La multiplication des manchots

Publié le : Last updated:

manchots empereurs Adélie

Voir les manchots depuis l’espace, c’est possible! Grâce aux traces que laissent leurs déjections sur la banquise, Peter Fretwell, cartographe au British Antarctic Survey, a pu compter les colonies de manchots en Antarctique. Ils sont deux fois plus nombreux qu’on ne l’avait imaginé.

Comment vous est venue l’idée de localiser les colonies de manchots à partir des images satellitaires ?

Cette découverte est le produit d’un hasard. Je réalisais une carte de la zone autour de la base antarctique Halley, dans le but d’éviter que les pilotes ne survolent trop souvent les aires de reproduction des manchots. Mais à l’époque, les informations dont nous disposions sur les colonies étaient très vagues. J’ai alors remarqué, sur les images du satellite Landsat, des traces marron sur la glace, alors que la glace de mer devrait être d’un blanc pur. Comme les manchots empereurs restent huit mois de l’année à élever leurs petits en Antarctique, leur guano tache la glace alentour, ce qui signale leur présence. J’ai alors contacté la base afin d’avoir de meilleures informations sur l’emplacement des colonies ; les coordonnées GPS que m’ont fournies mes collègues ont coïncidé parfaitement avec les traces marron. C’est alors que je me suis mis en tête de trouver les autres colonies en procédant de cette manière.

Ensuite ?

Nous avons trouvé des marques marron en plusieurs endroits où nous ignorions que des manchots vivaient. Dans une première étude publiée en 2009, avec des images d’une précision de 28 mètres, nous avons localisé la plupart des colonies déjà recensées, ainsi que dix nouvelles. En reprenant le travail avec des images d’une précision plus fine, nous avons ensuite mis en lumière l’emplacement de seize nouveaux sites de reproduction.

Qu’est-ce que ces études ont permis de savoir sur les manchots empereurs ?

Nous avons pu doubler le nombre de sites de reproduction connus, qui est passé de 26 à 49. Ces études ont abouti à une meilleure estimation de la population de manchots empereurs, autour de 595 000, contre 270 000 à 350 000 auparavant. Enfin, ce travail aide à mieux comprendre le mode de vie de cet oiseau. Nous croyions jusqu’à présent qu’il vivait seulement sur certains littoraux de l’Antarctique. Or, nous savons désormais qu’il se reproduit le long de toutes les côtes du continent.

À quoi sert-il d’observer les manchots empereurs depuis l’espace ?

Le changement climatique est la principale menace qui pèse sur les manchots. Leur population pourrait diminuer de moitié durant les soixante prochaines années en raison de la fonte des glaces. Nous mettons au point un programme pour compter la population totale de manchots empereurs par satellite tous les ans, et ainsi vérifier si cette prévision se traduit dans les faits. Cela donnera un indicateur, une sorte de « baromètre », pour évaluer les implications sur d’autres espèces plus difficiles à étudier et sur l’écosystème de cette région, l’une des plus difficiles d’accès au monde.

Julien Leprovost

Cet article est extrait du livre « Espace > Terre » de la Fondation GoodPlanet

Gaz de schiste : le vrai du faux

gaz de schiste : le vrai du faux

La virulence des positions sur les gaz de schiste montre l’importance du débat mais elle le rend aussi plus complexe à saisir. Car si le lobby pétrolier présente une version tronquée de la situation, de l’autre côté, certains militants déforment eux aussi la réalité. Les amalgames trompeurs s’ajoutent aux approximations tandis que persistent de très nombreuses inconnues.

Pour permettre à chacun d’y voir plus clair, la Fondation GoodPlanet revient sur le sujet dans son dernier ouvrage et en décrypte les principaux enjeux.

Que se passe-t-il réellement aux USA ? Quels sont les impacts économiques, en termes d’emploi ou de PIB ? Quelles sont les conséquences écologiques et sanitaires de la « révolution des gaz de schiste » ? L’exemple américain est-il utile, ou plutôt trompeur, pour comprendre ce qui pourrait se passer en France ? Car les deux pays sont radicalement différents, en terme de géologie, de droit de l’environnement, de traditions politiques…

Aujourd’hui, la fracturation hydraulique est interdite en France, mais cela ne clôt que provisoirement la question – les technologies comme les lois évoluent. Quel avenir peut-on imaginer pour la France alors que nous nous engageons dans « la transition énergétiques »  – cette transformation à long terme de notre politique énergétiques ?

Une synthèse claire et accessible pour permettre à chacun de forger sa propre opinion – Un livre dirigé par Olivier Blond pour la Fondation GoodPlanet, qui défend une vision humaniste de l’écologie et dont le slogan est « Vivre ensemble durablement ».

Vous pouvez lire plusieurs chapitres du livre sur notre site web :
celui sur la ruée sur les gaz de schiste dans le Dakota
celui sur Georges Phydias Mitcchell
celui sur la naissance de l’opposition au gaz de schiste en Pennsylvanie

Infos pratiques

Éditions Delachaux et Niestlé, 144 p. – 12.90 € – 125 x 185 cm

Sortie le 9 octobre 2014

Media Query: