6ème rapport du GIEC : résumé et vision de GoodPlanet

GoodPlanet

Herd of sheeps near the river Arerunguá, Salto Department, Eastern Republic of Uruguay (31°35’S, 56°39’W).

Cet été, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) des Nations unies a publié le premier volet du sixième rapport sur l’évaluation du climat : l’AR6. La Fondation GoodPlanet vous propose un résumé des infos clé de ce travail qui synthétise près de 14 000 publications scientifiques sur le sujet.

Résumé de 4 parties du rapport

Partie 1 : Etat actuel du climat

Saint-Laurent-Nouan electronuclear power station, Loir-et-Cher, France (47°42' N - 1°35' E). Centrale électronucléaire de Saint-Laurent-Nouan, Loir-et-Cher, France (47°42’N – 1°35’E).
Saint-Laurent-Nouan electronuclear power station, Loir-et-Cher, France (47°42′ N – 1°35′ E). Centrale électronucléaire de Saint-Laurent-Nouan, Loir-et-Cher, France (47°42’N – 1°35’E).

Dans son dernier rapport, le GIEC réaffirme que le changement climatique est, sans équivoque, d’origine humaine. Ses conséquences sont rapides et sont déjà largement visibles dans l’atmosphère, les océans, la cryosphère et la biosphère .

L’influence humaine est telle qu’elle a réchauffé le climat à un niveau jamais atteint depuis au moins 2000 ans. Le réchauffement observé est lié aux émissions de gaz à effet de serre (GES) issues des activités humaines, comme le dioxyde de carbone (CO2), dont l’effet est partiellement masqué par l’effet refroidissant des aérosols. Au-delà du CO2, le rapport met également en avant la contribution du CH4 (méthane) .

Le changement climatique affecte déjà de nombreuses régions du globe. Les phénomènes les plus visibles sont les changements météorologiques extrêmes comme les vagues de chaleur, les pluies intenses, les sécheresses ou les cyclones tropicaux. Des phénomènes qui nous ont malheureusement été donnés d’observer un peu partout sur le globe au cours de l’été qui vient de s’achever
Le rapport analyse également l’état du changement climatique à l’échelle des territoires habitables en divisant le monde en 45 régions sur des phénomènes comme les chaleurs extrêmes, les pluies intenses ou encore les sécheresses agricoles ou écologiques. Il en ressort notamment que la quasi-totalité des régions du monde a connu une augmentation de la fréquence des épisodes de températures extrêmes sur la période 1850 – 2020.

Partie 2 : Futurs possibles

YAB_Baleine-Argentine_paralaxe-copyright-Yann-Arthus-Bertrand

Le GIEC a élaboré 5 scénarios de concentration de GES dans l’atmosphère, d’aujourd’hui à 2100. L’objectif est de prévoir quelles seraient les évolutions du climat en fonction des trajectoires que nous suivrons. Les résultats sont analysés à différentes échéances : dans 20, 40 et 80 ans.

Les deux pires scénarios présentent des émissions de GES qualifiées de hautes et très hautes. Ils conduisent respectivement à des réchauffements d’environ 3,6°C et 4°C à 2100 mais aussi des possibilités de captation du CO2 par les puits carbones (la biomasse et les océans) nettement plus faibles (respectivement 44% et 38% des émissions de CO2) l’accumulation de CO2 rendant les puits de carbone moins efficaces.

A l’inverse, le GIEC propose deux scénarios permettant de limiter le réchauffement à 2°C voire à 1,5°C. Dans ces deux scénarios, la neutralité carbone à l’échelle mondiale est atteinte au cours du siècle puis les quantités de GES émises deviennent moins importantes que celles captées par les puits de carbone.

Quelque soit le scénario, le GIEC prévoit l’atteinte d’un réchauffement de 1,5°C d’ici à 2040.

Le rapport prévoit aussi que pour chaque augmentation de la température globale, les changements seront plus importants à des niveaux régionaux. Si le réchauffement global atteint 2°C des réchauffements locaux à plus de 6°C sont à prévoir, en particulier dans la zone arctique.

Par ailleurs le changement climatique va globalement affecter le cycle de l’eau mais aussi l’acidité des océans, le niveau de la mer ou encore les surfaces de glaces de la zone arctique.

