Vivre ensemble : L’éco-conception

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Balles de coton à Thonakaha dans la région de Korhogo, Côte d’Ivoire. © Yann Arthus-Bertrand / Altitude

Poussée par un souci d’économie et d’efficacité, l’industrie réduit progressivement la quantité de ressources nécessaires pour produire chaque bien. Ce qu’on appelle l’intensité carbone de l’industrie diminue ainsi régulièrement : il faut de moins en moins de CO2 (et par extension d’énergie) pour produire un point de PIB.

Symbole de l’écologie industrielle depuis les années 1970, la zone d’activités de Kalundborg au Danemark constitue l’aboutissement de cette logique. Plusieurs usines se sont associées pour créer un écosystème industriel au sein duquel elles échangent l’eau, l’énergie et même certains déchets transformés en ressources par d’autres entreprises. Les résidus de soufre provenant de la combustion du charbon de la centrale thermique servent, même, une fois filtrés, à fabriquer du gypse et ensuite du placoplâtre.

Le passage vers une production plus durable s’opère aussi via l’écoconception, selon la logique de Craddle to Craddle (du berceau au berceau) qui consiste à concevoir les produits de façon à ce qu’ils ne génèrent quasiment pas de déchets. La valorisation de ces derniers, pratiquée dans de nombreuses sociétés traditionnelles, mais longtemps négligés par les sociétés industrielles, fait partie de cette logique.

Mais produire mieux ne sert à rien si la consommation augmente et par ce biais neutralise les économies réalisées. L’industrie recherche sans cesse de nouveaux marchés et programme l’obsolescence des objets pour susciter leur renouvellement. Aux consommateurs de ne pas jouer le jeu et de changer leurs habitudes : ne plus acheter impulsivement, ne pas renouveler automatiquement, réparer plutôt que de racheter, choisir des produits équitables ou respectueux de l’environnement, etc.

Pour moins consommer, il y a aussi le troc, l’échange, le prêt,… et une piste intéressante qui réside non plus dans la possession d’un objet, mais dans la satisfaction d’un besoin au travers d’un service. Et cela marche déjà avec les systèmes de vélos et de voitures en libre-service mis en place dans plusieurs villes.

Extrait du livre « Vivre ensemble 7 milliards d’humains » rédigé par la rédaction de GoodPlanet et disponible aux éditions de la Martinière. Soutenez-nous en achetant cet ouvrage.

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