Les femelles mammifères vivent plus longtemps que les mâles

Lionnes

Lionnes et ces lionceaux, réserve du Masaï Mara, Kenya © Yann Arthus Bertrand

Chez les mammifères sauvages aussi, les femelles ont une espérance de vie plus longue que les mâles, c’est ce que révèle une nouvelle étude du laboratoire biométrie et biologie évolutive du CNRS. Ce phénomène est déjà connu chez les êtres humains, en effet les hommes vivent en moyenne de 79,8 ans tandis que les femmes ont une espérance de vie de 85,7 ans en 2019 en France.

Chez les mammifères, dans 60 % des cas, les femelles vivent plus longtemps que les mâles. De plus leur longévité est en moyenne supérieure de 18,6 % à celle des mâles (la différence est de 7,8 % chez les humains).

Des causes génétiques

Une partie de l’explication se trouverait dans la génétique. Pour Jean-François Lemaître, chercheur du CNRS et auteur de l’étude, plusieurs hypothèses expliquent ce phénomène. « La première repose sur la variation des paires de chromosomes sexuels, XY chez les mâles et XX chez les femelles. Cette hypothèse postule que le fait de disposer que d’un seul chromosome X peut être particulièrement défavorable pour les mâles car ils n’ont pas de seconde copie en cas de mutations d’un chromosome qui menace leur survie ».

« Chez les oiseaux c’est l’inverse », poursuit Jean-François Lemaître. Tandis que les mâles sont homogamétiques leurs chromosomes étant ZZ, les femelles sont hétérogamétiques elles sont ZW. « Au cours d’études antérieures, nous avons observé que les mâles oiseaux vivent plus longtemps que les femelles ». Ainsi, les chromosomes sexuels jouent clairement un rôle dans l’espérance de vie des mâles et des femelles.

L’étude émet d’autres hypothèse pouvant justifier une plus longue espérance de vie chez les femelles, notamment le rôle joué par l’ADN hérité par les mères. Ces deux hypothèses prédisent la directionnalité de l’écart d’espérance de vie chez les mammifères.

Des facteurs environnementaux

Pour Jean-François Lemaître, « la variabilité de l’écart était plus surprenante que sa directionnalité ». L’étude montre également que l’interaction entre les conditions écologiques locales et la physiologie très spécifique des mâles ou des femelles influence globalement la longévité. Ainsi, les conditions environnementales, allant du changement climatique a la richesse en pathogènes dans l’environnement jusqu’à la disponibilité de ressources, constituent aussi un facteur déterminant de l’écart de longévité.

Afin d’obtenir ces résultats, l’équipe a compilé des données démographiques de 134 populations de 101 espèces de mammifères, des chauves-souris aux lions en passant par les orques ou les gorilles, ce qui fait de leur étude la plus étendue et la plus précise à ce jour. L’étude révèle que les mammifères qui présentent le plus grand écart relatif d’espérance de vie sont les lions, les orques et les moutons.

Propos recueillis par Isaure Vicarini

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