Le prix Goldman pour l’environnement 2017 récompense 6 militants écologistes

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Rodrigue Katembo lors d’une opération contre le braconnage dans le parc du Virunga en RDC (Photo d’Emmanuel Kataya, courtoisie de Rodrigue Katembo © Goldman Environmental Prize

La remise du prix Goldman pour l’environnement 2017 a eu lieu lundi 24 avril. Considéré comme le « prix Nobel de l’écologie », il consacre chaque année 6 militants écologistes de tous les continents pour leurs actions de terrain. Les lauréats reçoivent une dotation de 125 000 dollars pour continuer leur combat. Si toutes leurs actions sont exemplaires, Rodrigue Katembo se distingue par son engagement pour la défense du patrimoine naturel congolais.

Rodrigue Katembo lutte contre la corruption qui détruit le parc national des Virunga
Rodrigue Katembo est éco-garde dans le parc national des Virunga, en République démocratique du Congo. Au péril de sa vie, il enquête clandestinement sur le projet de forage pétrolier par l’entreprise britannique SOCO dans le plus ancien parc national d’Afrique. Il documente, à l’aide de vidéos tournées en secret la corruption de certains hauts responsables congolais en charge de la protection du site par SOCO. Ses images sont diffusées dans le documentaire Virunga. Conséqunece, le scandale est repris par de grands médias d’investigation. En 2015, l’indignation du public et le retrait de participation de l’Eglise d’Angleterre dans l’entreprise conduisent SOCO à renoncer à son permis pétrolier dans le parc congolais. « C’est un grand plaisir et une réussite, pour moi et pour tout le peuple congolais, d’avoir mené une action salvatrice obligeant à cette entreprise à cesser son projet ». Pour son engagement et son courage de Rodrigue Katembo a reçu le prix Goldman pour l’environnement 2017. Désormais, Rodrigue Katembo poursuit la défense du patrimoine naturelle comme gestionnaire du parc national de l’Upemba : protection des derniers éléphants du Katanga, fermeture de carrières minières, opérations contre la déforestation illégale de la vallée de la rivière Lufira et patrouilles pour protéger les derniers zèbres du pays.

Uroš Macerl milite contre l’incinération des déchets

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Uros Macerl dans son élevage en Slovénie © Goldman Environmental Prize


Uroš Macerl agriculteur bio slovène, est opposé depuis plus de 10 ans à Lafarge, le plus grand cimentier mondial, et son projet d’incinérateur de déchets. Il prévoit la co-incinération de déchets (pneus, plastiques, huiles usagées…) en complément des combustibles traditionnels dans la cimenterie de Trborlje. Les batailles juridiques et les manifestations qu’il a menées lui ont permis de dénoncer les risques sanitaires et environnementaux du projet, qui est finalement abandonné.

Prafulla Samantara défend la justice sociale en Inde
Prafulla Samantara a conduit, durant 12 ans, une bataille juridique historique qui a permis de confirmer les droits fonciers des indigènes Dongria Kondh et de protéger les collines de Niyamgiri d’une mine de bauxite à ciel ouvert.

Wendy Bowman empêche un projet de mine de charbon en Australie
Wendy Bowman est forcée de quitter ses terres en 1990 à cause de l’installation d’une mine de charbon. C’est lorsqu’une compagnie minière chinoise la somme de nouveau de partir qu’elle décide de s’opposer à la vente de sa ferme familiale, sur la côte est de l’Australie. En refusant son expropriation, l’octogénaire bloque le projet et protégeant ainsi l’eau et les terres environnantes.

Mark! Lopez face à la contamination au plomb de son quartier à Los Angeles
Le quartier de Mark! Lopez, à Los Angeles, est contaminé au plomb et à l’arsenic par une usine de recyclage de batteries. Le militant parvient à mobiliser les habitants pour que les tests et la décontamination soient payés par l’entreprise fautive et l’Etat de Californie.

Rodrigo Tot œuvre pour les droits fonciers de son peuple
Rodrigo Tot lutte depuis plus de 40 ans pour faire reconnaître les droits de son peuple, les Q’eqchi’, au Guatemala. Il contraint la justice du Guatemala à leur délivrer des titres de propriété et empêche la réouverture d’une mine de nickel sur les terres de sa communauté. L’affaire est toujours en cours d’examen devant la Commission inter-américaine des droits de l’Homme. En 2012, après la reconnaissance par un tribunal des droits fonciers de son peuple, un de ses fils a été assassiné et Rodrigo Tot continue de faire l’objet de menaces et d’intimidations.

En savoir plus, découvrir les lauréats des années précédentes

 

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