Climat : des décennies avant de voir baisser les températures

iceberg

Photo aérienne d'un iceberg dans la baie Bonavista, au Canada, le 29 juin 2019 © AFP/Archives Johannes EISELE

Paris (AFP) – Même si le monde réduit drastiquement les émissions de gaz à effet de serre, l’impact sur le réchauffement pourrait ne pas être visible avant le milieu du siècle, selon des chercheurs. Ils craignent une réaction boomerang face à des mesures qui paraîtraient à tort inefficaces.

En raison des activités humaines, la planète a déjà gagné au moins + 1°C depuis l’ère pré-industrielle, multipliant les catastrophes climatiques.

Pour lutter contre ce dérèglement climatique appelé à s’aggraver avec chaque demi degré supplémentaire, les signataires de l’accord de Paris de 2015 se sont engagés à réduire leurs émissions pour limiter le réchauffement à + 2°C, voire + 1,5°C.

Pour le moment, les États ne tiennent pas ces engagements. Même s’ils l’étaient, « ces efforts pourraient être visibles d’ici le milieu du siècle, mais probablement pas avant », écrivent les auteurs de l’étude publiée mardi dans Nature Communications.

« La réduction des émissions, nécessaire, est efficace dès le premier jour. Mais, il faudra du temps avant que nous puissions mesurer cet effet avec certitude », commente dans un communiqué Bjorn Samset, du centre de recherche norvégien sur le climat Cicero.

Le système climatique est notamment caractérisé naturellement par une importante force d’inertie et une forte variabilité d’une année à l’autre.

« Le changement climatique provoqué par l’Homme peut être comparé à un porte-conteneur lancé à pleine vitesse au milieu de grosses vagues. Si vous voulez ralentir le navire, vous pouvez enclencher la marche arrière, mais cela prendra du temps avant de pouvoir remarquer qu’il a ralenti », poursuit le climatologue.

Ainsi, une baisse importante des émissions pourra se voir immédiatement sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère, mais pas sur la hausse des températures qui est pourtant responsable de la multiplication des événements météorologiques extrêmes.

Même dans les scénarios les plus optimistes, les premiers signes d’un impact sur le réchauffement pourraient être invisibles au moins jusqu’en 2035, selon les chercheurs.

Alors patience!, plaident-ils, craignant que ce délai ne provoque un effet boomerang.

Cette réalité « doit être clairement expliquée aux décideurs et à la population, si nous voulons éviter un contrecoup négatif contre des politiques d’atténuation des émissions qui seraient perçues comme inefficaces », insiste l’étude.

« Cela ne veut pas dire que la baisse (des émissions) n’a pas d’effet. Cela veut simplement dire que nous devons être patients », insiste Bjorn Samset.

« Nous avons emmagasiné des problèmes pour notre avenir. Mais ce n’est pas une raison pour ne pas limiter les dommages dès maintenant », a commenté Grant Allen, chercheur à l’université de Manchester, non impliqué dans l’étude. Même si dans le même temps, il va falloir s’adapter aux conséquences déjà programmées, note-t-il.

Plusieurs autres scientifiques ont salué la nouvelle étude. Cependant Piers Forster, climatologue à l’université de Leeds, a contesté ses conclusions. Il les a qualifiées de « vision sombre et inutile de notre influence sur le climat dans les décennies à venir ».

« Selon nos propres travaux, la société peut avoir un impact perceptible de baisse de la température de la planète dans les 15 à 20 ans qui viennent grâce à des efforts importants de réduction des émissions », a-t-il insisté.

© AFP

À lire également : La relance ne doit pas oublier le climat, prévient le Haut conseil pour le climat

Un commentaire

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    • Fabrice Thibaut

    « Nous avons emmagasiné des problèmes pour notre avenir… » , des actes s’il vous plaît cet article est en dehors des réalités, il faut d’abord capter le carbone en surplus pour éviter les 3 à 4 degrés de réchauffement que l’on dit de plus en plus inévitables (planter et végétaliser où que cela soit possible). Il y a aussi la donnée reprise d’âge glaciaire que l’on met de côté systématiquement alors que notre climat dit tempéré dépend en grande partie d’un Gulf Stream en bonne santé et qu’il est sur le point de lâcher (au niveau du trajet retour en Atlantique Nord, trop d’afflux d’eau douce), le service météo britannique prévoit l’atteinte d’1,5 degré de réchauffement pour 2024 et le dernier âge glaciaire s’est enclenché avec seulement 1,6 degré d’augmentation, ce scénario qui est plus probable qu’une augmentation exponentielle de température généralisé met en danger direct le premier tiers de la population de la planète, les deux autres étant impactés ainsi que bien sûr l’économie mondiale qui joue les kamikazes. La donnée de ressentiment, vous connaissez ?

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