Face à l’urgence climatique, Rennes interdit les chauffages en terrasse des bars

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Rennes devient à partir du 1er janvier la première métropole en France à bannir les terrasses chauffées des bars et restaurants © AFP/Archives MIGUEL MEDINA

Au titre de la « transition écologique et environnementale », Rennes devient à partir du 1er janvier la première métropole en France à bannir les terrasses chauffées des bars et restaurants, une décision qui ne fait pas l’unanimité chez les clients et dans d’autres villes.

« Avec le défi écologique qui est devant nous, on doit être exemplaire sur l’espace public. Sur les villes de plus de 200.000 habitants (…), Rennes sera la première à interdire le chauffage dans les terrasses », se félicite le maire-adjoint Marc Hervé (PS), en charge du commerce. La délibération, votée en juin au conseil municipal, a montré « une relative unanimité » et a été partagée « par les corps intermédiaires et l’Umih », syndicat de la restauration, après un semestre de « concertation ».

Retour en arrière: en 1991, la loi Evin interdit le tabac dans les locaux à usage collectif et les transports, suivi d’un décret en 2006 imposant l’interdiction totale de fumer dans tout lieu public. Avec comme « effet collatéral », des fumeurs qui quittent les salles et sortent pour en griller une… Les cafetiers, soucieux de ne pas perdre cette clientèle, investissent dans des dispositifs de chauffage comme les réglettes électriques ou poêles à gaz en acier.

Mais, à l’ère des tribunes de Greta Thunberg à l’ONU sur le réchauffement climatique, « comment peut-on expliquer à nos enfants et à nos clients qu’un appareil de 2.000 watts chauffe la rue en 2019 en France? », s’interroge François De Pena, président de l’Umih d’Ille-et-Vilaine.

« On fait le parallèle avec l’interdiction de fumer: on nous disait que ça mettrait fin à nos exploitations, le résultat est que quelques années après il n’y a pas eu d’impact et que personne ne reviendrait en arrière! », ajoute-t-il, soulignant que « les terrasses sont pleines l’hiver et les salles vides » et qu’il y aura un nouveau « transfert » grâce à cette mesure.

Mais dans les rues piétonnes de la capitale bretonne, les avis sont plus contrastés. Lou, responsable adjointe du café Le Pignom place Saint-Anne où bat la vie nocturne, craint une chute d’activité: « les gens ne s’installeront plus et du coup il y aura trop de personnel parfois pour le nombre de gens en terrasse », redoute-t-elle.

« Equilibre économique »

A l’élégante brasserie de La Paix, Mariam savoure un café, bien réchauffée par une réglette. « Je n’aime pas être toujours enfermée, surtout l’hiver, c’est pour cela que j’aime être en terrasse. Après je comprends le motif, on a pris de mauvaises habitudes, il va falloir les changer! », juge cette Rennaise de 35 ans.

A Bordeaux, la mairie estime que les commerçants ont tout intérêt à se montrer éco-responsables, et à « ne plus chauffer la rue », car cela leur procure un « avantage concurrentiel » auprès de consommateurs de plus en plus soucieux « de protéger la planète », note Maribelle Bernard, adjointe chargée du commerce. Opposée toutefois à une « interdiction drastique » dans une ville qui a souffert de la crise des « gilets jaunes », la mairie va entamer en janvier une concertation avec les commerçants.

A Lille, où l’hiver est rude, la mairie rappelle qu' »une trentaine d’établissements ont des terrasses chauffées importantes » dans le centre, dont beaucoup « ont bâti leur équilibre économique sur ces terrasses », y réalisant parfois plus de 50% de leur chiffre d’affaires, relève Jacques Richir, maire-adjoint.

Soulignant la nécessaire « sobriété énergétique », l’élu souhaite prendre « le temps nécessaire » avant toute modification du règlement.

A Paris, le 12 décembre, les élus écologistes ont eux déposé un voeu pour interdire les terrasses chauffées, après une vaine tentative de la municipalité en 2011 concernant uniquement le chauffage au gaz, cassée par la justice administrative. En réponse, le Conseil de Paris a proposé de « réaliser un bilan du règlement des étalages et terrasses de Paris, et à l’issue, de lancer une concertation en 2020-2021, pour aboutir à la révision de ce règlement ».

En attendant, sur la terrasse d’une grande brasserie rennaise, un cafetier contemple les nombreux poêles mis à l’écart. « Maintenant, il va falloir les refourguer quelque part. Sur Le bon coin, ça va bien intéresser des particuliers qui ont des terrasses, non?  »

© AFP

3 commentaires

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  • Les braseros gaz polluent peut-être l’air de nos cités mais compte tenu du fait que les frais d’utilisation sont environ 3 fois moins cher que les radiateurs électriques à effet joule on comprends que ce soit ce ce mode de chauffage qui soit retenu pour chauffer nos terrasses

    Par contre ce que l’on comprend mal c’est pourquoi l’on n’utilise pas le chauffage thermodynamique échangeant sur l’eau qui permettrait avec un code de 6 de diviser les frais par 2 par rapport aux braseros gaz sans polluer l’air de nos cités

    Bonne année

  • Excuse lire

    Les braseros gaz polluent peut-être l’air de nos cités mais compte tenu du fait que les frais d’utilisation sont environ 3 fois moins cher que les radiateurs électriques à effet joule on comprends que ce soit ce ce mode de chauffage qui soit retenu pour chauffer nos terrasses

    Par contre ce que l’on comprend mal c’est pourquoi l’on n’utilise pas le chauffage thermodynamique échangeant sur l’eau qui permettrait avec un COP de 6 de diviser les frais par 2 par rapport aux braseros gaz sans polluer l’air de nos cités

    Bonne année

    • Patrick

    un COP de 6 ! c’est pas facile à obtenir…
    De plus quand il fait froid EDF démarre les centrales fioul pour produire les kWh nécessaires au chauffage. On ne pollue plus les terrasses en centre ville, on ne fait que déplacer la pollution !

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