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Les Chantiers de l’Atlantique mettent le cap vers le développement durable

paquebots

Sur les Chantiers de l'Atlantique, à Saint-Nazaire, le 17 juin 2019 © AFP/Archives GEORGES GOBET

Des années de travail supplémentaires aux Chantiers de l’Atlantique: l’entreprise de Saint-Nazaire, en train de passer sous pavillon italien, a reçu de l’armateur MSC une commande ferme de deux nouveaux paquebots plus respectueux de l’environnement.

Annoncé dimanche soir par l’Elysée en amont du sommet « Choose France », ce contrat à deux milliards d’euros va générer 14 millions d’heures de travail, correspondant à 2.400 emplois pendant trois ans et demi.

« Nous nous engageons ensemble à façonner la croisière de demain et à développer des concepts de navires qui vont bien au-delà des normes environnementales existantes », s’est félicité le directeur général des Chantiers de l’Atlantique, Laurent Castaing, cité dans un communiqué de MSC.

Cette deuxième classe de paquebots de 6.700 places chacun, livrables en 2025 et 2027, sera effectivement propulsée au GNL (gaz naturel liquéfié). Comme le « MSC Europa » déjà en cours de construction et qui deviendra en 2022 le premier bateau de croisière construit en France à partir de cette technologie.

Le croisiériste italo-suisse et le chantier naval de Loire-Atlantique, qui ont déjà produit 15 bateaux en 20 ans de collaboration, mettent ainsi un peu plus le cap vers un cycle durable en choisissant d’étendre le recours à un carburant qui n’émet pas de dioxyde de soufre et réduit jusqu’à 20% les émissions de CO2 et de plus de 95% les particules fines.

« Il s’agit d’un élan nouveau, car ces partenariats sont tournés vers les innovations et la transition écologique, pour que l’impact environnemental de la croisière s’améliore et aille au-delà des réglementations actuelles », assure à l’AFP Erminio Eschena, directeur des affaires institutionnelles et des relations industrielles du groupe MSC.

Voiles et piles à combustible

Et les ambitions communes ne s’arrêtent pas là puisque l’accord devant être formalisé lundi à Matignon inclut également le développement d’une 3e classe de paquebots GNL ainsi qu’un partenariat pour mettre au point des prototypes utilisant de nouveaux modes de propulsion.

« Les quatre navires de cette nouvelle classe représenteraient un montant d’investissement global de plus de quatre milliards d’euros et quelque 30 millions d’heures de travail supplémentaires pour le chantier naval, les fournisseurs et coréalisateurs impliqués dans le projet », précise MSC.

« L’industrie regarde déjà vers les années 2050 », assure M. Eschena. « Nous allons initier quelque chose de totalement révolutionnaire dans le transport de passagers, et faire en sorte que nos délires technologiques d’aujourd’hui deviennent des réalités demain, tout comme le GNL était une folie il y a dix ans ».

Dans le cadre de cette nouvelle collaboration avec Saint-Nazaire, « des tests seront menés pour explorer la propulsion à voile, combinée à d’autres technologies comme les piles à combustible », complète-t-il alors que le secteur de la croisière est accusé de polluer massivement.

« On commence la semaine avec le sourire, l’année démarre fort », se réjouit sur place Christophe Morel, représentant CFDT. « C’est intéressant d’avoir une perspective de travail de travail de 10 ans devant soi ».

« On a aujourd’hui moyen d’investir dans le social et dans les salariés et on saura le dire au prochain CSE qui aura lieu fin janvier », ajoute Sébastien Benoît, secrétaire général CGT navale.

Car, selon lui, si le carnet de commandes est « très rempli », les conditions de travail se dégradent également « très vite » sur le site qui compte aujourd’hui 3.200 salariés dont 1.100 ouvriers, 1.200 techniciens et le reste en ingénieurs.

Cela confirme que « nous n’avons pas de besoin de Fincantieri comme actionnaire majoritaire, parce que nous sommes capables d’avoir des commandes », retient pour sa part Nathalie Durand-Prinborgne, la secrétaire de section FO qui a l’intention de solliciter la Commission européenne sur cette question.

Le rachat des Chantiers par l’italien Fincantieri fait effectivement l’objet d’une enquête approfondie de la Commission européenne concernant une éventuelle concurrence dans la construction navale et l’exécutif européen a jusqu’au 17 mars pour prendre une décision.

© AFP

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