Partie 3 : Impact et adaptations régionales

Le climat peut évoluer, soit sous l’effet de l’homme, soit de manière naturelle sous l’effet par exemple, des éruptions volcaniques, du rayonnement solaire ou encore par sa variation naturelle. Ce rapport précise que les événements climatiques naturels, ainsi que la variation du climat ne vont avoir que peu de conséquences sur l’augmentation des températures induit par les sociétés humaines.

Entre un réchauffement à +1,5 degré et +2 degrés, les impacts sur le climat sur les zones émergées et les océans seront très différents. A +2 degrés, ils seront beaucoup plus forts, avec un plus grand niveau de précipitations et d’inondations dans les îles du Pacifique, en Amérique du Nord et en Europe, plus de sécheresses agricoles et écologiques en Afrique, Amérique du Sud et en Europe. A l’échelle régionale, des événements météorologiques extrêmes seront plus intenses et fréquents : cyclones tropicaux, inondations provenant des rivières, réduction de la pluviométrie moyenne, etc. L’augmentation du niveau des mers sera, elle, significative sur les 2/3 des littoraux du globe. La quasi-totalité des régions seront donc impactées par le changement climatique.

Si les sociétés humaines prennent le chemin de niveaux d’émissions importants, engendrant une augmentation des températures au-delà de +2 degrés à horizon 2100, les événements climatiques à fort impact et l’atteinte des points de bascule, classés d’ordinaire en événements peu probables, pourraient advenir.

Partie 4 : Limiter le changement climatique

permafroste Yann Arthus-Bertrand carre

Limiter le réchauffement climatique passe par l’atteinte de la neutralité carbone mondiale, grâce à la réduction des émissions et leur absorption. La réduction forte et rapide des émissions de méthane contribuerait à réduire le réchauffement climatique, étant donné sa faible durée de séjour dans l’atmosphère (12 ans, à comparer au 100 ans du CO2).

L’émission de 1000 milliards de tonnes de CO2 engendre l’augmentation de la température à terme de 0,45 degré. Pour stabiliser les températures, il est donc impératif d’atteindre zéro émission anthropique nette de CO2. Depuis 1850, 2390 milliards de tonnes de CO2 ont été émises par nos sociétés.
Pour limiter, de manière la plus probable, l’augmentation des températures à 2 degrés, seuls 900 milliards de tonnes sont encore émissibles d’ici à ce que nous atteignons la neutralité carbone. Si nous continuons à nos rythmes d’émissions actuels (40 GT CO2 /an), cela signifie que les 2 degrés seraient atteints d’ici 22 ans. Il faut donc réduire vite et de manière drastique, nos niveaux d’émissions actuels.

Si les sociétés humaines choisissent des scénarios à faibles émissions, des effets bénéfiques à court terme pourraient être constatés sur la concentration des GES dans l’atmosphère mais aussi sur la concentration d’aérosols et la qualité de l’air.

 

Les scénarios du GIEC le montrent : il n’est pas trop tard ! Nous avons, certes, atteint des niveaux causant des dommages irréparables mais, En agissant maintenant sur la réduction de nos émissions de GES, nous pouvons rendre notre futur plus enviable.
Au-delà de la réduction, il faut également augmenter nos puits de carbone, c’est-à-dire permettre à la biomasse et aux océans de capter davantage de CO2. Concrètement, cela passe par :

  • la protection des milieux marins et côtiers
  • l’amélioration de la qualité des sols, dans le domaine de l’agriculture
  • la protection, la restauration et le développement des surfaces forestières

A travers ses actions de sensibilisation, de formation, de mesure ou de compensation des émissions carbone par des projets dans le monde entier, la Fondation GoodPlanet accompagne cette prise de conscience et cette mise en action.
Des changements sont nécessaires à tous les niveaux et par tous les acteurs. C’est pourquoi la Fondation GoodPlanet agit avec les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics.

Chez GoodPlanet, nous affirmons que cette réduction doit se faire en tenant compte de l’impact sur la biodiversité et doit également tenir compte des plus fragiles sans quoi la transition sera freinée et l’adhésion au changement compromise.

Pour découvrir comment la fondation s’incrit dans cette démarche : https://www.goodplanet.org/fr/6eme-rapport-du-giec-resume-et-vision-de-goodplanet/

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