Après-covid, des plans de relance climaticides ?

champ pétrole Etats-Unis

Champs de prétrole près de Bakersfield, Californie, Etats Unis. ©Yann Arthus-Bertrand

Au lieu de profiter de l’occasion offerte par la pandémie de coronavirus pour miser sur une relance par l’économie bas-carbone, la plupart des pays font le choix des énergies fossiles pour combattre la récession qui menace, révèle une étude menée par le Guardian. Ce travail estime que 18 pays sur les 23 passés au crible privilégient une relance incompatible avec les ambitions de l’Accord de Paris.

Une majorité de mauvais élèves

Les plans de relance de ces 18 pays s’appuient sur des investissements allant à contre-courant de la lutte contre le dérèglement climatique. Par exemple, avec des mesures de sauvetage de l’industrie pétrolière.

Certains pays profitent de la pandémie pour effectuer des retours en arrière sur leurs engagements climatiques, d’autres souffrent de leurs contradictions. C’est le cas de la Corée du Sud. Après avoir annoncé en juillet un « Green new deal » d’un montant de près de 113,5 milliards d’euros, le pays continue aujourd’hui d’investir dans des industries fortement émettrices de CO2 et dans les énergies fossiles.

Parmi les mauvais élèves se retrouvent les Etats-Unis et la Chine. Les investissements verts ne représentent respectivement que 1 % et 0,3 % de leurs plans de relance. Fatih Biro, directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Energie, avertit sur le fait que la transition écologique ne peut se faire sans la Chine. « Si la Chine n’annonce par un plan de relance vert, instaurant un nouveau plan sur 5 ans en accord avec son objectif de neutralité carbone, alors les chances du monde d’atteindre ses objectifs climatiques seront proches de 0. »

Cependant, l’espoir est permis

A l’inverse, les bons élèves se font rares. Seuls la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne, ainsi que l’Union Européenne, ont annoncé des plans de relance capables de produire un bénéfice environnemental net.

Ainsi, 30 % du Next Generation Recovery Fund de l’Union Européenne sera investi dans des projets verts. Concernant la France, 30 milliards d’euros doivent être consacrés à la transition écologique.

Ce manque d’ambitions en matière environnementale ne sera pas sans conséquences sur les objectifs climatiques. L’agence Internationale de l’Energie avertit déjà que les ambitions de l’Accord de Paris sur le climat risquent de ne pas être atteintes. Les plans des pays pour réduire leurs émissions de CO2 représentent seulement 15 % des baisses nécessaires pour atteinte les objectifs définis en 2015.

Changement de cap aux États-Unis

Avec l’élection du démocrate Jo Biden à la présidence des Etats-Unis, l’espoir est relancé. Joe Biden promet l’investissement de 2000 milliards de dollars dans des projets verts. De plus, il a fixé pour objectif que les Etats-Unis soient alimentés par des énergies propres d’ici 2035, et atteignent la neutralité carbone en 2050. Les Etats-Unis étant très influents sur la scène internationale, ils pourraient paver la voie vers une transition écologique. « Les projets de Biden sont très courageux, et ce serait un énorme signal pour les autres pays. Les Etats-Unis pourraient lancer une course mondiale, notamment avec la Chine, pour une relance verte », espère Jason Eis, chef exécutif de Vivid Economics, partenaire de l’étude.

4 commentaires

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    • Jean Grossmann

    Toutes les nouvelles contradictoires prouvent que le monde ne sait pas encore dans quelle direction il va aller

    Pourtant la transition énergétique est tout à fait envisageable
    Voir
    https://www.dropbox.com/s/ch8752887kled6m/transition-%C3%A9nerg%C3%A9tique.pdf?dl=0

    • Guy J.J.P. Lafond

    Le Canada n’est pas mentionné dans cet article. Pourtant, cet État bilingue – le 2e plus grand pays de la planète en superficie – pourrait constituer une excellente plateforme pour assurer la transition énergétique tant souhaitée par l’ONU.
    D’autre part, le Canada est un pays qui accueille de nombreux immigrants pour soulager la surpopulation qui s’observe dans d’autres pays. Le Canada devra donc construire sans plus tarder des logements du XXIe siècle (de taille raisonnable et avec la marque LEED) et ériger des villes du futur pour donner un toit solide à sa population qui augmente lentement. Quant à l’enjeu de la mobilité durable, je remarque que l’U. E. inspire beaucoup de Québécois quand il s’agit d’enfourcher le vélo même en hiver.
    Autres tendances observées en Amérique du Nord: les États-Unis viennent tout juste de se choisir un nouveau champion de la transition énergétique. Pendant ce temps au Canada, force est de constater que ce type de champion se fait encore attendre, hélas. Des élections en vue?…
    Défis: Des nombreux adeptes de l’industrie des énergies fossiles ont un levier financier que M. Grossman, moi et bien d’autres n’avons pas pour exercer une influence qui serait bénéfique pour nos enfants. Il y a par contre les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazone) qui cartonnent à la Bourse de N.Y. et qui pourraient devenir « l’allié » que nous recherchons pour contrebalancer le pouvoir énorme et le peu de vision de certaines grandes industries fossiles.

    Qu’attendons-nous, citoyens civilisés, pour dégainer nos « smartphones »? Qu’attendons-nous pour faire des bons choix économiques?

    À suivre,

    • Grossmann

    Merci pour vos encouragements
    voir

    https://www.dropbox.com/s/x08yf17mkxkvfyx/cartographie-mondiale.pdf?dl=0

    • Mona

    Quel dommage 🙁
    Et pourtant l’Economie Bleue de Gunter Pauli propose plein de Solutions très pertinentes à tous ces problèmes dramatiques liés aux énergies fossiles : rideaux d’algues le long des côtes pour protéger les poissons , filtrer les microplastiques et être transformés en bio-gaz; éoliennes cerf-volants, etc.

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