l’AFP la préfecture de police. « Mais il s’agit d’un délit passible de six mois de prison et de 10.000 euros d’amende, et cela peut désormais aller devant le procureur ».

« Aucun camion n’est sorti du site et 100% des salariés sont toujours en grève mardi », a assuré à l’AFP Lionel Martini, délégué FO au sein de l’entreprise.

Face à cet arrêté de réquisition, le syndicat Force Ouvrière lui aussi a décidé d’agir en justice, avec un recours en référé-liberté déposé lundi. Cette requête sera examinée mercredi à 15H00 par le tribunal administratif de Marseille.

Quelques camions-bennes ont ramassé mardi matin des déchets accumulés depuis près de deux semaines dans le Panier, vieux quartier historique au coeur de la ville, ainsi que dans les 15e et 16e arrondissements, des quartiers populaires au nord de la cité phocéenne –en tout, quelque 120.000 habitants de la ville sont concernés.

Mais ces camions venaient d’autres sites, avec des personnels d’autres entreprises, et ils ont travaillé sous la protection des forces de l’ordre, a-t-on précisé à la préfecture de police.

Constatant le quasi-blocage de la situation, la métropole Aix-Marseille-Provence, chargée du traitement des déchets dans la seconde ville de France, a annoncé de nouvelles « mesures temporaires » mardi, afin « de limiter le surplus de déchets sur la voie publique », avec la dépose de cinq bennes dans les quartiers les plus touchés, avant le déploiement de sept autres bennes « très prochainement ».

« Maintenant, ça suffit! », réagit le nouveau maire de Marseille, Benoît Payan, dans un communiqué publié mardi soir. « Tout, absolument tout, doit être entrepris par la métropole, seule compétente sur la propreté et le ramassage des déchets pour rendre aux Marseillais des rues propres et sûres comme elle en a la charge », demande-t-il.

Au total, selon les chiffres de la préfecture de police, plus de 900 tonnes d’ordures s’accumulaient déjà lundi dans les quartiers touchés par le mouvement.

Les grévistes, qui dénoncent « le harcèlement » de la direction locale de Polyceo, demandent « les mutations » du directeur du site ainsi que de son adjoint. Ils exigent aussi l’embauche d’un salarié intérimaire tout récemment annulée.

Face à ces accusations, Thomas Derichebourg, président de Derichebourg Environnement, la maison mère de Polyceo, s’était étonné lundi, auprès de l’AFP, « qu’aucune alerte d’aucune sorte n’ait été faite depuis quatre ans devant les instances de représentation du personnel ou devant la justice ».

© AFP

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Un commentaire

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    • michel CERF

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