La justice valide l’agrandissement de l’aéroport de Nice

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Vue aérienne de la ville de Nice et de son aéroport le 21 juillet 2019 © AFP/Archives VALERY HACHE

Le prolongement d’un terminal de l’aéroport de Nice Côte d’Azur pour recevoir davantage de passagers a été validé vendredi par le tribunal administratif, qui a rejeté le recours d’associations espérant une décision similaire au coup d’arrêt subi par l’aéroport britannique d’Heathrow.

« La légalité de ce projet doit être appréciée, en particulier, au regard des seules incidences directes ou indirectes (…) sur son environnement », a estimé le juge des référés, pour qui toutes les objections légales ayant trait aux effets du trafic aérien à l’aéroport de Nice sur le réchauffement climatique, la biodiversité ou encore la santé publique ne sont pas recevables.

« Il ne résulte d’aucun élément concret soumis à l’instruction que le permis de construire litigieux, délivré par le préfet des Alpes-Maritimes, serait entaché d’un détournement de pouvoir ou de procédure », a aussi estimé le juge, dans une ordonnance rejetant la requête de France Nature Environnement Provence Alpes Côte d’Azur, FNE Alpes-Maritimes, Capre 06 et d’un collectif citoyen.

L’aéroport qui pense dépasser les 18 millions de passagers en 2023 et 21 millions en 2030, soit huit millions de plus qu’en 2019, s’apprête à construire six salles d’embarquement avant l’été 2021, une salle d’enregistrement des bagages en 2022 et une de livraison des bagages en 2023.

« Un tout petit bâtiment » agrandissant le terminal 2 existant, sans ajout de surfaces marchandes et pour le confort et la sécurité des passagers, selon le concessionnaire qui estime souffrir d’infrastructures inadaptées à une « croissance naturelle et subie du trafic aérien ».

« C’est comme demander à un être humain d’arrêter de grandir », avait plaidé Me Jean-Pierre Boivin, aux côtés d’un avocat de l’Etat. Le coût du projet, soutenu par la municipalité et le gouvernement, est chiffré à 75 millions d’euros.

L’aéroport, privatisé en 2016, est contrôlé par un consortium associant la société italienne Atlantia (ex-Autostrade, filiale du groupe Benetton et gestionnaire de l’aéroport de Rome), EDF Invest et Monaco. Il assure que le nombre d’avions dans le ciel progresse quatre fois moins vite que le nombre de ses passagers.

Mais les associations ont calculé qu’il y aurait 22.000 vols de plus d’ici dix ans et dénoncent un modèle désuet de « surtourisme » dans une région « vulnérable » au changement climatique.

« Combien de morts et de malades en plus à cause de ces huit millions de passagers et de ces 22.000 vols supplémentaires? », avait interrogé le représentant des associations Thierry Bitouzé.

Il avait dénoncé des irrégularités au niveau des études d’impact, la partialité, selon lui, du commissaire enquêteur etc.

« Nous allons continuer le combat en Cour de cassation pour défendre cette cause et il y a aussi un recours en annulation », a-t-il réagi, critiquant « une hérésie qui va énerver nombre de militants partout à Nice et ailleurs ».

© AFP

Un commentaire

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    • Balendard

    C’est bien naturel qu’Homo sapiens soit attiré par la mer mais ce juge en prenant cette décision l’attire dans un piège. En effet augmenter encore la densité humaine pour ne pas dire urbaine dans une zone déjà surpeuplée et située tout en longueur en bordure du littoral va saturer la circulation automobile et rendre la vie purement et simplement impossible. Ceci particulièrement pendant la période estivale et y comprit pour le juge qui a pris la décision

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