Accumulation des déchets radioactifs en Europe, des Etats sans solutions durables

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Centrale électronucléaire de Saint-Laurent-Nouan, Loir-et-Cher, France. ©Yann Arthus-Bertrand

Les pays européens n’ont toujours pas trouvé de solution pour gérer leurs déchets radioactifs sur la durée. C’est ce que déplore le Rapport Mondial sur les Déchets Nucléaires, réalisé par 10 experts internationaux avec l’aide de 8 partenaires, dont la Fondation Heinrich Böll qui appelle à une transition sociale et écologique.

Une accumulation des déchets radioactifs en Europe

En l’état actuel, les scientifiques estiment que le parc nucléaire européen produira 6,6 millions de mètres cubes de déchets nucléaires sur l’ensemble de sa durée de vie. 30 % de ces déchets proviendront de France.

Sur le long terme, aucune solution durable n’a été arrêtée pour la gestion de ces déchets. Les scientifiques s’accordent pour dire que la création de sites de stockage géologique profond serait la meilleure solution pour traiter du problème des combustibles usés. Seulement, ces derniers mettraient des décennies à voir le jour. Avec le site d’enfouissement d’Onkalo, la Finlande est le seul pays à avoir concrétisé ce type de technologie. En France, le projet Cigéo prévoit de créer un tel site à Bure, dans la Meuse. Mais, le projet doit encore être voté par le Parlement dans les années à venir.

En attendant, 60 000 tonnes de combustible usé sont aujourd’hui entreposées de manière provisoire en Europe. En 2016, 81 % de ces déchets étaient stockés dans des piscines, avec les problèmes que cette technologie entraîne. Pour éviter toute fusion du combustible, les piscines doivent être constamment refroidies. Cette augmentation constante du volume des déchets « conduit à une saturation des entreposages qui menace à terme la poursuite même du fonctionnement des réacteurs », déplore Manon Besnard, ingénieure nucléaire et co-autrice du rapport.

La nécessité de plus de transparence sur le nucléaire auprès du grand public

A l’heure où il est plus urgent que jamais d’aller vers des énergies décarbonnées, le nucléaire fait débat. Jens Althoff, directeur du bureau de Paris de la Fondation Heinrich Böll, rappelle que le nucléaire « n’est absolument pas une énergie propre ». Les déchets nucléaires mettent des centaines de milliers d’années avant de perdre en dangerosité. Ainsi, ces derniers pourraient, si nous n’y prenons pas garde, être un fardeau que nous laisserons aux générations futures.

« L’accumulation de déchets radioactifs reste un problème non résolu dans la plupart des pays nucléaires », d’après Yves Marignac, chef du Pôle d’expertise nucléaire et fossiles de l’Institut négaWatt et co-auteur du rapport. Le Rapport mondial sur les déchets nucléaires veut rendre le débat sur le nucléaire transparent pour le grand public, afin que tout le monde puisse se saisir de cette question brûlante pour nous et ceux qui viendront après.

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3 commentaires

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    • Serge Rochain

    Non le nucléaire et l’écologie sont strictement incompatibles
    Serge Rochain

    • Claude Courty

    Et pendant ce temps-là le nombre des producteurs de ces déchets ne cesse pas d’augmenter.
    Le syndrome de l’autruche
    https://docs.google.com/document/d/1vuZJuHnNVPbl6ym0AEwES0bK9-ZJnklPTY3DmjKaHwU/edit

    • Charles

    Au delà des considérations techniques et technologiques, en attendant des nouveaux modes de traitements, le stockage des déchets nucléaires est possible. Celui du CO2 ne l’est pas…

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