La Finlande mise sur les déjections animales pour produire de l’énergie verte

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Marianne Mayer, dresseuse de chiens, jette des ordures dans une poubelle portant un autocollant incitant à "donner une nouvelle vie au caca" animal, à Vantaa en Finlande le 7 octobre 2019 © AFP Alessandro RAMPAZZO

Produire de l’énergie propre grâce aux excréments d’animaux: en Finlande, plusieurs compagnies d’électricité se sont tournées vers cette source d’énergie jusque-là inexploitée pour réduire l’empreinte carbone du pays.

En cette fin octobre, la capitale finlandaise accueille le Helsinki International Horse Show, un concours hippique international de saut d’obstacles. Durant les quatre jours de compétition, cent tonnes de fumier de chevaux ont été chargées et transportées dans deux grands conteneurs, avant d’être incinérées à la centrale électrique de Järvenpää, à une quarantaine de kilomètres de la capitale.

Les 150 mégawatts d’énergie produits par les déjections ramassées durant la compétition suffisent largement à alimenter l’ensemble du concours, selon le producteur finlandais d’énergie Fortum, qui a lancé son projet baptisé « Horse Power » (« Puissance des chevaux »), il y a cinq ans.

« Il y a tellement de chevaux en Finlande et bien sûr, bien plus dans le monde, alors ce serait incroyable si nous pouvions transformer toutes ces crottes en énergie », explique à l’AFP Krista Hellgren, l’une des responsables du projet.

Le groupe affirme que les déjections quotidiennes de deux chevaux suffisent à produire de la chaleur pour une maison familiale pendant un an.

Et seulement 200 millilitres d’excréments suffisent pour charger un téléphone.

Dans le même temps, un autre producteur d’énergie, Vantaan Energia, a lancé une campagne en ligne pour inciter les propriétaires de chiens à « donner une nouvelle vie au caca », en le jetant simplement à la poubelle ordinaire, suivant les déchets quotidiens vers une usine d’incinération de déchets transformés en énergie.

« Ce n’est pas agréable de marcher dedans, c’est beaucoup plus agréable de les brûler et de les utiliser comme combustibles pour l’électricité et le chauffage », déclare à l’AFP Kalle Patomeri, directeur de production chez Vantaan Energia.

Même si les déjections canines ne représentent encore qu’une infime partie des 1.000 tonnes de déchets ménagers brûlés chaque jour, M. Patomeri affirme qu’elles aident à produire efficacement de l’énergie, avec des émissions limitées et des déchets résiduels. A cet égard, Vantaan Energia espère pouvoir se passer de charbon d’ici un peu plus de deux ans.

Marianne Mayer, dresseuse d’une cinquantaine de chiens, soutient activement l’action menée par le producteur d’énergie. « Enfin quelqu’un fait quelque chose de concret », réagi-t-elle à l’AFP. « Puisque nous devons nous tourner vers d’autres énergies que l’énergie fossile, c’est très positif ».

© AFP

Un commentaire

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    • Francis

    Rien de nouveau, c’est ce qui se fait en Inde depuis des millénaires. Sauf que le fumier de cheval est plus utile dans les champs et les jardins pour faire de l’humus, idem pour les déjections canines et humaines dont les phosphates , sulfates et nitrates devraient être recyclés de la même façon.
    Pour ce qui est de la valorisation énergétique des ordures ménagères non organiques par incinération et organiques par méthanisation, il se trouve toujours des écolos pour s’y opposer.

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