[Agroforesterie aux portes de Paris] Zoom sur le jardin de Cocagne Saint Faron


Deux employés du Jardin de Cocagne Saint-Faron plantent les arbres de la future haie qui créera un microclimat favorable aux cultures et à la biodiversité

L’agroforesterie, ce n’est pas seulement planter des arbres ! C’est également associer différents types de végétaux, couvrir les sols pendant et entre les cultures, réduire le travail du sol… L’agroforesterie offre la possibilité de concilier production agricole et protection de l’environnement. Elle réunit toutes les dimensions de la transition écologique de l’agriculture !

La fondation GoodPlanet et l’Association Française d’Agroforesterie (AFAF) collaborent depuis 2012 pour accompagner des agriculteurs dans la réalisation de projets agroforestiers dans différentes régions de France. Un nouveau programme a démarré en 2019, cette fois-ci en Seine-Normandie, avec le soutien de la marque Garnier.

Le 9 mars dernier, c’était « opération plantation » au Jardin de Cocagne Saint Faron à Meaux (77) !

Ce jardin maraîcher biologique fait partie du Réseau Cocagne qui en comporte une centaine à travers la France et vise un double objectif : permettre l’insertion sociale de milliers de personnes tout en promouvant une agriculture durable et écologique. A Meaux, c’est l’Association Régionale pour l’Insertion, le Logement et l’Emploi (ARILE), membre de ce réseau depuis 2017, qui est en charge de cette exploitation maraîchère.

Accompagnés techniquement par Séverin Lavoyer, représentant de l’AFAF, lui-même agriculteur et forestier, les employés du Jardin de Saint-Faron ont mis les mains dans la terre et planté une haie de 200 jeunes arbres et arbustes en bordure de la parcelle agricole, pour protéger les cultures maraîchères du vent et des intempéries, enrichir le sol en matière organique et créer un micro-climat favorable à la biodiversité et aux cultures.

A l’automne prochain, 80 pommiers de variétés locales et anciennes seront également implantés pour créer un verger : la future production fruitière viendra compléter les légumes des paniers bio livrés chaque semaine aux adhérents du jardin, et améliorera ainsi les revenus de l’association de d’insertion.

Ce premier chantier s’inscrit dans un programme d’agroforesterie sur le bassin Seine-Normandie, mené sur le terrain par l’AFAF, soutenu par la marque Garnier et accompagné par la fondation GoodPlanet. Le Jardin de Cocagne Saint Faron fait ainsi partie des sept fermes qui bénéficient de ce programme. Trois autres fermes, localisées dans la Meuse (55), ont déjà effectué leur plantation agroforestière en décembre 2019 ; trois fermes supplémentaires les réaliseront l’hiver prochain (2020/2021).

L’agroforesterie, ce n’est pas seulement planter des arbres ! C’est également associer différents types de végétaux, couvrir les sols pendant et entre les cultures, réduire le travail du sol… L’agroforesterie offre la possibilité de concilier production agricole et protection de l’environnement. Elle réunit toutes les dimensions de la transition écologique de l’agriculture !

L’agroforesterie suscite aujourd’hui de plus en plus l’intérêt des agriculteurs qui souhaitent adopter une manière de produire plus durable et écologique. En effet, combiner différents végétaux (arbres, arbustes et légumes) permet de se rapprocher de l’équilibre d’un écosystème naturel et de se passer de produits phytosanitaires. Cette cohabitation de différents étages de végétaux permet de renforcer l’autonomie de production des parcelles agricoles puisque les différents arbres et plantes s’apportent des bénéfices réciproques : les arbres vont par exemple attirer les abeilles qui permettront une meilleure pollinisation des légumes. L’arbre en produisant des feuilles, des branches et des racines fixera le carbone et apportera un surplus de biomasse qui augmentera également la fertilité du sol. Les arbres permettent également de limiter l’érosion en fixant le sol, de filtrer les résidus d’intrants chimiques (engrais, pesticides et herbicides) et de favoriser l’infiltration et le stockage de l’eau dans le sol qui bénéficie également aux cultures avoisinantes. L’agroforesterie consiste donc, en quelques mots, à créer un système sain, autonome et en équilibre qui nécessite de moins en moins d’intrants chimiques.

Séverin Lavoyer le rappelle, « l’agriculture était, il y a encore peu de temps, complétement agroforestière, dans tous les régions du globe ; tout l’enjeu est d’adapter ces pratiques aux conditions de production actuelles, en remettant un maximum de végétal – des arbres, des couverts entre les cultures –  partout où l’on peut ; on y travaille avec les agriculteurs au quotidien, il n’y plus vraiment de blocage aujoud’hui ».

C’est dans le cadre de cette démarche écologique que les agriculteurs sollicitent les conseils techniques de l’AFAF pour la réalisation de leur projet agroforestier : choix des espèces d’arbres (chaque type d’arbre est adapté à un climat et un type de sol précis), localisation de la plantation (de façon à ne pas faire d’ombre aux légumes par exemple) et enfin manière de les planter et de les gérer ensuite.

La Fondation GoodPlanet et l’Association Française d’Agroforesterie veillent également à ce que cette plantation soit pérenne dans le temps grâce à une formation des agriculteurs pour l’entretien et la taille des arbres, et grâce à un accompagnement individuel pendant trois ans après la plantation.

Ecrire un commentaire

Les satellites pour l'Internet risquent de représenter 1 objet lumineux sur 15 dans le ciel étoilé d'ici quelques années

Lire l'article