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Deux-Sèvres : Jadot, Mélenchon, marchent aux côtés des opposants aux « bassines » pour l’irrigation

manifestation Epannes eau

Manifestation contre des projets de retenues d'eau dans les Deux-Sèvres, le 11 octobre 2020 à Epannes. © AFP Philippe LOPEZ

Épannes (France) (AFP) – Quelque milliers de personnes, dont les anciens candidats à la présidentielle Yannick Jadot (EELV), Jean-Luc Mélenchon (LFI), Philippe Poutou (NPA) ont manifesté dimanche dans les Deux-Sèvres contre des projets de retenues d’eau, devenues un conflit emblématique entre agriculteurs et écologistes sur l’usage de l’eau.

Porteurs de pancartes « Eau voleur ! » « Eau secours, No Bassaran ! », les manifestants ont traversé dans l’après-midi le village d’Epannes, l’un des sites prévus pour 16 retenues d’eau hors sol –« bassines » comme les appellent leurs opposants– pour l’irrigation agricole de plus de 200 exploitations. Un premier chantier devrait débuter au printemps 2021.

Les drapeaux de partis –EELV, PCF, LFI, NPA– syndicats, associations de défense de l’environnement, flottaient au sein du cortège pacifique, en musique, qui a rassemblé près de 3.000 personnes selon l’organisateur, le collectif « Bassines, non merci ! », et 2.000 selon la police.

Les « bassines », a estimé M. Mélenchon « sont un symbole du cycle de l’eau qui va devenir un problème transversal », et la rareté de l’eau « thème central » pour LFI.

« Être contre des retenues d’eau ne parait pas aller de soi », mais la captation d’eau met en péril des zones humides telles que le Marais poitevin, 2e zone humide de France après la Camargue, et que le leader de LFI a visité dimanche matin.

« Il faut décréter que l’eau est un bien commun. Personne ne peut se l’approprier sans que la collectivité ait donné son mot », a lancé M. Mélenchon, à l’issue de la marche, à laquelle participait également l’altermondialiste José Bové.

Yannick Jadot a pour sa part jugé « insupportable, dans le débat public, de vouloir diviser les écologistes et les paysans ». Mais il a pointé du doigt la FNSEA, qui soutient les bassines, « mirages de l’eau magique préservée pour quelques irrigants, mais rien pour les autres ».

L’opposition aux bassines s’est ces dernières années cristallisée dans les Deux-Sèvres, site d’une douzaine de 16 retenues prévues dans la région (avec Charente-Maritime et Vienne voisines), sur le bassin de la Sèvre niortaise et du Mignon, crucial pour l’alimentation du Marais poitevin.

Les opposants, dont « Bassines non merci ! » dénoncent le risque d’assèchement des nappes profondes, autour de ces retenues d’eau selon eux surdimensionnées, pour quelques exploitants irrigants. Et qui, pour eux perpétuent « un modèle productiviste » agricole.

Dans le même temps dimanche, la FNSEA des Deux-Sèvres a dénoncé « l’incendie criminel » samedi, de matériel d’irrigation (en l’occurrence un tuyau) chez un agriculteur de Mauzé-sur-le-Mignon.

L’agriculteur va porter plainte, et le syndicat se porter partie civile. Le président de la FNSEA-79 Grégory Nivelle a déploré à l’AFP « un contexte local tendu », avec au moins trois actes de vandalisme ces dernières semaines contre de l’équipement d’irrigation.

©AFP

9 commentaires

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    • Michel CERF

    Cet  » incendie criminel  » est certainement moins dangereux que les directives anti écologiques de la FNSEA .

    • Francis

    « Les retenues d’eau risquent d’assécher les nappes profondes » . C’est exactement le contraire, l’eau qui ne coule pas vers la mer a le temps de s’infiltrer dans le sous sol des retenues. C’est une manifestation ordinaire du racisme anti-paysan systémique. L’Espagne retient avec ses barrages la moitié de l’eau de pluie qui tombe chaque année.

    • Vincent

    Honte à vous M. Cerf !! Avec votre phrase nauséabonde, vous justifiez et incitez ces actes de vandalisme !!! Par idéologie, vous en êtes réduit à tolérer l’indéfendable.
    Savoir raison garder et prendre du recul sont des pré-requis nécessaires pour pouvoir traiter de ces sujets importants. Malheureusement, ici, comme ailleurs, cela demande un effort que beaucoup ne sont pas prêts à envisager…

    • Matthias Heilweck

    Savoir raison garder et prendre du recul serait de cesser les pratiques agricoles intensives pour que le sol retrouve son humus et retienne plus d’eau. Choisir des plantes variées et adaptées à leur sol, plutôt que de suivre les cours de bourse agricole serait également une bonne chose.

    • Sorlekua

    Dans une autre mesure, les exemples catastrophiques de la mer d’Aral ou du Colorado qui se jette pratiquement à sec dans l’océan à cause de la mauvaise (folie) « gestion » de l’humain ne sont-ils pas là pour nous montrer que l’on ne doit pas faire n’importe quoi avec la nature.

    • Michel CERF

    A Vincent : je suis bien loin de soutenir les actes de vandalisme et ne fait que constater les positions des uns et des autres , comme toujours vous manquer sérieusement de discernement , heureusement , certains , comme Matthias , ont bien compris la situation et savent distinguer l’important de accidents de parcours .

    • Michel CERF

    Ce qui est indéfendable c’est de soutenir , par intérêt sans doute , l’agriculture intensive et son avalanche de produits toxiques au mépris de la santé des consommateurs et du respect de l’environnement , d’autres solutions raisonnables existes , mais en effet cela demande un effort que beaucoup ne sont pas prêts à envisager .

    • DESCLAUD Patrice

    L’eau reste un bien commun partagé et que nous payons et si nous avons des réserves nous avons un compteur. Évitons les guerres type Israël/Palestine pour l’eau : respectons là, économisons la.

    • Christophe Laronce

    Malheureusement, presque comme pour le sable, cette ressource vitale qu’est l’eau n’a que peu de valeur, sauf pour les entreprises privées auxquelles nos politiciens narcisses et inconscients l’ont confiée.