[Choisir c’est Agir] L’alimentation animale : des solutions pour notre santé et pour protéger la planète

Troupeau de moutons dans le Puy de Dôme, Auvergne, France (45°47’ N - 2°56’ E). © Yann Arthus-Bertrand
Troupeau de moutons dans le Puy de Dôme, Auvergne, France (45°47’ N – 2°56’ E). © Yann Arthus-Bertrand

L’agriculture génère environ 24 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment du méthane et du protoxyde d’azote. Or, le méthane – qui provient principalement des flatulences et des éructations des bovins, des déjections animales ainsi que des rizières – a un Pouvoir de Réchauffement Global* (PRG) 28 fois supérieur à celui du CO2 !

Le saviez-vous ?

La France est le premier producteur de bovins en Europe, en particulier de bovins allaitants. Outre la question du bien-être animal lors de l’élevage (80 % des élevages en France sont intensifs) et de l’abattage (plus d’un millier d’animaux sont tués chaque seconde dans le monde), la question climatique est centrale. En effet, 39% des émissions générées par l’agriculture sont liées aux éructations et aux flatulences des animaux d’élevage.

L’alimentation animale en question

Aujourd’hui, 85 % des surfaces cultivées en France sont consacrées à seulement 4 cultures : le blé, le maïs, l’orge et le colza. Ces 4 plantes – qui servent en partie à nourrir les animaux d’élevage – contiennent d’importantes quantités d’amidon et de sucres ainsi que des huiles de type Oméga 6. Or, de nombreuses recherches médicales ont montré que des taux élevés d’Oméga 6 (par rapport aux taux d’Oméga 3) favorisaient l’obésité et la survenance de maladies, notamment cardio-vasculaires.

Par ailleurs, si les cultures transgéniques sont interdites en France, 80% de nos animaux d’élevage consomment des céréales contenant des OGM, principalement importées du continent américain.

L’association Bleu-Blanc-Cœur

Fondée en 2000, Bleu-Blanc-Cœur est une association qui vise à regrouper l’ensemble des acteurs de la filière (agriculteurs, éleveurs, distributeurs, etc.) autour d’un objectif commun : offrir aux consommateurs des produits de qualité d’un point de vue nutritionnel.

En effet, elle propose une alimentation animale plus équilibrée en réduisant les végétaux qui sont très largement pourvus en Oméga 6 (maïs, soja, tournesol) et en privilégiant les végétaux naturellement riches en Oméga 3 (herbe, lin, luzerne, colza, féverole, etc.).

Grâce à cette alimentation spécifique, des bénéfices environnementaux collatéraux ont également été observés.

A titre d’exemple, des études menées en collaboration avec l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) ont montré que l’augmentation des sources d’Oméga 3 dans l’alimentation des bovins permettait de réduire leurs émissions de méthane d’environ 15%, tout en conservant une production laitière et carnée de bonne qualité. Ceci a valu à l’association d’être reconnue en 2011 par le Ministère de l’Écologie comme méthode officielle pour la lutte contre les gaz à effet de serre, et en 2012 par les Nations Unies pour l’élevage comme alternative agricole durable.

En 2013, grâce à cette initiative, ce sont ainsi :

  • 12 100 TéqCO2 qui n’ont pas été rejetées dans l’atmosphère, soit l’équivalent de plus de 95 millions de km de voiture.
  • 10 300 hectares de soja non défrichés en forêt amazonienne, soit la superficie du département de Paris.

Aujourd’hui les produits suivants la charte Bleu-Blanc-Cœur sont disponibles dans de nombreux magasins. Consommer Bleu-Blanc-Cœur c’est donc un geste simple, citoyen, bon pour sa santé et un premier pas intéressant pour protéger notre planète !

Malgré tout, nous ne le rappellerons jamais assez, l’idéal reste de réduire notre consommation de produits carnés (en excès dans notre alimentation), au profit de plus de protéines végétales.

* Le PRG, pouvoir de réchauffement global, permet de comparer les différents gaz à effet de serre. En effet, il sert à estimer – pour un kg de gaz donné – combien de fois plus ce gaz contribuera à l’effet de serre par rapport à un kg de CO2, sur une période donnée. Le protoxyde d’azote, par exemple, a un pouvoir réchauffant 310 fois supérieur à celui du CO2.

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Un commentaire

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    • Francis

    Petit rappel scientifique:
    Certains antibiotiques ont été utilisés entre 1977 et 2006 comme activateurs de croissance en élevage.Le rumensine,la flavomycine et l’avoparcine sont inutilisables en médecine parce que leur spectre d’efficacité est très étroit mais ils sont actifs spécifiquement sur les bactéries méthanogènes.
    Ils avaient donc l’avantage d’améliorer le rendement énergétique de la ration en supprimant une pollution.
    Autre petit détail: affirmer que le protoxyde d’azote est 310 fois plus réchauffant que le CO2 est un mensonge.C’est une molécule instable dont la durée de vie dans l’atmosphère est très courte.Personne n’est capable de donner son taux de concentration dans l’air.C’est d’ailleurs le précurseur de l’ozone. 3 N2O = 3 N2 +O3 Il ne faut pas oublier que le N2O est aussi produit par les moteurs des voitures et de camions.

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