Le sable, nouvel allié des Pays-Bas dans leur combat contre la montée des eaux

digue Houtribdijk

Remblaiement avec du sable de la digue Houtribdijk aux Pays-Bas pour lutter contre les inondations © Rijkswaterstaat/AFP Peter LEENEN

A l’heure où le réchauffement climatique complique la lutte contre les risques d’inondations aux Pays-Bas, dont environ un tiers de la surface se trouve en dessous du niveau de la mer, les Néerlandais se réjouissent d’une nouvelle méthode qui transforme le sable en allié.

Bien que les constructions avec du sable soient souvent perçues comme instables, les Pays-Bas affirment avoir développé une technique permettant d’utiliser ce matériau pour renforcer l’une des digues les plus importantes du pays, devenue vulnérable face à la montée des eaux.

Le projet, lancé en 2017, consiste à déverser du sable contre la digue afin de créer une sorte de barrière naturelle servant à prévenir le risque d’inondations.

Alors que la COP25 a lieu actuellement à Madrid pour discuter des problèmes liés au climat, les Néerlandais envisagent d’exporter leur idée à l’étranger, la montée des eaux causée par le réchauffement climatique menaçant un nombre croissant de pays.

La digue en question, appelée Houtribdijk, est l’un des principaux moyens de défense contre les inondations aux Pays-Bas depuis sa création il y a plus de 40 ans.

Sa construction a débuté en 1963, dix ans après qu’un gigantesque raz-de-marée a causé la mort de quelque 1.800 personnes aux Pays-Bas.

La digue Houtribdijk a été conçue pour casser les vagues arrivant de l’Ijsselmeer, un grand lac au nord du pays qui permet de réguler le niveau des flots. Sa création a fait naître un deuxième lac, le Markermeer.

Les experts ont toutefois remarqué ces dernières années que la digue, longue de 25 kilomètres, ne répondait plus aux normes de sécurité et nécessitait un renforcement urgent.

« Nous avions un dilemme. Il n’y a pas de roches aux Pays-Bas. Il aurait fallu les importer à grands frais depuis des pays comme la Norvège », explique à l’AFP Stefan Aarninkhof, professeur spécialisé dans l’hydraulique à l’Université de technologie de Delft.

Le sable est pompé sous une épaisse couche de boue au fond du Markermeer, avant d’être placé des deux côtés de la digue d’une façon spécifique étudiée par les scientifiques.

« Construire avec la nature »

La nature s’occupe ensuite du reste: le sable finit par servir de barricade contre les raz-de-marée, affirment les initiateurs du projet.

D’ici mi-2020, plus de dix millions de mètres cubes de sable auront été déversés contre la digue.

Selon le gouvernement néerlandais, le renforcement à l’aide de sable d’une telle digue « est une première mondiale ».

Après quoi, « la digue sera en mesure de résister à une tempête violente, qui survient en moyenne tous les 10.000 ans », a expliqué le gouvernement, qui participe au projet avec des entreprises privées et des instituts de recherche.

Les Néerlandais espèrent vendre cette idée à l’étranger pour aider d’autres pays à lutter contre le changement climatique.

« Nous avons appris quelques règles génériques dans ce projet sur la manière de travailler dans un lac en construisant avec la nature », note auprès de l’AFP Fokko van der Groot, porte-parole d’EcoShape, un consortium qui regroupe les parties impliquées dans le projet.

« L’approche de construire avec la nature peut être appliquée partout dans le monde où la protection contre l’eau est un problème », assure-t-il.

© AFP

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