1 milliard de personnes auront faim dans le monde en 2009

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FRANCE, Paris: Le chef de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture Jacques Diouf (à gauche) et le secrétaire général de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques Angel Gurria, lors d’une conférence de presse pour la présentation des Perspectives pour l’agriculture 2008-2017 par l’OCDE et la FAO, le 29 mai 2008 à Paris. Le débordement des prix alimentaires a augmenté le nombre de personnes dans un état de famine extrême, et l’aide humanitaire « est une urgence », ont exprimé les membres des 2 organisations. © AFP Photo / Eric PIERMONT

La faim touchera 104 millions de personnes de plus en 2009 dans le monde, suite à la crise économique et financière. Au total, « 1 milliard d’humains souffriront de la famine cette année », déclare Angel Gurria, secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), lors d’une réunion le 6 mai 2009 à Paris. Un chiffre « jamais atteint auparavant, alors que les Objectifs du millénaire étaient de ne pas dépasser 400 millions d’humains affamés en 2015 », souligne Jacques Diouf, président de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Or, si la production alimentaire « doit doubler d’ici à 2050 », la gouvernance des pays en développement (PVD) doit changer. Car le manque d’investissements de la part de ces derniers dans le secteur agricole est le principal responsable de la famine. « La part de l’aide au développement que les gouvernements des PVD consacrent à l’agriculture est de 3,8% aujourd’hui. Elle devrait être de 17%, comme lors de la révolution verte en Asie et en Amérique latine », martèle Jacques Diouf. « Dans certains pays, 30 à 40% des récoltes sont détruites à cause d’une fuite d’eau qui fait pourrir les cultures, ou parce qu’il manque des entrepôts. Ce n’est pas toujours un problème de production », remarque Angel Gurria. Il en est de la responsabilité des chefs d’Etat et de gouvernement.

Les PVD doivent investir dans les routes, les systèmes d’irrigation, les installations portuaires, les entrepôts, l’achat d’intrants : « toutes les infrastructures de base qui encourageront les agriculteurs à rester dans ce secteur », expliquent M. Diouf et Gurria. « Les politiques économiques sont des décisions autonomes d’Etats souverains », lance Jacques Diouf, « et toutes les institutions financières disent qu’il faut investir dans l’agriculture, en mettant en place des systèmes de crédits et en utilisant d’abord les variétés de semences qui ont nourri la Chine et l’Inde ».

« Quand on sait que dans le sud du Sahara, certains villages dépendent à 80% de la pluie pour leur récolte, on voit que le vrai problème réside dans les infrastructures de base. La réponse ne se trouve pas dans les OGM ».

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